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Hitler est vivant et se cache dans la deuxième saison de « Hunters »

La série d'Amazon, réalisée par Jordan Peele, raconte l'histoire sanglante d'une équipe de chasseurs de nazis aux profils très variés dirigée par des Juifs dans les années 70

Logan Lerman et Jerrika Hinton dans la deuxième saison de "Hunters" d'Amazon, par le producteur exécutif Jordan Peele. (Crédit : Prime Video via JTA)
Logan Lerman et Jerrika Hinton dans la deuxième saison de "Hunters" d'Amazon, par le producteur exécutif Jordan Peele. (Crédit : Prime Video via JTA)

JTA – Quand Amazon Prime a sorti la première saison de « Hunters » en 2020, elle a annoncé son émission de télévision sur la chasse aux nazis comme « inspirée de faits réels ».

Attention : Des spoilers de la première et de la deuxième saison de « Hunters » vont suivre !

Ce n’était vrai que dans le sens du terme le plus large possible. Avec Al Pacino et Logan Lerman, et produit par Jordan Peele, « Hunters » racontait l’histoire sanglante, gonflée à bloc et presque entièrement embellie d’un groupe de chasseurs de nazis aux profils très variés dirigée par des Juifs dans les années 1970, qui tentait d’empêcher l’émergence d’un « Quatrième Reich » aux États-Unis.

La série a immédiatement suscité la controverse : le créateur de la série, David Weil, petit-fils de survivants de la Shoah, a dû défendre son show face au Mémorial d’Auschwitz, qui a sévèrement critiqué « Hunters » pour avoir, entre autres scènes, représenté une partie d’échecs humaine à Auschwitz qui n’a jamais eu lieu.

Malgré tout, « Hunters » a tout de même été inspiré de faits réels. Il y avait, en effet, une poignée de chasseurs de nazis juifs actifs sur le continent américain à l’époque, dont le plus célèbre était Simon Wiesenthal (interprété dans la série par Judd Hirsch), qui a réussi à traduire en justice plusieurs nazis de premier plan.

Trois ans plus tard, « Hunters » a, de la même façon, utilisé les archives historiques comme une simple suggestion pour sa deuxième et dernière saison, qui sera diffusée dès vendredi prochain et qui raconte la scandaleuse chasse d’Hitler lui-même. Voici de quoi permettre aux téléspectateurs de distinguer la réalité de la fiction dans la deuxième saison.

Hitler en Argentine

La fin de la première saison laissait présager que les choses allaient sérieusement dérailler, puisque le « vrai » Hitler et Eva Braun se sont révélés être bien vivants et se cachent en Argentine – ce qui semble valider des dizaines d’années de théories du complot sans fondement sur la prétendue évasion du leader nazi de son bunker de Berlin en 1945. (Autre « coup de théâtre » : la révélation que le personnage de Pacino, qui s’était présenté comme le grand-père du héros ayant survécu à la Shoah, était en fait le « boucher » nazi qu’ils avaient chassé sous un déguisement, et que l’homme qu’ils avaient tué, après une chasse de toute une saison, était le véritable survivant).

Dans la deuxième saison, le groupe de chasseurs dissous se réunissent en 1979 pour suivre la trace d’Hitler en Argentine, où de nombreux nazis réels se sont bien cachés. Pendant ce temps, dans les flashbacks de 1975, le « boucher » nazi incarné par Al Pacino s’efforce de brouiller les pistes en se faisant passer pour un homme d’affaires juif prospère et philanthrope aux États-Unis.

Les théories du complot sur la survie d’Hitler semblent persister. Au cours des dizaines d’années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses théories du complot concernant le sort d’Hitler ont proliféré. Un bon nombre d’entre elles s’articulent autour de l’affirmation non-étayée selon laquelle il aurait été, comme d’autres hauts commandants nazis, exfiltré d’Allemagne vers l’Amérique du Sud par un réseau clandestin secret. « Hunting Hitler », une récente série documentaire de la chaîne History, a créé trois saisons à partir de cette idée.

Mais bien sûr, certains nazis ont réussi à échapper aux persécutions de Nuremberg en fuyant vers l’Amérique du Sud. « Hunters » construit son récit sur l’échafaudage de leurs véritables histoires. Le cas le plus tristement célèbre est celui de l’architecte de la « Solution finale », Adolf Eichmann, qui s’est caché en Argentine jusqu’à ce que des membres de l’agence de renseignement du Mossad ne découvrent son emplacement et ne l’enlèvent dans le cadre de « l’Opération Finale » de 1960 pour le juger à Jérusalem.

L’affaire Kreisky-Peter-Wiesenthal

Dans l’univers de la série, le faux Meyer joué par Al Pacino est ami avec Wiesenthal, un chasseur de nazis chevronné. Lorsque les deux hommes se rencontrent en 1975 dans le premier épisode de la deuxième saison, Meyer félicite Wiesenthal pour son récent succès en Autriche.

Il s’agit d’une référence à un scandale politique réel survenu en 1975, dans lequel Wiesenthal et une équipe de chercheurs ont révélé les activités nazies passées du politicien autrichien Friedrich Peter, alors que le chancelier juif du pays, Bruno Kriesky, s’apprêtait à offrir au parti de droite de Peter un rôle dans sa coalition gouvernementale.

Les actions de Wiesenthal ont entraîné un conflit entre lui et Kriesky, qui l’a qualifié de « fasciste juif » et de membre de la Gestapo. Mais les chasseurs de nazis ont déclaré leur victoire pour avoir déraciné le passé SS d’un politicien important de l’après-guerre. (Le parti de Peter n’a jamais rejoint la coalition).

Récupérer les entreprises juives en Europe

Dans l’une des premières scènes de la deuxième saison, l’un des chasseurs déguisés entre dans un magasin de bonbons autrichien en 1979 et demande innocemment depuis combien de temps le commerçant en est propriétaire. « Le magasin est dans ma famille depuis des générations », lui répond-il.

Mais, se dit le chasseur, il y a une étrange marque sur le montant de la porte, presque comme une mezouza. Le magasin aurait-il pu, en fait, appartenir à des Juifs avant l’arrivée des nazis au pouvoir ?

Il s’avère que le chasseur a raison, et le commerçant va payer cher pour ses mensonges. Une fois de plus, la trame générale de ce récit part de l’Histoire réelle, car il existe d’innombrables exemples de nazis qui ont saisi des propriétés et des entreprises appartenant à des Juifs et ont détruit les registres de propriété juive, rendant ainsi presque impossible pour les survivants juifs de récupérer leurs propriétés après la guerre.

L’auteur Menachem Kaiser a récemment expliqué comment les saisies de biens nazis ont modifié l’histoire de sa propre famille dans son livre documentaire Plunder : A Memoir of Family Property and Nazi Treasure, qui a remporté le prix Sami Rohr de la littérature juive.

L’activisme juif de Frank Sinatra

Dans le cadre du déguisement du personnage d’Al Pacino, en survivant de la Shoah dans l’Amérique d’après-guerre, il devient un philanthrope actif pour la cause juive. À un moment donné, il ne peut s’empêcher de se vanter d’avoir convaincu Frank Sinatra de faire un don important.

En fait, le célèbre crooner, bien que n’étant pas juif lui-même, était un partisan déclaré et documenté de la cause juive. Il a reçu des prix d’écoles hébraïques, s’est rendu en Israël à de nombreuses reprises et a contribué à la construction d’une maison des jeunes à Nazareth. Il possédait une kippa d’une valeur de 10 000 dollars et a même donné à son fils, Frank Sinatra Jr., le deuxième prénom juif d’Emmanuel.

Après la mort de Sinatra, pour éviter les paparazzi, son corps a été caché dans une maison juive funéraire de Los Angeles.

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