Israël en guerre - Jour 140

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La réserviste chargée des funérailles pour Tsahal frôle la mort, lâchée par son cœur

Après des semaines où elle a annoncé aux familles la mort de leurs proches, Sivan Sekeli Ben Zichri a eu un arrêt cardiaque suite à une déchirure dans une artère du cœur

La capitaine réserviste Sivan Sekeli Ben Zichri (Crédit : Facebook)
La capitaine réserviste Sivan Sekeli Ben Zichri (Crédit : Facebook)

Une soldate de Tsahal qui était chargée d’informer les familles du décès de leurs êtres chers a échappé elle-même de peu à la mort au début de la guerre opposant le groupe terroriste palestinien du Hamas et Israël, le cœur littéralement brisé.

La capitaine réserviste Sivan Sekeli Ben Zichri a ainsi fait un arrêt cardiaque il y a un mois et demi, en raison du stress psychologique extrême induit par sa difficile mission. Elle a frôlé le pire mais les personnels de l’hôpital Sheba l’ont rapidement prise en charge et ramenée parmi les vivants.

Sa rééducation va être longue – mais elle devrait pouvoir se rétablir totalement à long-terme, selon les médecins. Ce qu’elle espère, elle aussi.

Ben Zichri a raconté son histoire dans un entretien accordé à la chaîne Kan qui a été diffusé dimanche dans la soirée.

Le 8 octobre, 24 heures après l’attaque sauvage qui a été commise par le Hamas et qui a fait 1 200 morts du côté israélien – 240 personnes ont aussi été enlevées et prises en otage ce jour-là, emmenées dans la bande de Gaza – Ben Zichri a été mobilisée dans le cadre de la réserve militaire. Elle a été chargée d’informer les familles que leurs proches étaient tombés au combat, ainsi que de planifier et de superviser les funérailles des soldats.

Presque 300 militaires ont été tués lors de l’assaut du Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre.

« Il y a eu un si grand nombre de funérailles à ce moment-là, beaucoup plus que ce que nous avions pu voir auparavant », a-t-elle expliqué.

Alors qu’il lui était demandé si elle était parvenue à prendre du recul du point de vue émotionnel, elle a répondu que c’était tout simplement impossible.

« Même si j’avais voulu le faire, je ne pouvais pas y arriver. Les larmes coulaient toutes seules de mes yeux, quoi qu’il se passe. Je prenais tout à cœur et je ne parvenais pas à faire autrement », a-t-elle dit.

La famille et les amis du commandant du 13e bataillon de la brigade Golani, le lieutenant-colonel Tomer Grinberg, lors de ses funérailles au cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem, le 13 décembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Avec une inhumation organisée après l’autre, la soldate n’a pas le temps nécessaire pour bien comprendre les choses et se détacher émotionnellement de sa mission difficile. Elle a eu le sentiment de plonger dans un profond mal-être.

Ben Zichri s’est souvenue qu’un jour où elle assistait à des funérailles, elle a vu 17 tombes qui venaient d’être creusées, la terre encore retournée. Ses jambes ont flanché et elle a eu du mal à rester debout, a-t-elle dit.

A la fin de la journée, elle est rentrée chez elle et elle s’est directement couchée, sans prendre le temps de dîner. Elle s’est réveillée à 4 heures du matin. Elle ne se sentait pas bien.

« Je ne pouvais plus sentir le côté gauche de mon corps ; ma main droite était paralysée et mon cœur était comme arraché à ma poitrine », a-t-elle précisé.

Des soldats israéliens portent le cercueil drapé du major Roei Meldasi lors de ses funérailles à Afula, le 13 décembre 2023. (Crédit : Ariel Schalit/AP)

Les secours appelés en renfort ont estimé qu’elle avait une attaque de panique – mais elle a insisté sur le fait qu’elle voulait être emmenée à l’hôpital. A son arrivée, les tests initiaux ont été bons et il n’est pas apparu tout de suite qu’elle était atteinte du syndrome du cœur brisé (cardiopathie de Takotsubo), un affaiblissement temporaire du ventricule gauche qui est causé par un stress aigu.

Malgré tout, au moment où elle allait passer une radio, elle a senti que quelque chose n’allait pas du tout.

« J’ai dit à mon mari d’aller chercher un docteur, de le faire maintenant. Cela a été le moment où j’ai fait un arrêt cardiaque », a dit Ben Zichri.

Alors que son corps était en train de lâcher, les médecins l’ont reliée à une machine de type ECMO (Oxygénation par membrane extracorporelle) qui a permis à son cœur et à ses poumons de continuer à fonctionner. Une fois stabilisée, elle a passé un IRM qui a révélé qu’une artère de son cœur avait subi une déchirure soudaine. Elle a été immédiatement opérée.

Ben Zichri est restée dans un coma artificiel et intubée pendant trois jours et demi, jusqu’à ce que son mari demande qu’elle soit réveillée pour son 40e anniversaire. Elle a alors commencé un processus initial (et long) de rétablissement et de rééducation à Sheba.

« Mon cœur a littéralement été brisé face au stress psychologique. Je ne suis pas la seule à le dire. Mes cardiologues, eux aussi, disent que c’est ce qui est arrivé », a-t-elle déclaré.

Ben Zichri a indiqué qu’elle était reconnaissante d’avoir pu survivre tout en admettant qu’elle était anxieuse et qu’elle n’était guère habitée à vivre avec une pathologie cardiaque. Toutefois, ce n’est pas la première fois qu’elle rencontre des problèmes de santé graves : il y a quatre ans, elle s’était battue contre un cancer des ovaires et elle a survécu.

La capitaine réserviste Sivan Sekeli Ben Zichri lors d’un entretien avec la chaîne publique Kan. (Capture d’écran)

Même si elle se considère dorénavant comme étant en bonne santé, elle a décidé quelle ne voulait plus rester dans le même appartement de Kiryat Ono, dans le centre du pays : il est temps de prendre un nouveau départ après deux alertes sérieuses de santé, a-t-elle expliqué. Quand elle était à l’hôpital, elle a demandé à son mari de chercher un nouveau logement dans le même quartier où le couple et ses trois enfants pourront s’installer.

Le mari de Zichri et les déménageurs étaient en train de préparer les cartons alors qu’elle accordait son interview à Kan.

Accepterait-elle à nouveau le travail qui était le sien dans l’armée, celui d’annoncer aux familles les deuils de leurs proches et de les accompagner jusqu’aux funérailles ? A cette question, elle a répondu par l’affirmative.

« Je pense que nous avons tous une contribution à apporter. Nous n’avons pas d’autre pays. Je ferai tout ce qu’on me demandera de faire », a-t-elle indiqué.

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