Deux anciens hauts responsables sécuritaires israéliens expriment dimanche un optimisme prudent à propos de l’accord-cadre entre l’Iran et les puissances mondiales.

L’ancien chef des renseignements militaires, Amos Yadlin, soutient que l’accord peut faire reculer le programme de Téhéran de plusieurs années. L’ancien chef du Mossad, Efraim Halevy, pour sa part, souligne qu’une frappe militaire israélienne ne ferait que perturber temporairement le programme nucléaire.

Ces commentaires se démarquent des vives critiques de l’accord, émises par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Yadlin – candidat de l’Union sioniste au poste de ministre de la Défense au cours de la récente campagne électorale – a déclaré à Kol Israël que l’accord, qui pourrait retarder le programme nucléaire iranien de nombreuses années, ne doit donc pas être qualifié de « mauvais accord ».

« Il y a une chance de faire reculer les Iraniens de nombreuses années», pointe Yadlin. L’accord final, prévu d’ici le 30 juin, précise-t-il, doit concerner la recherche et le développement du programme iranien, et ses dimensions militaires, des questions qui n’ont pas été abordées dans l’accord-cadre. Yadlin ajoute que l’accord doit être comparé aux autres alternatives d’Israël. Il exhorte le gouvernement à établir une coordination avec les Etats-Unis.

Dans une interview séparée avec la radio militaire, Yadlin soutient que malgré l’accord actuel, l’Iran a encore un long chemin à parcourir avant de blanchir sa réputation auprès de la communauté internationale.

« L’Iran ne peut devenir un membre légitime de la famille des nations s’il ne met pas fin à toutes ses activités non incluses dans l’accord – ses activités subversives, son soutien à des groupes terroristes, sa prolifération d’armes. […] Les Américains ont pris une décision stratégique avec l’accord intérimaire, d’isoler la question nucléaire sans s’attacher aux autres problèmes », a déclaré Yadlin.

Dans une interview à la radio israélienne, Halevy a contesté le fait que le programme nucléaire iranien représente une menace existentielle pour Israël, et souligné les éléments « positifs » de l’accord – à savoir une réduction du nombre de centrifugeuses de l’usine de Natanz, tout en limitant les activités de l’installation de Fordo à des fins de recherche uniquement.

En conséquence, a prédit Halevy, Fordo – situé sous une montagne le protégeant des frappes aériennes – est peu susceptible de produire des matières fissiles dans les 15 prochaines années.

Halevy a ajouté que même s’il ne se fie pas totalement aux méthodes de surveillance internationales énoncées dans l’accord, elles restent les contrôles les plus sévères à ce jour.

L’ancien chef du Mossad a également émis des doutes sur l’efficacité d’une action militaire, une menace à laquelle Israël a fait allusion comme un dernier recours pour empêcher Téhéran d’obtenir des armes atomiques.

« Si nous pensons que la surveillance ne sera pas efficace, la seule autre option est une campagne militaire qui ne fera que retarder les Iraniens d’un nombre limité d’années », a-t-il déclaré.