Le Hamas aurait payé la famille du bébé pour dire qu’il a été tué par l’armée
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Le Hamas aurait payé la famille du bébé pour dire qu’il a été tué par l’armée

Mahmoud Omar, accusé de terrorisme, a déclaré aux enquêteurs que sa cousine Layla al-Ghandour avait une maladie du sang héréditaire

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

La mère de Leila Ghandour, un bébé palestinien de 8 mois qui, selon le ministère de la Santé de Gaza, est mort par inhalation de gaz lacrymogène lors des affrontements dans l'est de Gaza le 14 mai 2018, la porte à la morgue de l'hôpital al-Shifa dans la ville de Gaza le 15 mai 2018. Le 16 mai, le ministère a déclaré que la cause du décès n'avait pas été définitivement établie. (AFP/Thomas Coex)
La mère de Leila Ghandour, un bébé palestinien de 8 mois qui, selon le ministère de la Santé de Gaza, est mort par inhalation de gaz lacrymogène lors des affrontements dans l'est de Gaza le 14 mai 2018, la porte à la morgue de l'hôpital al-Shifa dans la ville de Gaza le 15 mai 2018. Le 16 mai, le ministère a déclaré que la cause du décès n'avait pas été définitivement établie. (AFP/Thomas Coex)

Un Palestinien de 20 ans, accusé jeudi de crime liés au terrorisme, a confié aux enquêteurs israéliens durant son interrogatoire que le chef du Hamas Yahya Sinwar avait payé ses proches pour dire aux médias que sa cousine était décédée des suites d’une inhalation de gaz lacrymogène.

Le 28 mai, l’armée israélienne a arrêté Mahmoud Omar, ainsi qu’un autre membre de la branche armée du Fatah, la Brigade des martyrs d’al-Aqsa, après qu’ils ont tenté de s’infiltrer en Israël et d’incendier un poste de l’armée israélienne, selon l’acte d’accusation du procureur du district du Sud.

Omar faisait le guet pendant que deux autres membres de sa bande coupaient la barrière et la franchissaient pour entrer en Israël. Le groupe n’a pas été en mesure de mener son attaque à son terme, parce que l’armée israélienne a ouvert le feu. Les forces israéliennes ont capturé Omar et un complice, et le troisième assaillant a réussi à fuir, selon l’acte d’accusation.

Les soldats de l’armée avaient trouvé des pinces coupantes et une bouteille de carburant, ainsi qu’une caméra sur les lieux.

Durant son interrogatoire, Omar a raconté aux enquêteurs les détails de son attaque ainsi que son implication dans différentes activités de terrorisme.

Photo de Layla Ghandour postée par le porte-parole du ministère de la Santé de Gaza le 15 mai 2018. (Facebook)

Le suspect a également révélé qu’il était en famille avec Layla Ghandhour, le bébé de 9 mois, dont la mort, le 14 mai, avait été attribuée à l’inhalation de gaz lacrymogène lancé par les forces israéliennes en direction des émeutiers à la frontière avec Gaza.

Selon l’acte d’accusation, Omar a déclaré aux autorités que deux semaines avant son arrestation, il faisait partie des 40 000 émeutiers gazaouis qui se sont réunis à la frontière, quand sa mère l’a appelée pour lui annoncer que sa cousine était décédée.

Peu après son arrivée à la maison, le suspect a entendu que Layla était décédée d’une pathologie du sang, comme celle qui avait couté la vie à son frère, décédé de la même maladie, au même âge en 2017.

Cependant, Omar a déclaré aux autorités que le chef du Hamas Yahya Sinwar a versé aux parents de Layla, Miriam et Anwar Ghandour, la somme de 8 000 shekels, pour qu’ils racontent aux médias que leur bébé était mort après avoir inhalé du gaz lacrymogène aux émeutes de Gaza.

Parmi les accusations portées contre Omar par le bureau du procureur du district du sud, figurent les chefs d’accusations suivants : appartenance à une organisation terroriste, entraînement militaire à des fins terroristes, participation à une émeute, tentative d’incendie et dommages à des biens de l’armées israélienne.

L’acte d’accusation spécifie qu’Omar avait reçu la promesse d’une aide financière en échange de sa participation aux moudjahidines, une branche de la Brigade des martyrs d’al-Aqsa, qu’Israël et les États-Unis ont classée comme une organisation terroriste.

Le suspect aurait été actif dans cette branche au fil de l’année 2017, et avait été chargé de monter la garde. Il avait reçu l’instruction d’ouvrir le feu sur l’armée israélienne s’ils s’approchaient de la frontière.

L’accusation a ajouté qu’elle demandera, durant une audience jeudi, que la détention d’Omar soit prolongée jusqu’à la fin des procédures légales.

L’acte d’accusation de jeudi a été déposé moins d’un mois après que le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a annoncé que les circonstances autour de la mort de la Layla faisaient l’objet d’une enquête. Les responsables médicaux à Gaza avaient jeté le doute sur les causes de sa mort.

Layla al-Ghandour faisait initialement partie des 60 Palestiniens tués le 14 mai, lors de la journée d’émeute la plus violente. La mort du bébé avait suscité des condamnations de la violence d’Israël, bien que le ministère de la Santé eut indiqué que l’enfant pourrait ne pas avoir été tuée par l’inhalation de gaz lacrymogène, mais parce qu’elle souffrait d’une cardiomyopathie.

Les informations selon lesquelles elle serait morte à cause des gaz lacrymogènes tirés par les soldats israéliens lors des manifestations de masse à la frontière de Gaza avec Israël ont occupé une place importante dans la couverture médiatique mondiale de la violence pendant une grande partie de la journée de mardi. Ses funérailles ont été filmées et ont fait la une des journaux télévisés et des journaux.

Le ministère de la Santé avait ensuite retiré Layla du bilan des morts des émeutes du 14 et 15 mai, le temps que les autorités prennent connaissance des conclusions du médecin légiste.

Le ministre de la Justice de Gaza, qui contrôle le département de la médecine légale, a dit avoir mis fin à l’enquête et avoir confié l’affaire au procureur général de Gaza.

Les deux instances ont refusé de s’exprimer sur cette affaire.

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