Le Pape François s’exprime à l’occasion de la Journée du souvenir
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Le Pape François s’exprime à l’occasion de la Journée du souvenir

Pour le Pape, se souvenir de la Shoah "est une condition pour un avenir meilleur de paix et de fraternité"

Le pape François à l’entrée principale de l’ancien camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau, qui porte les mots "Arbeit macht frei" ("le travail rend libre"), à Oswiecim, en Pologne, le 29 juillet 2016. (Crédit : Filippo Monteforte/AFP)
Le pape François à l’entrée principale de l’ancien camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau, qui porte les mots "Arbeit macht frei" ("le travail rend libre"), à Oswiecim, en Pologne, le 29 juillet 2016. (Crédit : Filippo Monteforte/AFP)

Ce 27 janvier, à la fin de l’audience générale de son gouvernorat, le Pape François a eu une pensée pour les victimes de la Shoah à l’occasion de la Journée internationale de commémoration.

« Aujourd’hui, jour anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz, nous célébrons la Journée du souvenir. Nous commémorons les victimes de la Shoah et tous ceux qui ont été persécutés et déportés par le régime nazi. Se souvenir est une expression de l’humanité, se souvenir est un signe de civilisation, se souvenir est une condition pour un avenir meilleur de paix et de fraternité », a-t-il déclaré.

« Se souvenir, c’est aussi être prudent car ces choses peuvent se reproduire, à commencer par des propositions idéologiques qui veulent sauver un peuple et finissent par détruire un peuple et l’humanité. Faites attention à la façon dont ce chemin de la mort, de l’extermination et de la brutalité a commencé », a-t-il averti.

Ce mercredi, le site Vatican news a publié d’anciennes déclarations des Papes Jean-Paul II, Benoît XVI et François à la mémoire des victimes de la Shoah.

Le pape François se dirige vers l’entrée de l’ancien camp nazi, Auschwitz-Birkenau à Oswiecim, en Pologne, le 29 juillet 2016. (Crédit : AFP/Filippo Monteforte)

L’an dernier, des chercheurs allemands qui se sont penchés sur les archives du Vatican ont trouvé une lettre indiquant que le pape Pie XII était au courant du massacre des Juifs à Varsovie et à Lviv, mais qu’il l’a nié aux Américains.

Certains groupes et historiens juifs ont déclaré que Pie XII, qui fut pape de 1939 à 1958, est resté silencieux pendant la Shoah et n’a pas fait assez pour sauver des vies. Ses défenseurs au Vatican et au-delà disent qu’il a exercé une diplomatie discrète et qu’il a encouragé les couvents et autres instituts religieux à cacher des Juifs.

Le 24 décembre 1942, Pie XII avait délivré l’un des messages radio de Noël les plus controversés de l’histoire. Dans son long texte, on trouvait une référence aux « centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part et parfois pour la seule raison de leur nationalité ou de leur race, sont condamnées à la mort ou à une extermination progressive ».

Ceux qui prennent la défense du pape notent que Pie XII était un ancien diplomate formé à la prudence, soucieux de rester neutre en temps de guerre et soucieux de pouvoir protéger les catholiques de la dévastation qui se déroulait.

Il ne pouvait pas être plus explicite, disent les partisans de Pie XII. Les historiens estiment que l’Église a caché environ 4 000 Juifs dans ses institutions romaines pendant la guerre.

Des groupes juifs et des historiens ont soutenu pendant des années que le Vatican ne devait pas faire avancer la procédure de béatification de Pie XII avant l’ouverture des archives complètes du Vatican. Ils ont également demandé que toute béatification soit reportée jusqu’à ce que la génération des survivants de la Shoah soit décédée.

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