Avant de quitter l’Australie, Herzog dit aux manifestants : « Allez manifester devant l’ambassade d’Iran »
Des tags "Mort à Herzog" découverts à l'université de Melbourne ; les noms de collaborateurs nazis parmi les signatures d'une pétition lancée contre la venue du président israélien
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Lors d’un événement juif à Melbourne, où il a clôturé sa visite en Australie, le président Isaac Herzog a salué jeudi la résilience de la communauté juive locale, mais a déploré que son voyage ait dû se dérouler sous forte protection policière.
Peu avant son arrivée à Melbourne, le président a qualifié « d’effrayant et inquiétant » l’antisémitisme dans le pays, tout en soulignant qu’il existait « une majorité silencieuse d’Australiens qui recherchent la paix ».
« C’est effrayant et inquiétant », a-t-il déclaré.
« Mais il existe également une majorité silencieuse d’Australiens qui recherchent la paix, qui respectent la communauté juive et qui, bien sûr, souhaitent dialoguer avec Israël. »
D’importantes manifestations anti-Israël ont suivi Herzog tout au long de son déplacement de quatre jours.
Lundi, des heurts ont éclaté entre la police et des manifestants anti-Israël qui protestaient contre la présence du président israélien à Sydney.
Les forces de l’ordre ont lancé des gaz lacrymogènes en direction des manifestants, mais aussi des journalistes présents, dont certains de l’AFP. La police a fait état de dizaines d’arrestations, notamment pour violences contre les forces de l’ordre.
Le rassemblement avait été organisé par le groupe Palestine Action, qui accuse Herzog de « génocide » dans la bande de Gaza et demande à ce qu’il fasse l’objet d’une enquête conformément aux engagements internationaux de Canberra.
De nouveaux rassemblements sont prévus jeudi à 17 h 00 (6 h 00 GMT) à Melbourne.
Cette visite était organisée en signe de solidarité après la tuerie terroriste qui a visé un allumage de bougies lors de la fête juive de Hanoukka à Bondi Beach, à Sydney en décembre, au cours de laquelle des terroristes armés ont tué quinze personnes.
« Il est obscur et étrange pour moi que nous ayons besoin d’autant de policiers pour nous protéger et pouvoir exercer notre droit naturel de nous réunir ici, en tant que Juifs fiers, pour accueillir le président du seul État juif sur Terre, sans être harcelés ni dérangés », a déclaré Herzog, selon les propos relayés par son bureau.
Le président a suggéré aux manifestants de s’opposer plutôt à la répression meurtrière menée par l’Iran contre les manifestants anti-régime le mois dernier.
« Et je dis à tous ces manifestants dehors : allez manifester devant l’ambassade d’Iran ou devant n’importe quelle ambassade iranienne », a-t-il déclaré.
« Pour l’amour du ciel, ils ont tué et massacré environ 50 000 personnes, des dizaines de milliers de leurs propres concitoyens, en déployant toute la puissance d’un empire maléfique contre nous. »
Des groupes de défense des droits humains ont recensé des milliers de morts lors de la répression des manifestations et estiment que le bilan réel se chiffre en dizaines de milliers. Herzog n’a pas cité de source pour son estimation d’environ 50 000 morts.
Herzog a encouragé les Juifs australiens à « afficher ouvertement leur identité juive et à porter fièrement leur sionisme. N’ayez pas peur de montrer qui vous êtes. »
Il a indiqué avoir trouvé, lors de discussions avec les dirigeants australiens, « des partenaires sérieux, prêts à mener des conversations sérieuses et à s’attaquer de front à la rhétorique ignoble, à la désinformation et à l’antisémitisme honteux ».
Des graffitis appelant à la mort du président israélien ont par ailleurs été découverts sur le campus de l’université de Melbourne.
Les graffitis, inscrits sur le côté d’un bâtiment, disaient « Mort à Herzog + Israël + Oz » (Oz étant le surnom de l’Australie) et comprenaient un triangle inversé, symbole du groupe terroriste palestinien du Hamas.
Ces graffitis, qui ont depuis été effacés, ont été signalés à la police.
« Le racisme, la haine et la violence n’ont pas leur place dans notre société ni dans notre nation », a déclaré un porte-parole de l’université, selon l’Australian Broadcasting Corporation.
« Nous avons pris connaissance ce matin de la présence de graffitis offensants sur le bord de notre campus de Parkville et nous avons immédiatement envoyé des agents d’entretien qui les ont rapidement effacés. »
L’Union australienne des étudiants juifs (AUJS) s’est dite « profondément troublée » par ces graffitis.
« Les appels à la violence contre tout individu ou toute nation ne constituent pas une « critique légitime » de la politique gouvernementale », a déclaré l’AUJS.
« Ils franchissent une ligne morale et juridique claire et n’ont pas leur place sur un campus universitaire. »
« Nous exhortons l’université de Melbourne à mener une enquête approfondie sur cet incident et à identifier les responsables. À un moment où les étudiants juifs se sentent déjà en insécurité sur le campus, des incidents comme celui-ci ne font qu’aggraver la situation et créer un environnement hostile et intimidant. »
Une pétition publiée par une organisation juive antisioniste australienne s’opposant à la visite officielle de Herzog s’est avérée comporter plusieurs signatures falsifiées, dont celle d’un Juif collaborateur des nazis (ou Kapo), ainsi qu’un nom translittéré à partir d’une insulte en hébreu.
La pétition a été publiée en pleine page dans deux journaux australiens, le Sydney Morning Herald et The Age, par le Jewish Council of Australia (JCA), l’organisation non sioniste à l’origine de la campagne.
« Plus de 1 000 Juifs et des milliers d’alliés ont signé notre lettre ouverte pour dire que le président israélien Isaac Herzog n’est pas le bienvenu ici », a écrit le JCA dans un message publié sur les réseaux sociaux X et Facebook, accompagné d’une photo de la pétition et de la liste des signataires.
Cependant, les internautes ont rapidement relevé plusieurs incohérences, notamment le fait que l’un des noms figurant sur la liste, « Milkek Tachat », signifie « lèche-cul » en hébreu.
Un autre nom figurant sur la liste, Eliezer Gruenbaum, était un communiste juif qui est devenu kapo après avoir été déporté au camp de concentration d’Auschwitz en 1942. Il est décédé en 1948.
On y trouve également les signatures de Carmen Mory, une espionne suisse au service de l’Allemagne nazie, exécutée pour ses crimes en 1947, et de Josef Heiden, emprisonné à Dachau pendant trois ans pour motifs politiques, puis ayant rejoint la Waffen-SS nazie en 1941.
L’AFP a contribué à cet article.
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