Une présentatrice koweïtienne appelle au rapprochement avec Israël
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Une présentatrice koweïtienne appelle au rapprochement avec Israël

Fajer Al-Saeed, châtiée pour avoir rédiger des vœux en arabe et en hébreu sur Twitter espérant la normalisation des relations avec Israël, affirme : "je n'ai peur que d'Allah"

La présentatrice koweïtienne Fajer Al-Saeed dans une interview vidéo sur la chaîne israélienne Channel 11, après ses tweets appelant les Arabes à normaliser leurs relations avec Israël, le 8 janvier 2019 (Crédit : capture écran Kan)
La présentatrice koweïtienne Fajer Al-Saeed dans une interview vidéo sur la chaîne israélienne Channel 11, après ses tweets appelant les Arabes à normaliser leurs relations avec Israël, le 8 janvier 2019 (Crédit : capture écran Kan)

Une personnalité des médias koweïtiens a réalisé une rare apparition à la télévision israélienne mardi et a dénigré les menaces de mort qu’elle a reçues pour ses tweets appelant à la normalisation avec l’Etat juif.

« Je n’ai pas établi la normalisation tout d’un coup », a déclaré la présentatrice controversée Fajer Al-Saeed, lors d’une interview depuis le Koweït avec la chaîne publique israélienne Kan. « Ce n’est pas comme si j’étais arrivée à l’aéroport Ben Gurion et que je vous avais dit : ‘Allez, je normalise les relations avec vous.' »

« J’ai exprimé un souhait et un espoir. C’est à prendre ou à laisser, ce n’est que mon opinion personnelle. »

La créatrice de la chaîne de télévision satellite Scope a dit ne jamais avoir craint la controverse.

Fajer Al-Saeed, qui a célébré la nouvelle année par des tweets en arabe et en hébreu appelant à de meilleures relations entre Arabes et Israéliens et à des échanges commerciaux, a déclaré que son point de
vue avait changé après l’assassinat d’Yitzhak Rabin.

« Le tournant pour moi a été les funérailles de Rabin, quand j’y ai vu des dirigeants du monde entier, » a-t-elle expliqué à Kan, affirmant que si c’était un dirigeant arabe qui était mort, seuls les dirigeants de pays de la région auraient été présents aux funérailles et les responsables du reste du monde se seraient contentés de messages de condoléances.

« J’ai reçu des menaces au sujet de mes propos sur Israël, comme j’en reçois pour toutes les idées que je défends », indique-t-elle dans l’entretien. « J’ai l’habitude de recevoir des menaces — ce n’est pas nouveau pour moi, ni pour mes opinions. »

« Je pense qu’en ce moment tout particulièrement, les possibilités d’acceptation d’une paix avec Israël sont plus grandes, » ajoute-t-elle. « Je n’ai peur que d’Allah, qu’Il soit béni. »

Le ministre des Affaires étrangères israélien lui a répondu en arabe sur Twitter, louant son courage de vouloir « changer le paysage » et soulignant qu’une coopération avec Israël serait bénéfique aux citoyens des pays arabes.

Fajer Al-Saeed s’est rendue deux fois en Cisjordanie et à Jérusalem, y compris à la mosquée d’al-Aqsa sur le mont du Temple-Haram al-Sharif, où elle a été chaleureusement accueilli par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Pour elle, le conflit israélo-palestinien est l’obstacle majeur à la normalisation des relations entre l’Etat hébreu et le monde arabe, et « Israël doit accepter la création d’un état palestinien voisin. Sans cela, la paix n’aura pas lieu. »

« Nous tendons la main à la paix, et nous espérons que vous la tendrez également », a-t-elle expliqué au journaliste israélien qui l’interrogeait.

Le gouvernement koweïtien a ordonné la déprogrammation de l’émission de la présentatrice une fois, après des moqueries à l’égard de membres du gouvernement. En 2010, une foule de manifestants en colère avaient saccagé les bureaux de sa chaîne car elle avait ridiculisé la famille royale du Koweït et des dirigeants religieux.

Le Koweït entretient des relations hostiles avec Israël. Contrairement à d’autres pays du Golfe, les citoyens israéliens sont interdits d’entrée dans la monarchie et les touristes dont le passeport porte un tampon israélien peuvent se voir refuser l’entrée.

Lors d’une réunion de l’Assemblée de l’union interparlementaire en 2017, le président de l’Assemblée nationale koweïtienne, Marzouq Al-Ghanim, avait crié aux députés israéliens présents qu’ils étaient des « occupants et des tueurs d’enfants ».

Israël s’investit beaucoup ces dernières années pour améliorer ses relations avec les pays arabes et musulmans, dont le Tchad, Oman, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

A lire : De meilleures relations entre Israël et le Golfe ? Et les Palestiniens ?

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