Israël en guerre - Jour 233

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Analyse

La stratégie de Netanyahu éloigne Washington, et ses semblables demi-mesures pourraient ne pas suffire à rétablir les liens

Bien que les parties manifestent leur volonté de se réconcilier, c'est peut-être déjà trop tard dans le contexte de la guerre et à l'approche des élections américaines

Lazar Berman

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président américain Joe Biden (à droite) accueilli par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à l'aéroport international Ben Gurion, le 18 octobre 2023. (Crédit : Evan Vucci/AP)
Le président américain Joe Biden (à droite) accueilli par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à l'aéroport international Ben Gurion, le 18 octobre 2023. (Crédit : Evan Vucci/AP)

Alors que les relations entre le président américain Joe Biden et le Premier ministre Benjamin Netanyahu semblaient s’être encore dégradées la semaine dernière, des signes laissent penser que les deux parties souhaitent se réconcilier, au moins pour le moment. Dernier signe en date : suite à l’entretien téléphonique de 45 minutes entre les deux dirigeants jeudi soir, les ministres israéliens ont approuvé dans la foulée des mesures visant à augmenter rapidement le flux d’aide à Gaza, demande de longue date de Washington.

Quelques jours plus tôt, après avoir répliqué directement aux critiques de Biden pendant des semaines, Netanyahu avait carrément annulé une visite – planifiée à la demande de Biden – de ses principaux collaborateurs à Washington pour discuter des idées américaines concernant une alternative à une opération terrestre d’envergure à Rafah et une augmentation de l’aide humanitaire aux civils gazaouis.

Cette initiative était une réponse à la décision de l’administration Biden de renoncer à utiliser son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies et de permettre l’adoption d’une résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza sans condition de libération d’otages, qu’elle avait également demandée.

Mais l’annulation s’est avérée n’être qu’un modeste report. Deux jours plus tard, la Maison Blanche annonçait que Netanyahu avait accepté de reprogrammer le voyage du ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, et du conseiller à la Sécurité nationale, Tzachi Hanegbi.

Le lendemain, le président Isaac Herzog a également manifesté son désir d’aider les deux parties à dépasser leurs différends. Il a déclaré à un groupe de membres démocrates du Congrès en visite que le président américain Joe Biden était « un grand ami d’Israël ».

Lors de sa conférence de presse de dimanche, Netanyahu a également adopté un ton conciliant : « Nous sommes encore et toujours intéressés à entendre nos amis américains, même si nous avons des désaccords avec eux. Ils ont des choses à dire sur la question humanitaire et sur l’évacuation de la population. Nous les entendons et nous les entendrons à l’avenir. »

Ce discours est intervenu quelques jours après que les États-Unis ont autorisé le transfert à Israël de bombes et d’avions de chasse d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, qui s’ajoutent ainsi au flux constant d’équipements militaires que les États-Unis ont fourni à Israël depuis le début de la guerre.

De gauche à droite : Ron Dermer, ministre des Affaires stratégiques ; Antony Blinken, secrétaire d’État américain ; et Tzahi Hanegbi, président du Conseil de sécurité nationale, au Département d’État, à Washington, le 7 mars 2023. (Crédit : Antony Blinken/Twitter)

Mais après des mois d’hostilité croissante et de conflits persistants – autour des projets d’offensive israélienne à Rafah, du mécontentement des États-Unis quant au rythme de l’aide entrant dans la bande de Gaza et aux décès de civils, des profondes divisions sur la manière de se préparer au fameux « jour d’après » –, même le désir mutuel d’améliorer les liens pourrait probablement ne pas suffire.

Même si Netanyahu ne se contentait pas de demi-mesures, même si l’aide à Gaza – saluée vendredi 5 avril par Joe Biden – arrivait bien plus largement, les dynamiques qui ont tendu les relations tout au long de la guerre continueront probablement à creuser davantage le fossé qui sépare dorénavant les deux pays alliés.

La distance s’est installée

Bien que l’administration Biden ait joué la prudence quant à la réaction d’Israël au vote du Conseil de sécurité – affichant sa « perplexité » face à ce qu’elle a décrit comme une tentative de Netanyahu de créer une crise dans les relations entre les deux pays – personne ne semble être dupe.

« Il y a certainement eu un changement dans la politique de la Maison Blanche à l’égard d’Israël ces derniers temps », a fait remarquer Natan Sachs, chercheur principal au sein de la Brookings Institution. « Nous avons vu des signaux répétés de la part de l’administration Biden, ce qui n’est certainement pas un hasard. »

Le président Joe Biden se dirigeant vers le podium pour prononcer un discours sur la guerre entre Israël et le le groupe terroriste du Hamas, le 18 octobre 2023, à Tel Aviv. (Crédit : Evan Vucci/AP Photo)

Les relations entre l’administration Biden et Netanyahu et son gouvernement ont longtemps été caractérisées par des frictions ponctuées et tempérées par des périodes d’amitié, bien que les deux parties se soient efforcées de masquer les profondes discordes par de l’équanimité.

Depuis le début de la guerre, l’antagonisme s’est considérablement accentué, mettant en péril les relations bilatérales.

Avant même que Biden n’atterrisse en Israël pour son voyage de solidarité, où il a été très bien accueilli, moins de deux semaines après le massacre du 7 octobre, des responsables de la Maison-Blanche avaient déclaré à la presse que le président poserait « des questions difficiles en tant qu’ami d’Israël » concernant la stratégie de Jérusalem dans la guerre contre le Hamas à Gaza.

Au cours des mois qui ont suivi, ces questions n’ont fait que se durcir et ont été assorties d’allégations sévères – telles que celles du secrétaire d’État américain Antony Blinken accusant Israël de « déshumaniser » les Palestiniens en février – et des menaces de retirer le soutien des États-Unis à l’effort de guerre d’Israël.

Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 9 janvier 2024. (Crédit : Evelyn Hockstein/Pool Photo via AP)

Si ce soutien demeure, la Maison Blanche a toutefois trouvé d’autres moyens de prendre ses distances avec le gouvernement de Netanyahu. Elle a notamment pris des sanctions à l’encontre d’Israéliens extrémistes et s’est attaquée à Netanyahu lui-même. En mars, Biden a déclaré dans une interview accordée à MSNBC que Netanyahu « fait plus de mal à Israël qu’il ne l’aide » et qu’une opération à Rafah constituerait une « ligne rouge » si Israël n’évacuait pas les civils qui s’y trouvent.

Des Palestiniens transportent le corps d’une personne à la suite d’une frappe aérienne israélienne à l’hôpital Al Aqsa de Deir al-Balah, dans la bande de Gaza, le 1er avril 2024. (Crédit : AP Photo/Abdel Kareem Hana)

Et lorsque le chef de la majorité au Sénat, Chuck Schumer, un démocrate juif, a appelé Israël à organiser des élections anticipées, estimant que Netanyahu « s’éparpillait » et qu’il constituait un obstacle à la paix dans la région, rares sont ceux qui l’ont cru lorsqu’il a assuré ultérieurement qu’il s’agissait d’une initiative privée.

« Il est évident que Schumer ne tiendrait pas de tels propos sans les avoir préalablement coordonnés avec la Maison Blanche », a déclaré Sachs.

Pendant un certain temps, Netanyahu a encaissé les coups, mais il y a environ un mois, il a commencé à se défendre publiquement. « Vous n’avez pas de problème avec moi », a répondu Netanyahu sur l’émission « Fox and Friends » après l’interview sur MSNBC. « Vous avez un problème avec l’ensemble du peuple d’Israël. »

Benny Gantz, à gauche, membre clé du cabinet de guerre israélien, accueilli par le chef de la majorité du Sénat, Chuck Schumer, pour une réunion privée au Capitole à Washington, le 5 mars 2024. (Crédit : AP Photo/J. Scott Applewhite)

Il s’est également empressé de condamner les commentaires de Schumer, les qualifiant de « tout à fait inappropriés ».

Puis, il y a eu le vote du Conseil de sécurité des Nations unies – que Sachs a qualifié de « signal très clair et très fort » de la part de Biden – et la fureur de Netanyahu ainsi que sa réaction qui s’en est suivie.

Crise générationnelle

« Il ne fait aucun doute que la rhétorique de l’administration Biden à l’égard d’Israël en général, et de Netanyahu en particulier, s’est systématiquement et délibérément endurcie depuis des semaines », a déclaré John Hannah, membre de l’Institut juif pour la sécurité nationale des États-Unis et ancien conseiller en matière de sécurité nationale de l’ancien vice-président républicain Dick Cheney.

Comme en 1956, lorsque la rupture du président américain Dwight Eisenhower avec Israël était le résultat de calculs liés à la Guerre froide, allant bien au-delà d’Israël, en 2024, la position de Biden, du moins en partie, est considérée comme le fruit de son anxiété croissante à l’égard des élections présidentielles américaines de novembre et des espoirs de sa propre « solution à deux États » – un chemin vers la victoire qui passerait par le Michigan et le Nevada.

Des milliers de personnes descendent le Washington Boulevard à Detroit, réclamant un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza à Detroit, dans le Michigan, le 28 octobre 2023. (Crédit : Jeff Kowalsky/AFP)

Si Joe Biden veut l’emporter sur son adversaire républicain Donald Trump, qui est en tête dans les sondages depuis septembre, il aura besoin de toutes les voix qu’il peut rassembler. Le fait que les progressistes ou les Arabes-Américains de l’État pivot du Michigan soient frustrés par ce qu’ils considèrent comme une complicité dans le « génocide » des habitants de Gaza ne contribuera pas à améliorer ses chances.

Michael Oren, ancien ambassadeur d’Israël aux États-Unis, a estimé que les relations avaient atteint leur point le plus bas depuis les menaces d’Eisenhower de sanctionner Israël s’il ne se retirait pas du Sinaï lors de la guerre de 1956. « Il s’agit de la pire crise entre les deux pays depuis près de 70 ans », a-t-il déclaré.

Des tanks israéliens Sherman avancent vers Mitla Pass pendant la campagne du Sinaï en 1956. (Crédit : Armée israélienne/Flickr)

Selon Oren, les États-Unis réagissent à la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza de la même manière qu’ils l’ont fait lors du conflit de Suez.

« Il s’agit d’un changement de cap au cours d’une guerre qu’Israël n’a pas déclenchée », a-t-il expliqué. « Cela a commencé par une déclaration claire de soutien, puis la Maison Blanche a exigé l’arrêt de la guerre. »

« Ils détestent Bibi. Tout le monde déteste Bibi. Alors qu’est-ce qui a changé ? »

Plutôt que de risquer de paraître anti-Israël, l’administration Biden s’est plutôt attaquée à Netanyahu et à son gouvernement, cherchant à dépeindre le dirigeant comme non représentatif de l’ensemble des Israéliens. Mais certains voient des failles dans cette approche.

« Ils détestent Bibi [Benjamin Netanyahu] », a déclaré Danielle Pletka, membre de l’American Enterprise Institute à Washington, à propos des principaux responsables de l’administration. « Tout le monde déteste Bibi. Qu’est-ce qui a changé ? Le problème, c’est que les sujets sur lesquels ils détestent Bibi sont des sujets qui font quasiment l’unanimité au sein de l’opinion publique israélienne et du gouvernement israélien, ou du moins au sein du cabinet chargé de la sécurité nationale. »

Bien que l’antipathie à l’égard de Netanyahu soit profonde et généralisée en Israël, avec des manifestations de plus en plus nombreuses appelant à sa démission, les sondages d’opinion montrent que peu d’Israéliens soutiennent les positions de l’administration Biden sur l’utilisation du conflit de Gaza comme voie d’accès à un État palestinien, l’arrêt de la guerre alors que le Hamas contrôle toujours Rafah, ou même la suppression des inspections visant à accélérer l’entrée de l’aide humanitaire.

Netanyahu semble penser que le fait d’être perçu comme tenant tête à Biden l’aidera à se redresser, à domicile.

« Si Netanyahu choisit maintenant d’intensifier les différends, il n’y a probablement pas de meilleur moyen pour lui de le faire que de rejeter les prétendus efforts internationaux visant à contraindre Israël à ne pas détruire les capacités militaires du Hamas, ce qui est clairement un objectif largement soutenu par une grande partie de l’opinion publique israélienne, toutes tendances politiques confondues », a analysé Hannah.

Ce que cela implique

Quelle que soit l’origine de la détérioration des relations, le fait qu’il y ait eu un assombrissement indéniable entre les deux camps au cours d’une guerre complexe ne facilite pas l’atteinte des objectifs d’Israël.

« Ce type de désaccord public durable peut avoir de réelles conséquences politiques, surtout en pleine guerre », a déclaré Hannah.

Ces dernières semaines, le Hamas a campé sur ses positions concernant la libération des otages, ce que les responsables israéliens ont imputé au refus des États-Unis d’exercer leur droit de veto au sein du Conseil de sécurité et à d’autres signes d’un soutien peu convaincant.

Des manifestants bloquant l’autoroute Ayalon lors d’une manifestation appelant à la libération des otages israéliens détenus dans la bande de Gaza, à Tel Aviv, le 26 mars 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Yahya Sinwar, le chef du Hamas, qui se terre probablement dans un tunnel quelque part dans le sud de Gaza, sait qu’il a résisté au pire de la campagne militaire israélienne. Chaque semaine qui passe, une opération majeure de Tsahal à Rafah devient plus problématique pour Israël, et les appels internationaux à un cessez-le-feu sans pour autant une libération d’otages se multiplient.

« Le conflit de personnalités auquel nous avons assisté entre l’administration Biden et l’administration Netanyahu dessert les deux pays », a déclaré Ritchie Torres, membre du Congrès de l’État de New York, au Times of Israel.

« Il est sain d’avoir des désaccords passionnés, mais ces désaccords doivent être exprimés à huis clos. Lorsque nous laissons ces désaccords s’exprimer sur la place publique, cela crée un sentiment exagéré de tension dans la relation qui fait le jeu de nos ennemis ».

Les alliés européens d’Israël s’inspirent également des États-Unis, en imposant leurs propres sanctions aux résidents d’implantations et en appelant à un cessez-le-feu permanent. L’Espagne est à la tête d’un groupe de pays européens qui envisagent sérieusement de reconnaître unilatéralement un État palestinien.

« Il ne fait aucun doute que cela donne au Hamas et à l’ensemble de l’axe iranien des raisons de croire que leur stratégie consistant à rejeter un accord sur les otages, à poursuivre la guerre, à sacrifier davantage de vies palestiniennes et à déclencher une crise humanitaire n’aboutira pas à une défaite écrasante sur le champ de bataille, mais à une victoire historique qui rompra les relations d’Israël avec son allié le plus puissant et affaiblira fondamentalement l’État juif », a déploré Oren.

Rectifier le tir

La division entre les alliés constitue un problème stratégique pour Israël, mais Netanyahu peut prendre des mesures pour arranger les choses.

Outre son appel avec Biden vendredi, il a approuvé pour lundi une discussion par vidéoconférence pour permettre à Dermer et Hanegbi d’entendre les idées américaines sur Rafah. Une réunion en présentiel aura aussi probablement lieu à Washington la semaine prochaine.

Netanyahu pourrait également demander à rencontrer Biden s’il est invité par le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, à s’adresser au Congrès, comme le Parti républicain s’y est engagé. En ne rencontrant pas Biden et les représentants de la Maison Blanche, le voyage serait perçu comme une intervention partisane en période électorale, ce qui ne ferait qu’aggraver la situation.

Israël pourrait également présenter avec transparence son scénario du jour d’après et soutenir de tout son poids l’effort humanitaire à Gaza, a déclaré Oren.

Des gens se rassemblent autour de la carcasse d’une voiture utilisée par le groupe d’aide américain World Central Kitchen, qui a été touchée par une frappe israélienne la veille à Deir al-Balah dans le centre de la bande de Gaza, le 2 avril 2024. (Crédit : AFP)

« Il ne faut pas que cela soit perçu comme étant à contrecœur et dénué d’enthousiasme », a-t-il déclaré. « Il faut qu’un général en soit chargé, il faut que ce soit un effort national. Et encore, c’est trop tard, car on aura l’impression que l’Amérique a dû pousser Israël, mais c’est mieux que rien. »

Des sources israéliennes ont déclaré au Times of Israel que Netanyahu n’était pas satisfait du rythme de l’aide apportée à Gaza et qu’il envisageait de nommer un responsable qui sera chargé d’inonder la bande de Gaza en nourriture et en médicaments, comme le demande Biden – une demande répétée lors de l’appel entre les deux dirigeants jeudi.

Cette question est d’autant plus pressante depuis la frappe sur le convoi de World Central Kitchen le 1er avril, qui a coûté la vie à sept travailleurs humanitaires. Israël a désormais moins de partenaires sur lesquels il peut compter pour distribuer de la nourriture dans la bande de Gaza, et la Maison Blanche risque d’avoir beaucoup moins de patience si la situation ne s’améliore pas sensiblement.

Mais même un effort concerté de la part de Netanyahu pour remettre les relations sur les rails pourrait ne pas suffire, compte tenu du contexte.

« Ce n’est pas la relation qui est à l’origine du problème », a déclaré Pletka. « C’est la politique américaine. Biden sera donc contraint, par sa propre logique, d’augmenter à nouveau la pression. »

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