Israël démolit le siège de l’UNRWA à Jérusalem-Est
Selon Israël, qui a proscrit l'agence onusienne, le site ne bénéficie pas d'immunité car elle y a cessé ses activités ; Itamar Ben Gvir s'en réjouit ; l'UNRWA parle d'une "attaque sans précédent"
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Mardi, Israël a commencé à démolir le siège de l’UNRWA, l’Office très controversé de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens et leurs descendants, situé à Jérusalem-Est, conformément à une loi adoptée en octobre 2024 interdisant à l’agence onusienne d’opérer dans le pays.
Les forces israéliennes ont pénétré dans l’enceinte au petit matin avec des bulldozers et d’autres équipements de démolition et ont détruit les bâtiments, ce que l’UNRWA a qualifié « d’attaque sans précédent ».
Les autorités israéliennes accusent l’agence de collusion avec le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Israël a interdit à l’UNRWA d’opérer sur son sol, affirmant que l’organisation humanitaire incite à la violence et que certains de ses employés avaient participé au pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.
Malgré cette interdiction, les activités de l’UNRWA, notamment les écoles, les soins de santé et d’autres services sociaux, continuent de fonctionner tant bien que mal à Jérusalem-Est.
Le porte-parole de l’agence, Jonathan Fowler, a déclaré dans un communiqué à la presse internationale que les forces israéliennes avaient « pris d’assaut » le complexe peu après 7 heures du matin, heure locale.
« Il s’agit d’une attaque sans précédent contre l’UNRWA et ses locaux. Elle constitue également une violation grave du droit international et des privilèges et immunités des Nations unies », a-t-il ajouté.
Israël a défendu la décision de démolir le complexe, le ministère des Affaires étrangères déclarant dans un communiqué que « l’UNRWA-Hamas avait déjà cessé ses activités sur ce site et qu’il n’y avait plus aucun personnel ni aucune activité des Nations unies ».
« Le complexe ne bénéficie d’aucune immunité et sa saisie par les autorités israéliennes a été effectuée conformément au droit israélien et international. »
Alors que les bulldozers commençaient à démolir les structures, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, est arrivé sur les lieux pour assister à la démolition.
יום היסטורי, יום חג, יום חשוב מאוד למשילות בירושלים. במשך שנים התומכי טרור האלה היו כאן, והיום תומכי הטרור האלה מסולקים מכאן עם כל מה שהם בנו כאן. זה מה שיעשה לכל תומך טרור! pic.twitter.com/xbQusbdhTX
— איתמר בן גביר (@itamarbengvir) January 20, 2026
« C’est un jour important pour la souveraineté à Jérusalem », a-t-il déclaré.
« Aujourd’hui, ces partisans du terrorisme sont expulsés d’ici avec tout ce qu’ils ont construit. C’est ce qui sera fait à tous les partisans du terrorisme. »
Le mois dernier, les autorités israéliennes ont fait une descente dans le complexe, hissant le drapeau d’Israël sur le bâtiment principal et saisissant des biens qui, selon elles, étaient liés à des litiges fiscaux municipaux, bien que l’ONU ait affirmé que cette descente n’avait rien à voir avec les impôts et que le complexe de Jérusalem-Est « reste un bâtiment des Nations unies et est inviolable et à l’abri de toute autre forme d’ingérence ».
Israël cherche depuis longtemps à fermer l’agence, affirmant qu’elle perpétue le conflit en continuant à accorder le statut de réfugié aux descendants des Palestiniens plutôt que de les réinstaller, contrairement à la pratique suivie pour les autres réfugiés dans le monde.
Le pays a intensifié sa campagne contre l’agence après que des preuves ont montré que certains de ses employés avaient participé au 7-Octobre.
Israël soutient que plus de 10 % du personnel de l’UNRWA à Gaza entretient des liens avec des groupes terroristes et que les établissements scolaires sous l’égide de cette agence incitent systématiquement à la haine envers Israël, glorifient le terrorisme et conteste le droit d’existence de l’État d’Israël.
En février 2024, l’armée israélienne a révélé l’existence d’un centre de données souterrain du Hamas situé directement sous le siège de l’UNRWA, dans la bande de Gaza.
Tsahal a également pris pour cible à plusieurs reprises les centres de commandement du Hamas et les terroristes armés qui se cachaient dans les écoles de l’UNRWA.
Plusieurs anciens otages ont par ailleurs témoigné, une fois de retour en Israël, qu’ils avaient été détenus dans des écoles et des installations de l’UNRWA.
Cependant, certains partisans ont souligné le rôle clé que joue l’agence en apportant une aide aux Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie et en les empêchant de sombrer dans une pauvreté encore plus grande qui pourrait alimenter la violence et le terrorisme, affirmant qu’aucun autre organisme ou groupe n’est en mesure d’assumer cette responsabilité.
Suite à la démolition des locaux de Jérusalem-Est, le bureau du ministre de l’Énergie, Eli Cohen, a annoncé que l’ensemble des installations de l’UNRWA en Israël seraient privées d’électricité dès mercredi.
Leur approvisionnement en eau sera également interrompu prochainement, a déclaré le bureau de Cohen.
L’Israel Electric Corporation (IEC) avait déjà averti le 6 janvier que l’électricité serait coupée d’ici quinze jours.
La coupure d’électricité touchera sept installations de l’UNRWA, a indiqué le bureau du ministre au Times of Israel.
On ignore à quoi servent ces sept sites.
En décembre, la Knesset a adopté une loi interdisant l’approvisionnement en électricité et en eau des locaux appartenant à l’UNRWA ou exploités pour son compte.
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