Des Arabes israéliens contre le plan de Trump qui exclut leurs villages d’Israël
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Des Arabes israéliens contre le plan de Trump qui exclut leurs villages d’Israël

Dirigeants et résidents des villes arabes israéliennes du "Triangle" ont exprimé leur colère après la publication du plan de Trump

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Une arabe israélienne met son bulletin dans l'urne pour les élections à la Knesset dans un bureau de vote de la ville de Tayibe, dans le nord d'Israël, le 9 avril 2019 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Une arabe israélienne met son bulletin dans l'urne pour les élections à la Knesset dans un bureau de vote de la ville de Tayibe, dans le nord d'Israël, le 9 avril 2019 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Mercredi, les dirigeants et les résidents des villes arabes israéliennes situées dans ce que l’on appelle le Triangle ont fait part de leur vive colère après que le plan de paix du président américain Donald Trump a proposé d’inclure leurs villages au sud-est de Haïfa dans un futur État palestinien.

« Nous sommes citoyens de l’État d’Israël. Pas des ennemis », a déclaré Shaa Mansour Massarwa le maire de Tayibe, qui a fustigé « l’accord du siècle » de Trump lors d’un entretien avec le site d’information Ynet.

Sa ville, ainsi que les communautés du Triangle de Kafr Qara, Arara, Baqa al-Gharbiya, Umm al Fahm, Qalansawe, Kafr Qasim, Tira, Kafr Bara et Jaljulia, étaient toutes référencées dans le plan de paix américain, qui « observe la possibilité, sous réserve de l’accord des deux parties que les frontières d’Israël soient redessinées pour que les communautés du Triangle soient comprises dans l’État de Palestine ».

La proposition a été rejetée par les responsables arabes israéliens.

Vue d’ Umm al-Fahm, le 22 juin 2017. (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

« Ces communautés, qui s’auto-définissent comme palestiniennes, devaient à l’origine passer sous contrôle jordanien lors des négociations de la ligne d’Armistice en 1949, mais elles ont finalement été conservées par Israël pour des raisons militaires devenues depuis plus tout à fait d’actualité », explique la proposition.

Un Arabe israélien se prépare à voter aux élections parlementaires israéliennes dans un bureau de vote installé dans une école à Taibé, dans le nord du pays, le 9 avril 2019. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le chef d’Yisrael Beytenu Avidgor Liberman, qui soutient depuis longtemps l’idée d’un transfert de population, a publié mardi un communiqué « saluant le président Trump [pour] avoir adopté mon plan de 2004 ».

Mais le maire de Qalansawe Abdulbast Salameh a qualifié le plan de « propagande politique aux dépens des citoyens arabes d’Israël ».

« Nous sommes ici sur notre terre et personne ne décidera de comment nous vivrons. Trump est hors de contrôle. Nous sommes pour la paix. Mais une paix juste. Nous continuerons à nous battre pour la paix », a-t-il annoncé dans son communiqué.

Le maire d’Umm al-Fahm Samir Mahamid a fustigé l’initiative de l’administration Trump, déclarant que la Maison Blanche cherchait à prendre des décisions sans consulter les résidents du Triangle ou de l’Autorité palestinienne. Cette dernière boycotte largement Washington depuis qu’il a reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël en 2017.

Des arabes israéliens agitent les drapeaux palestiniens alors qu’ils participent à l’événement annuel de la « Marche du retour » tenu le Jour d’Indépendance d’Israël, à proximité de la ville du nord d’Umm al-Fahm, le 9 mai 2019. (Ahmad Gharabli/AFP)

« Je suis ici et j’exige mes droits en tant que citoyen, a assuré Samir Mahamid dans un entretien à Ynet. Ce plan me place sur le même plan qu’un habitant d’implantation qui est venu sur une terre qui ne m’appartient pas ».

Miriam, une résidente d’Umm al-Fahm, a déclaré au site d’information qu’elle et ses voisins n’accepteraient pas d’être sous le contrôle de n’importe quelle autre entité.

« Nous resterons ici, même si cela ne convient pas à Netanyahu, Gantz ou Trump. Ce sont tous des racistes en campagne électorale, a-t-elle dénoncé. Qu’ils sachent que nous sommes prêts à sacrifier nos vies si quelqu’un essaie de nous faire du mal ».

Sikkuy, un groupe qui travaille pour promouvoir l’égalité entre Juifs et Arabes, a publié un communiqué similaire fustigeant la proposition de Trump concernant le Triangle.

« L’idée de retirer à environ 300 000 résidents leur citoyenneté est une autre étape dans le processus de délégitimisation des citoyens arabes, que Netanyahu a défendu à de nombreuses reprises dans l’intérêt de sa survie politique », a accusé l’ONG.

Sikkuys a déclaré que la proposition envoie le message aux résidents du Triangle que « vous n’êtes que des citoyens de deuxième classe, mais aussi des outils d’un coup politique ».

Mercredi, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a été interrogé sur la clause du plan de paix par un journaliste de la Douzième chaîne qui laissait entendre que les Palestiniens n’accepteraient jamais une telle proposition.

« Il ne faut jamais dire jamais », a alors répondu Pompeo.

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