Une quantité record de bétail expédié en Israël pour y être engraissé ou abattu
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Une quantité record de bétail expédié en Israël pour y être engraissé ou abattu

Plus d'un demi-million de veaux et d'agneaux ont été expédiés dans le pays lors des 6 premiers mois de 2021, soit une augmentation de 59% par rapport à la même période l'an dernier

Moutons expédiés pour être engraissés et abattus dans des navires à plusieurs étages. (capture d'écran YouTube)
Moutons expédiés pour être engraissés et abattus dans des navires à plusieurs étages. (capture d'écran YouTube)

Le nombre d’animaux vivants expédiés en Israël à des fins d’engraissement et d’abattage a atteint un niveau record, avec plus d’un demi-million de veaux et d’agneaux atteignant les quais au cours du premier semestre 2021, soit une augmentation de 59 % par rapport à la même période l’année dernière, selon les nouveaux chiffres du ministère de l’Agriculture.

Un nombre similaire d’animaux – 499 265 – a été enregistré pour l’ensemble de l’année 2017.

Les données montrent que 501 656 animaux ont été transportés vers Israël en 80 expéditions entre janvier et juin de cette année (dont 56 234 étaient destinés à l’Autorité palestinienne), contre 53 expéditions de 315 770 animaux au cours du premier semestre 2020.

Sur les 80 expéditions, 35 provenaient du Portugal, 21 de la Roumanie, et le reste de l’Australie, de la Croatie, de la Slovénie, du Monténégro et de la France.

Cette année est censée être la dernière année de ces expéditions d’animaux vivants.

En novembre 2018, un mois avant la dissolution de la Knesset, donnant le coup d’envoi de quatre élections non concluantes, les législateurs ont donné leur feu vert à un projet de loi en lecture préliminaire visant à réduire progressivement le nombre de têtes de bétail importées en Israël et à les arrêter complètement d’ici trois ans, passant entièrement à l’importation de viande réfrigérée.

Un veau épuisé d’une cargaison en provenance d’Australie à Eilat, décembre 2019. (Israël contre les expéditions de bétail vivant)

Le projet de loi, proposé par le député du Likud Miki Zohar, a été adopté sans opposition. Mais l’impasse politique dans laquelle se trouvait le pays jusqu’au mois dernier, avant la formation d’un nouveau gouvernement, a empêché toute avancée.

De nombreux rapports ont dénoncé la cruauté envers les animaux à bord de ces navires, qui ressemblent à d’immenses parkings à étages transportant de 1 000 à 20 000 bovins, ou 100 000 moutons, ou les deux.

Une fois en Israël, les animaux sont chargés dans des camions pour des trajets qui peuvent durer des heures jusqu’aux abattoirs ou aux installations d’engraissement avant abattage. Ils sont traités aux antibiotiques contre les infections que la surpopulation engendre.

En mai de l’année dernière, le contrôleur d’État a reproché au ministère de l’Agriculture de ne pas avoir enquêté sur les problèmes liés aux expéditions d’animaux vivants et de ne pas avoir sanctionné les armateurs ou les importateurs qui ont enfreint les règles à plusieurs reprises. En outre, le rapport du contrôleur indiquait que les mesures prises pour surveiller, traiter et élaborer de nouveaux plans visant à limiter la propagation des maladies susceptibles de passer du bétail à l’homme étaient insuffisantes.

Un porte-parole de l’organisation de défense des droits des animaux Animals Now a appelé les législateurs à mettre un terme aux expéditions, accusant les entreprises concernées de n’être intéressées que par l’argent à gagner en « entassant les animaux dans des navires bondés et pollués, où ils croupissent dans l’urine et les excréments, tombent malades, subissent des blessures et se sentent désespérés ».

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