Les hôpitaux de la bande de Gaza pourraient être privés de courant d’ici quelques jours, alors que la crise énergétique continue d’asphyxier l’alimentation en électricité de l’enclave palestinienne.

Israël et les responsables palestiniens ont estimé jeudi que les hôpitaux finiraient leur réserve de carburant destiné aux générateurs d’ici 48 à 72 heures.

Dimanche, la seule centrale électrique en fonctionnement de la bande de Gaza s’est mise à l’arrêt après être arrivée à court de carburant. La crise a été complexifiée par un défaut technique qui a coupé la ligne électrique entre l’Egypte et la bande de Gaza, et qui fournissait six heures d’électricité par jour.

Les Gazaouis n’ont à présent que quatre heures d’électricité, suivie de douze heures de coupure du courant, par jour, contre deux périodes de huit heures par jour quand la centrale fonctionne normalement et que les approvisionnements venant de l’extérieur de la bande de Gaza y arrivent.

L'unique centrale électrique de la bande de Gaza. Illustration. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

L’unique centrale électrique de la bande de Gaza. Illustration. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

L’électricité des deux millions d’habitants de la bande de Gaza est depuis longtemps une source de conflit, et les désaccords entre l’Autorité palestinienne et le Hamas, qui règne sur la bande de Gaza, ont entraîné des arrêts de l’approvisionnement en carburant de la centrale.

Au début de la semaine, des responsables de la centrale et de l’Autorité énergétique de Gaza ont annoncé qu’ils ne pouvaient pas payer le carburant qui entrait dans la bande de Gaza, car elle comprend une taxe de transport qui a spectaculairement augmenté de 1,08 shekel par litre à 5,08 shekels.

L’Autorité, contrôlée par le Hamas, demande que l’Autorité palestinienne (AP) paie la taxe, comme elle le fait depuis 1994, mais l’AP, dirigée par le Fatah, rival du Hamas, refuse.

Ces derniers mois, le Qatar a payé le diesel qui alimente la centrale électrique, mais les financements se sont épuisés, et les négociations entre l’AP et le Hamas pour résoudre ce problème n’ont pour l’instant pas abouti.

Le Hamas a pris le pouvoir dans la bande de Gaza dans un violent coup d’état contre l’AP de Mahmoud Abbas, basée à Ramallah. Israël et l’Egypte ont ensuite initié un blocus sécuritaire conçu pour empêcher le groupe terroriste, qui a juré de détruire Israël, d’importer des armes et du matériel dans la bande de Gaza.

Mercredi, le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen Orient, Nickolay Mladenov, a appelé les dirigeants palestiniens à mettre leurs luttes internes de côté et à résoudre la crise.

Nickolay Mladenov en 2013 (Crédit : ONU/Marco Castro)

Nickolay Mladenov en 2013 (Crédit : ONU/Marco Castro)

Dans un communiqué, Mladenov a prévenu que « les conséquences sociales, économiques et politiques de cette crise énergétique imminente ne doivent pas être sous-estimées. Les Palestiniens de Gaza, qui vivent un état de crise humanitaire prolongée, ne peuvent plus être pris en otage par les désaccords, les divisions et les fermetures. »

La semaine dernière, Israël avait averti de la pénurie de carburant prochaine, et demandé au Hamas de payer le gazole qu’il avait consommé qui est fourni par l’entreprise énergétique israélienne Dor.

L’équipe du Times of Israël et l’AFP ont contribué à cet article.