Le Premier ministre irakien accuse Israël pour une série de frappes aériennes
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Le Premier ministre irakien accuse Israël pour une série de frappes aériennes

Adel Abdul Mahdi a déclaré qu'une enquête avait établi que Jérusalem était derrière les récentes frappes aériennes sur les bases d'une puissante milice chiite

De la fumée s'élève après une explosion sur une base militaire au sud-ouest de Bagdad, en Irak, le 12 août 2019. (Crédit : AP Photo/Loay Hameed)
De la fumée s'élève après une explosion sur une base militaire au sud-ouest de Bagdad, en Irak, le 12 août 2019. (Crédit : AP Photo/Loay Hameed)

Lundi, le Premier ministre irakien Adel Abdul Mahdi a déclaré que des enquêtes avaient déterminé que la récente série de frappes aériennes ayant ciblé de puissantes milices soutenues par l’Iran avaient été menées par Israël.

« Les enquêtes sur le bombardement de certaines positions des Forces de mobilisation populaire indiquent qu’Israël a mené ses frappes aériennes », a déclaré Abdul Mahdi à Al Jazeera. Il s’agissait de la première accusation directe de la part de Bagdad à l’égard de l’Etat juif pour les récentes frappes.

La chaîne de télévision financée par le Qatar l’a également cité comme ayant déclaré que « de nombreux indicateurs montrent que personne ne veut une guerre dans la région, à part Israël », selon une traduction par l’agence de presse Reuters.

Un porte-parole de l’armée israélienne a refusé de commenter les déclarations du Premier ministre irakien, notant que « ce sont des informations de médias étrangers et nous ne les commentons pas ».

Le Premier ministre irakien Adel Abdul-Mahdi s’exprime aux médias lors d’une conférence de presse à l’occasion d’une visite à Ankara, en Turquie, le 15 mai 2019. (Burhan Ozbilici/AP)

Depuis juillet, au moins neuf frappes ont touché l’Irak et la Syrie. Ces frappes aériennes ont ciblé des milices soutenues par l’Iran, connues sous le nom de Forces de mobilisation populaire, ou PMF.

Les responsables de ce puissant groupe paramilitaire chiite ont accusé à plusieurs reprises Israël et, par extension, son allié américain, qui maintient plus de 5 000 soldats en Irak.

Israël n’a pas confirmé son implication dans les attaques, même si le Premier ministre Benjamin Netanyahu a laissé entendre qu’il n’était pas exclus de frapper en Irak.

Israël considère l’Iran comme son plus grand ennemi, et a reconnu avoir mené des dizaines de frappes aériennes en Syrie ces dernières années afin d’empêcher le transfert d’armes sophistiquées, y compris des missiles guidés, au groupe terroriste libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran.

Cette guerre masquée se serait étendue à l’Irak ces dernières semaines, alors que des officiels américains anonymes ont déclaré que l’armée israélienne était derrière certaines frappes en lien avec des sites iraniens en Irak.

Des membres des Unités de mobilisation populaire se tiennent à côté d’un camion en feu après une attaque de drone imputée à Israël, à proximité du point de passage Qaim, dans la province d’Anbar, en Iraq, le 25 août 2019. (AP Photo)

La dernière frappe sur des milices iraniennes s’est produite vendredi soir, quand un drone aurait frappé des bases des PMF le long de la frontière irako-syrienne. Les combattants chiites dans le région de Boukamal ont riposté avec des tirs anti-aériens, selon des médias locaux. Il n’y aurait pas eu de victimes.

La chaîne de télévision Al Arabiya, possédée par l’Arabie saoudite, a rapporté que le Hezbollah maintenait une présence dans la région de Boukamal.

Malgré la frappe de ce weekend, un point de passage frontalier entre la Syrie et l’Irak, fermé depuis 2012 à cause de la guerre civile syrienne, a réouvert lundi. Il donnera ainsi un accès facilité aux forces iraniennes vers l’est de la Syrie, alors que les tensions montent avec l’Occident.

Le point de passage clef entre la ville irakienne de Qaim et la ville syrienne de Boukamal devrait permettre de renforcer les échanges commerciaux entre les deux pays. Des officiels ont vanté la réouverture comme une « victoire pour l’amitié syrienne et irakienne ».

Des gardes frontière syriens et irakiens se congratulent lors de la cérémonie d’ouverture de la frontière entre la ville irakienne de Qaim et la ville syrienne de Boukamal dans la province d’Anbar, en Irak, le 30 septembre 2019. (AP Photo/Hadi Mizban)

800 camions de transport doivent entrer en Syrie, a annoncé l’agence de presse étatique de Syrie.

La Syrie et l’Irak ont trois points de passage clefs entre eux, avec Boukamal, le seul contrôlé par le gouvernement d’Assad. Le deuxième est contrôlé par des combattants kurdes, soutenus par les Etats-Unis, connus sous le nom de Forces démocratiques syriennes, alors que le troisième point de passage, à proximité de Tanf, est contrôlé par des rebelles syriens appuyés par les Etats-Unis.

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