Herzog : le renouveau des liens israélo-turcs aurait dû arriver plus tôt
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Herzog : le renouveau des liens israélo-turcs aurait dû arriver plus tôt

Le chef de l'opposition rejoint Liberman pour mettre en garde contre l'impulsion donnée à la Turquie dans la bande de Gaza

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le dirigeant de l'Union sioniste, le député Isaac Herzog, au congrès du groupe à Tel Aviv, le 8 novembre 2015. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le dirigeant de l'Union sioniste, le député Isaac Herzog, au congrès du groupe à Tel Aviv, le 8 novembre 2015. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le chef de l’opposition, Isaac Herzog, a critiqué vendredi les « atermoiements » du gouvernement sur la reprise des relations diplomatiques avec la Turquie.

La révélation d’une rencontre secrète mercredi entre les responsables israéliens et turcs de haut rang a signalé une nouvelle poussée pour des liens resserés entre les deux pays, qui se sont fortement détériorés avec la montée du mouvement islamique du président Recep Tayyip Erdogan au pouvoir au cours des dernières années, et qui se sont rompus après le raid de Tsahal sur un navire turc cherchant à briser le blocus de l’armée israélienne sur la bande de Gaza en mai 2010.

« Si nous avions conclu un accord avec la Turquie il y a deux ou même trois ans, Israël aurait obtenu plus », a déclaré Herzog lors d’une conférence au Limmud FSU au kibboutz Ginosar situé dans le nord.

Il a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour ce retard.

« Netanyahu, comme d’habitude, a traîné des pieds et a agi par crainte de [président d’Yisrael Beytenu, le député Avigdor] Liberman et d’autres partenaires de la coalition, et donc le coût qu'[Israël a payé] est plus élevé. J’ai des informations spécifiques qui montrent que c’est le cas ».

La réunion de mercredi, qui a eu lieu en Suisse, « est un pas dans la bonne direction », a déclaré Herzog, « mais nous devons faire en sorte qu’elle ne se traduise pas par Erdogan mettant un pied dans la bande de Gaza. La relation avec la Turquie doit être renforcée dans d’autres domaines ».

Liberman, le ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement précédent de Netanyahu et maintenant député de l’opposition, a également critiqué l’accord imminent.

« L’accord doit encore être finalisé, mais ses dégâts diplomatiques ont déjà été faits », a-t-il accusé dans un discours au Limmud FSU.

« L’opportunisme n’est pas un substitut pour une politique sage et considérée. Erdogan mène un régime islamiste radical. Les Turcs commercent avec Daesh [l’État islamique], qui a envahi l’Irak contre toutes les règles internationales, et ont des relations tendues avec la Russie. Nous avons investi dans la relation avec la Grèce et Chypre au cours de ces dernières années et cette décision va faire du mal à ces relations. Cela fera également mal aux relations avec l’Egypte, parce que je ne vois pas Erdogan renoncer à ses exigences sur la bande de Gaza, et le marche-pied que les Turcs auront à Gaza se fera au coût de l’Egypte ».

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