La police égyptienne aurait « accidentellement » tiré sur une Jeep de Tsahal
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La police égyptienne aurait « accidentellement » tiré sur une Jeep de Tsahal

Israël et l'armée égyptienne continueront d'enquêter sur l'incident "exceptionnel" de samedi soir, qui n'a fait ni blessés ni dégâts

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une jeep militaire israélienne patrouille le long de la frontière avec l'Égypte le 29 mars 2005. (Moshe Shai/FLASH90)
Une jeep militaire israélienne patrouille le long de la frontière avec l'Égypte le 29 mars 2005. (Moshe Shai/FLASH90)

La police égyptienne a « accidentellement » tiré des coups de feu sur une jeep de l’armée israélienne près de la frontière ce week-end, selon une enquête initiale menée sur l’incident, a déclaré l’armée mercredi.

Samedi soir, un commandant de bataillon de l’une des unités gardant la frontière israélo-égyptienne a signalé que des coups de feu avaient été tirés contre sa jeep, ne causant ni blessés ni dégâts sur le véhicule.

Une première enquête sur les tirs de l’armée israélienne a révélé que les coups de feu provenaient d’une unité de police égyptienne stationnée dans les environs.

Un porte-parole de l’armée a déclaré que les coups de feu semblaient avoir été tirés « accidentellement », mais on ne savait pas encore si les soldats égyptiens avaient mal identifié le véhicule militaire israélien ou si l’arme avait été mal utilisée par les soldats.

« Nous ne pensons pas que cela a été fait délibérément contre Israël », a déclaré le porte-parole de Tsahal.

Selon l’armée, Israël et l’Égypte continuent d’enquêter sur l’incident et pourraient présenter un rapport final conjoint une fois leurs enquêtes terminées.

Le porte-parole de l’armée a souligné qu’il s’agissait d’un incident « exceptionnel » sur une frontière qui est normalement relativement calme en termes de violence. La contrebande et d’autres types d’activités criminelles se produisent régulièrement le long de la frontière entre Israël et l’Égypte.

En janvier, les forces de sécurité israélienne et égyptienne se sont engagées dans ce que la police des frontières a décrit comme de « vifs échanges de tirs » avec des trafiquants de drogue lors d’une tentative de contrebande à grande échelle sur la clôture de la frontière du Sinaï tard dimanche soir, qui a entraîné la mort d’un suspect.

Un mois plus tard, la police israélienne a arrêté 20 trafiquants de drogue présumés de la ville bédouine de Bir Hadaj, accusés de se faire passer pour des patrouilles de Tsahal afin d’approcher la frontière égyptienne pour y réceptionner leurs marchandises illicites.

Bir Hadaj, située à environ 20 minutes de la frontière, est connue depuis longtemps par la police comme un lieu de trafic de drogue. Selon la police, les gangs opérant à l’extérieur de la ville y entreposeraient du cannabis d’Égypte avant de le distribuer aux revendeurs dans l’ensemble du pays.

Un membre du réseau de contrebande présumé a déclaré à Hadashot qu’il poursuivrait ses activités avec ses acolytes malgré le raid de la police.

« Nous avons assez de moyens et d’argent pour faire sortir clandestinement du cannabis et de la marijuana d’Égypte, et nous possédons une quantité de matériel militaire que la police n’a pas saisie », a-t-il dit à la chaîne d’information. « La police ne nous empêchera pas de faire de la contrebande. »

La frontière israélo-égyptienne a également été le théâtre d’accidents tragiques, dont un en octobre 2016, au cours duquel Nimer Bassem Abu Amar, un Israélien bédouin de 15 ans, a été abattu par les soldats égyptiens, près du mont Harif au sud du pays, alors qu’il réparait la clôture de la frontière à la demande du ministère de la Défense.

A l’issue de l’enquête, l’armée israélienne a déclaré qu’un officier de sécurité égyptien avait ouvert le feu en raison d’une « erreur d’identification ».

Abu Amar, de Lakiya, un village majoritairement bédouin du sud d’Israël, avait été employé par un sous-traitant civil recruté par le ministère de la Défense pour effectuer des travaux de maintenance sur la clôture.

L’adolescent travaillait près de la frontière au moment de l’incident, servant du café à d’autres travailleurs, dans une zone où la délimitation entre le territoire israélien et égyptien est floue.

Abu Amar aurait été pris par erreur par les soldats égyptiens pour un trafiquant de drogue ou un terroriste de l’un des groupes djihadistes insurgés affiliés à l’organisation Etat islamique, avec laquelle l’Egypte mène actuellement une guerre, prétendument avec une aide israélienne.

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