Un ancien chef du service de sécurité du Shin Bet d’Israël a appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à cesser de s’opposer au président américain Barack Obama sur l’accord nucléaire conclu entre l’Iran et les puissances mondiales et de travailler plus étroitement avec l’administration américaine pour améliorer la sécurité d’Israël.

Dans une opinion publiée dans le New York Times, Ami Ayalon a déclaré que Netanyahu devrait reconnaître l’accord signé en juillet et l’accepter comme un « fait accompli », et a critiqué la « méchante » bataille entre le Premier et le président des États-Unis sur l’accord qui est contre-productive dans un « un monde post-accord ».

Ayalon, qui avait pris position en faveur de l’accord, a avancé que les efforts de Netanyahu pour contrer l’accord limitaient l’efficacité des efforts internationaux pour surveiller le programme nucléaire de l’Iran et étaient préjudiciables aux liens israélo-américains.

« Il doit arrêter de se battre avec l’administration Obama et se retirer du débat au Congrès sur l’accord. Sinon, il met en péril une alliance qui a été la pierre angulaire de la sécurité d’Israël pendant des décennies et sape la défense d’Israël ».

« L’issue de l’accord, au cours des 15 prochaines années, dépendra des mesures que les Etats-Unis et Israël prendront maintenant », a écrit Ayalon.

Au lieu de s’affronter sur l’accord avec l’administration Obama, l’ancien chef du Shin Bet a déclaré qu’Israël devait coopérer avec les Etats-Unis pour relever ensemble de nouveaux défis en matière de sécurité régionale présentés par l’accord.

« Que la signature du pacte nous unissent au lieu de nous diviser, comme des alliés qui savent que l’Iran peut tricher et qui, ensemble, doivent être prêts à l’arrêter quand cela arrivera », a-t-il écrit. « Tuer l’accord serait tuer le leadership américain dans le Moyen-Orient, et ce serait porter atteinte à la sécurité d’Israël ».

« Tuer l’accord serait tuer le leadership américain dans le Moyen-Orient, et ce serait porter atteinte à la sécurité d’Israël. »

Ami Ayalon

Ayalon a déclaré que les craintes « légitimes » d’Israël sur les intentions nucléaires de l’Iran devraient encourager Israël à coopérer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique de l’ONU pour renforcer sa surveillance, et entraînerait une meilleure collecte des renseignements pour Israël.

La dissuasion réelle, a ajouté Ayalon, inclut une option militaire « viable », et la préparation des États-Unis pour une telle possibilité pourrait apaiser les préoccupations d’Israël.

« Il est facile pour les politiciens de semer la peur parmi les Israéliens, mais pour Israël, pour qu’il s’épanouisse, son gouvernement doit trouver un équilibre entre l’analyse réaliste des menaces auxquelles il est confronté et la détection des opportunités. Cet équilibre est ce qui manque à Netanyahu, » a analysé Ayalon.

Contrairement aux critiques quasi-unanimes de l’accord des responsables israéliens ordinaires qui craignent que l’accord ne parvienne pas à empêcher l’Iran de développer l’arme nucléaire, Ayalon a déjà exprimé son soutien à l’accord, et plus tôt cette année l’a qualifiée de « meilleure option » pour freiner les capacités d’armement de Téhéran.

L’ancien chef du Mossad, Meir Dagan, lundi a également appelé les responsables israéliens à cesser de critiquer les Etats-Unis sur l’accord nucléaire.

L'ancien chef du Mossad Meir Dagan à un rassemblement anti Netanyahu le 7 mars 2015 (Crédit : Capture d'écran Dixième chaîne)

L’ancien chef du Mossad Meir Dagan à un rassemblement anti Netanyahu le 7 mars 2015 (Crédit : Capture d’écran Dixième chaîne)

Dagan a déclaré qu’Israël a adopté une « décision stratégique » contre les Etats-Unis et « il est temps d’y mettre fin ».

Dagan a été un critique féroce de la politique de la ligne dure de Netanyahu concernant l’Iran.

Il s’est opposé à la perspective d’une frappe militaire israélienne contre les installations nucléaires de l’Iran alors que Netanyahu l’aurait soutenu à trois reprises selon des enregistrements confidentiels diffusés récemment.