Une start-up israélienne trouve un moyen de prédire si une tumeur résistera à la chimiothérapie
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Une start-up israélienne trouve un moyen de prédire si une tumeur résistera à la chimiothérapie

NewStem utilise des cellules haploïdes pour développer des kits de diagnostics et aider les médecins à éviter des traitements inefficaces

Une cellule haploïde à gauche, avec 23 chromosomes et une cellule diploïde à droite, avec 46 chromosomes (Crédit : Autorisation)
Une cellule haploïde à gauche, avec 23 chromosomes et une cellule diploïde à droite, avec 46 chromosomes (Crédit : Autorisation)

On pense souvent que la chimiothérapie est un traitement plus sévère que la maladie contre laquelle elle se bat.

Les patients atteints de cancer sont soumis à des cycles de traitements de chimiothérapie au cours desquels les cellules – à la fois saines et cancéreuses – doivent être détruites pendant le processus.

Il est donc particulièrement épouvantable lorsque les tumeurs ciblées ont des mutations cellulaires résistantes à la chimiothérapie ou développent une résistance plus tard, rendant la thérapie potentiellement dangereuse, inefficace et inutile.

Cependant, les chercheurs de l’Université hébraïque ont annoncé avoir développé une façon de prédire la résistance aux chimiothérapies, ce qui peut aider les médecins et les patients à mieux cibler leurs traitements et à réduire de manière spectaculaire le taux de résistance actuel qui de 50 %.

NewStem, une nouvelle société de biotechnologie créée par le professeur Nissim Benvenisty du Centre Azrieli pour la recherche sur les cellules souches et la recherche génétique de l’université hébraïque de Jérusalem, a déclaré qu’il avait découvert et réussi à prélever des cellules souches embryonnaires humaines et pluripotentes qui n’ont qu’un seul ensemble de chromosomes – appelés cellules haploïdes – par opposition aux cellules diploïdes qui possèdent deux ensembles de chromosomes qui se trouvent dans la plupart des cellules humaines.

Ces cellules souches pluripotentes ont la capacité de devenir n’importe quel type de cellule, par exemple des cellules cardiaques ou des cellules du cerveau.

À l’aide de ces cellules haploïdes nouvellement trouvées et prélevées, les chercheurs ont créé des « lignées cellulaires » dans laquelle un petit nombre de cellules prolifèrent. Ils ont ensuite mélangé ces cellules avec une technique d’édition génomique existante appelée Crispr Cas, qui provoque des mutations génétiques, permettant de créer une bibliothèque de 180 000 mutations dans 18 000 gènes – soit une moyenne de 10 mutations par gène.

« Cela pourrait couvrir tous les gènes pertinents à des fins thérapeutiques », a déclaré Ayelet Dilion-Mashiah, PDG de NewStem.

L’entreprise peut alors « prendre un traitement chimique et l’introduire dans la bibliothèque des mutations et voir si toutes les cellules meurent. Dans certains cas, certaines cellules survivent et prolifèrent. Cela signifie que ces cellules ont des mutations qui provoqueront une résistance à la chimiothérapie. Pour les personnes atteintes de ce genre de mutations, nous recommandons de ne pas utiliser le traitement par chimiothérapie spécifiquement, car cela ne sera pas efficace », a expliqué Dilion-Mashiah. « Nous serons en mesure de dire si une tumeur a des mutations qui la rendent résistante à une chimiothérapie spécifique. »

Donc, lorsque la société reçoit la composition génétique du cancer des patients, ce qui arrive régulièrement en cours de traitement, il peut voir si ce type particulier de cancer a les mutations qui le rendent résistant à une chimiothérapie particulier et font des suggestions en conséquence.

Sur la base de ces capacités de diagnostic, les médecins pourront mieux cibler la chimiothérapie en fonction de la caractéristique de la mutation de la tumeur du patient, a-t-elle déclaré. « De cette façon, en réduisant considérablement le taux de résistance, nous augmenterons l’efficacité des traitements. »

La société, récemment fondée en tant que branche de Yissum Research Development Company de l’Université hébraïque de Jérusalem, la société de transfert de technologie de l’université, collecte maintenant des fonds pour développer un kit de diagnostic basé sur la recherche et mener des essais cliniques.

« Nous espérons que le produit sera sur le marché dans les trois ans », a indiqué Dilion-Mashiah.

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