Aiia Maasarwe: les Australiens protestent contre les violences faites aux femmes
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Aiia Maasarwe: les Australiens protestent contre les violences faites aux femmes

Des milliers de personnes ont pris part à la Women's March à Sydney, Melbourne et Canberra, pour rendre hommage à l'étudiante arabe israélienne violée et tuée

La Women's March à Sydney, le 20 janvier 2019. (Crédit : capture d'écran)
La Women's March à Sydney, le 20 janvier 2019. (Crédit : capture d'écran)

Des milliers de personnes ont manifesté en Australie et appelé à la fin des violences faites aux femmes samedi, après le meurtre d’un étudiante arabe israélienne à Melbourne, qui a secoué le pays.

Les manifestants ont demandé à ce que la rue soit un espace sécurisé pour les femmes, après que le corps d’Aiia Maasarwe a été retrouvé dans les buissons près d’un arrêt de bus mercredi.

Les rassemblements du week-end, à Melbourne, Sydney et Canberra, s’inscrivent dans la campagne de la Women’s March, dont la première a eu lieu en janvier 2017, aux Etats-Unis puis dans le monde entier.

Dimanche, les manifestants ont brandi des bannières « Je suis ici pour Aiia » et « Stop à la violence contre les femmes ».

Aiia Maasarwe dans un café de Melbourne, le 1er octobre 2018 (Crédit : Instagram)

« Je marche ici pour celles qui ne le peuvent pas », a confié Samanthan Nolan-Smith à l’Australian Broadcasting Corporation lors du rassemblement à Canberra, dans la capitale. « Je pense particulièrement à la mort qui est arrivée cette semaine, et à tant d’autres femmes qui ont souffert de la violence et qui sont mortes. »

Samedi, les procureurs de la Cour des Magistrats de Melbourne ont inculpé Codey Herrman, 20 ans, du viol et du meurtre de Maasarwe.

Herrmann a été arrêté vendredi matin dans une banlieue proche de Bundoora, au moment où Saed Maarsawe, le père de la victime, se rendait sur un mémorial installé en hommage à sa fille, établi là où le corps à été retrouvé. Maasarwe est arrivé à Melbourne jeudi pour confirmer l’identité de sa fille et rapatrier son corps à la maison.

Le Premier ministre Scott Morrison s’est également rendu sur ce mémorial samedi, accompagné par sa femme et ses deux filles.

« Plus tard dans la journée, je rencontrerai le père. Les mots me manqueront, j’en suis sûr, d’un père à un père », a déclaré Morrison aux journalistes.

« Je pense que le pays est très secoué… mais au même moment, comme toujours, se mobilise et cherche du confort, et je veux remercier les Australiens pour ce qu’ils font, et j’ai eu le plaisir, avec ma famille, d’en faire de même », a-t-il ajouté.

Un millier de personnes, dont Saeed Maasarwe, se sont rassemblés lors d’une veillée silencieuse en hommage à la jeune israélienne sur les marches du Parlement de Victoria, vendredi soir.

Codey Herrmann, 20 ans dans une voiture de police après son arrestation dans l’affaire du meurtre de l’étudiante israélienne Aiia Maasarwe à Melbourne, en Australie, le 18 janvier 2019 (Crédit : James Ross/AAP Image via AP)

L’oncle de la victime, Abed Kittani, a indiqué à l’Australian Broadcasting Corp. que la jeune soeur de Maasarwe était restée en ligne après l’agression.

« Elle entendait les voitures passer, et elle ne pouvait rien faire », a raconté Kittani.

Dimanche, Saeed Maasarwe a remercié Morrison et les autorités australiennes.

« Nous apprécions le soutien du Premier ministre Scott Morrison, et tout ce que le département de la police a réussi à faire en si peu de temps », a-t-il déclaré, selon les médias australiens.

Dans une interview accordée ultérieurement à la radio israélien 103FM, Maasarwe a déclaré qu’il ne voulait pas parler de l’agression ni du procès contre Herrman en détail.

« Je ne veux pas consacrer mon énergie à la haine », a-t-il dit. « Ce qui s’est passé est passé, et nous devons gérer cela, et il faut transmettre la lumière et l’amour au lieu de la haine. »

« J’ai des milliers de photos d’elle, et il n’y en a pas une où elle ne sourit pas, elle était pleine de joie et d’optimisme. »

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