La plaie des sauterelles frappe le Moyen-Orient, à quelques semaines de Pessah
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La plaie des sauterelles frappe le Moyen-Orient, à quelques semaines de Pessah

Des essaims de criquets pèlerins "extrêmement alarmants" se forment dans la Corne de l'Afrique, mais ils ne devraient pas passer par Israël

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

Une sauterelle sur un cactus. (Crédit : Anna Kaplan/Flash90)
Une sauterelle sur un cactus. (Crédit : Anna Kaplan/Flash90)

Une invasion de sauterelles sans précédent depuis plus de 30 ans est sur le point de frapper l’Afrique et le Moyen-Orient. Se calquant sur la plaie évoquée dans la Bible, la pandémie actuelle de coronavirus affecte les déplacements des experts internationaux et les rassemblements dans les pays pour la formation à la lutte antiacridienne, a déclaré lundi Keith Cressman, officier supérieur de prévision antiacridienne basé à Rome.

Keith Cressman travaille à Locust Watch, une division de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui fournit une aide d’urgence aux pays confrontés à des invasions de sauterelles et surveille en permanence l’avancement des infestations potentielles. Selon le dernier rapport de prévision de l’organisation, de nouveaux essaims « extrêmement alarmants » se forment dans la Corne de l’Afrique.

L’expert, qui travaille avec l’organisation depuis plus de trois décennies, a indiqué lundi au Times of Israël que la dernière fois que la région avait été en danger, c’était lors de la peste de 1987-1989.

Cette espèce de sauterelle, aussi appelée criquet pèlerin (Schistocerca gregaria) « est le ravageur migrateur le plus destructeur au monde », selon le site Internet de Locust Watch. Comme le décrit le Livre de l’Exode, lorsque des essaims très mobiles de sauterelles du désert se forment, « ce sont des mangeurs voraces qui consomment leur propre poids quotidiennement, ciblant les cultures vivrières et le fourrage ».

Un couple de sauterelles. (Crédit : FAO/DLIS)

Si la sauterelle ne semble pas être une grande mangeuse, les essaims peuvent atteindre des millions d’individus, « et sont capables de consommer en un jour la même quantité de nourriture que 35 000 personnes ».

L’élevage actuellement très répandu au Kenya, en Éthiopie et en Somalie représente « une menace sans précédent pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance au début de la prochaine saison de culture », peut-on lire sur le site Internet de Locust Watch.

Locust Watch travaille en collaboration avec les pays touchés pour évaluer en temps réel les données de terrain, les informations et les rapports, a expliqué Keith Cressman. Les informations, dit-il, « sont combinées à l’analyse des images de télédétection (satellite), des données et prévisions météorologiques et des données historiques de notre système d’information géographique et de notre base de données qui remontent aux années 1930 ».

Un essaim de sauterelles. (Crédit : FAO/DLIS)

La mémoire institutionnelle, ainsi que l’expérience de Keith Cressman, laissent présager une année très difficile : « à partir de début de 2020, la situation mondiale concernant le criquet pèlerin s’est détériorée, car des conditions climatiques favorables ont permis une reproduction généralisée du parasite en Afrique de l’Est, en Asie du Sud-Ouest et dans la région entourant la mer Rouge », indique le site web.

Il semble que les pays les plus touchés seront le Kenya, l’Éthiopie, la Somalie, l’Iran, le Pakistan et le Soudan. Ce dernier sera probablement touché plus tard cet été, a précisé Keith Cressman.

« Il est toujours très difficile de trouver et de traiter toutes les infestations, et c’est la nature et le défi de la gestion du criquet pèlerin », explique-t-il dans un courriel adressé au Times of Israël. L’impossibilité de voyager en raison des restrictions sur le coronavirus peut empêcher un traitement approprié et rapide.

Prévision des invasions de sauterelles. (Crédit : FAO/DLIS)

Cependant, toutes les régions du Moyen-Orient ne seront pas touchées. Malgré la proximité de la fête juive de Pessah, selon les cartes de prévisions utiles sur le site – et confirmées par Keith Cressman – il semble que les essaims ne toucheront ni Israël ni les cultures du pays.

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