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Kerry salue les progrès des discussions et Khamenei crie « Mort à l’Amérique »

Le lendemain de l’appel d’Obama à l'Iran à saisir une « occasion historique », le Guide suprême affirme que les Etats-Unis veulent créer de l'insécurité

L'ayatollah Khamenei, le 8 février 2014 à Téhéran (Crédit : Site web de l'ayatollah Khamenei/AFP/Archives)
L'ayatollah Khamenei, le 8 février 2014 à Téhéran (Crédit : Site web de l'ayatollah Khamenei/AFP/Archives)

Le Guide suprême de l’Iran, Ali Khamenei, a scandé « Mort à l’Amérique » ce samedi, un jour après que le président Barack Obama a appelé l’Iran à saisir une « occasion historique » pour un accord sur le nucléaire et un avenir meilleur, et que le secrétaire d’Etat américain John Kerry a annoncé des progrès substantiels vers un accord.

Khamenei a affirmé devant une foule rassemblée à Téhéran que l’Iran ne capitulera pas devant les exigences occidentales. Lorsque la foule a commencé à crier « Mort à l’Amérique », l’ayatollah a répondu : « Bien sûr que oui, mort à l’Amérique, parce que l’Amérique est la source d’origine de cette pression. ».

« Ils insistent pour mettre la pression sur l’économie de notre peuple », a-t-il renchéri, en allusion aux sanctions économiques visant à enrayer le programme nucléaire de l’Iran. « Quel est leur but ? Leur objectif est de mettre les gens contre le système », a encore affirmé Khamenei.

« La politique de l’Amérique est de créer de l’insécurité », a-t-il ajouté, se référant à la fois à la pression américaine sur l’Iran et sur d’autres pays de la région.

Les déclarations de Khamenei tranchent avec celles du président iranien Hassan Rohani, pour qui « parvenir à un accord est possible » avant le 31 mars, date butoir pour un accord préliminaire.

Kerry était plus circonspect, comme il l’a fait savoir aux journalistes après six jours de négociations à Lausanne, en Suisse. Les pourparlers ont marqué des « progrès substantiels » a-t-il souligné, mais « d’importants désaccords demeurent ».

« Nous avons la possibilité de parvenir à notre but », a affirmé Kerry, en exhortant l’Iran à prendre des « décisions fondamentales » pour prouver au monde entier son désintérêt pour les armes atomiques.

Mais Khamenei a mis en garde contre des attentes trop élevées qui voudraient qu’un accord pourrait  réparer le gel, depuis plus de trois décennies, des relations bilatérales en place depuis la révolution iranienne et le siège de l’ambassade américaine. Selon le Guide suprême, Washington et Téhéran restent en conflit sur la plupart des sujets.

« Les négociations avec l’Amérique ne concernent que la question nucléaire et rien d’autre. Tout le monde doit en avoir conscience », a encore déclaré Khamenei.

A propos de la phase délicate des négociations, d’autres officiels ont divergé sur l’idée d’un accord très proche.

Le négociateur en chef pour la Russie, Sergueï Ryabkov, et le chef de l’énergie atomique de l’Iran, Ali Akbar Salehi, ont fait savoir ces derniers jours que le travail technique était presque terminé. Mais les autorités françaises ont insisté sur le fait que les deux parties étaient encore loin d’un accord.

Avant de retourner à Washington, Kerry a rencontré les alliés européens à Londres, afin de renforcer l’unité. Kerry a déclaré que les Etats-Unis et ses cinq partenaires de négociation – la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne et la Russie – sont « unis dans notre objectif, notre approche, notre volonté et notre détermination. »

Mais la France, qui a soulevé des objections de dernière minute à un accord intérimaire conclu avec l’Iran en 2013, pourrait menacer à nouveau la conclusion d’un accord. Paris est particulièrement opposée à l’annulation rapide des sanctions internationales contre l’Iran et souhaite un délai plus long pour les restrictions de l’activité nucléaire iranienne.

« La France veut un accord, mais un accord solide », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius à la radio française. « C’est-à-dire un accord qui garantit véritablement que l’Iran peut évidemment avoir accès au (programme de) nucléaire civil. Mais à la bombe atomique ? Non » a tranché Laurent Fabius.

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