Les ados étaient à « 300 mètres » d’un lieu sûr, dit un secouriste à Nahal Tzafit
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Tragédie de Nahal Tzafit

Les ados étaient à « 300 mètres » d’un lieu sûr, dit un secouriste à Nahal Tzafit

"Cinq minutes plus tard, les jeunes emportés dans le déluge seraient sortis du ravin, a expliqué un pompier. "Ceux qui ont survécu ont été touchés par la main de Dieu"

Les gens allument des bougies en mémoire des 10 adolescents israéliens morts lors d'une crue subite survenue dans un lit de rivière dans la région de la mer Morte, sur la place Rabin de Tel Aviv, le 28 avril 2018 (Crédit :Tomer Neuberg/Flash90)
Les gens allument des bougies en mémoire des 10 adolescents israéliens morts lors d'une crue subite survenue dans un lit de rivière dans la région de la mer Morte, sur la place Rabin de Tel Aviv, le 28 avril 2018 (Crédit :Tomer Neuberg/Flash90)

Un secouriste a indiqué dimanche que les 10 jeunes israéliens décédés lors d’une crue subite alors qu’ils faisaient une randonnée dans le désert de Judée, jeudi, se trouvaient à environ 300 à 400 mètres de la fin de leur périple, et que si la vague puissante avait déferlé cinq minutes plus tard, ils auraient été sains et saufs.

Les 10 victimes faisaient partie d’un groupe de 25 lycéens qui participaient à une excursion organisée par l’académie prémilitaire Bnei Zion de Tel Aviv dont ils devaient suivre le programme l’année prochaine. Leur mort, jeudi, dans un contexte de mises en garde contre des pluies torrentielles et des inondations du lit de la rivière Tzafit qu’ils arpentaient a créé une onde de choc dans tout le pays.

« Ils étaient, selon mes estimations, à 300 – 400 mètres de la fin de leur randonnée », a commenté Dotan Sherf, pompier et expert en sauvetage qui, dans le passé, était instructeur de rafting, au micro de la radio militaire. « Cela signifie qu’ils auraient marché dans cette gorge encore 5 à 10 minutes, ils auraient été dehors. Ils étaient à cinq minutes de la fin de l’excursion ».

Toutefois, à l’endroit où ils se trouvaient très précisément, « personne n’aurait dû survivre », a-t-il continué. « De par mon expérience, c’est très dur d’échapper à une crue soudaine. Je peux affirmer que tous ceux qui ont survécu ont été touchés par la main de Dieu ».

Sherf, l’un des premiers arrivés sur les lieux de la tragédie, a indiqué qu’il se trouvait à dix minutes de là lorsqu’il a été alerté sur l’incident. Il a déclaré que les « horreurs » découvertes lorsqu’il s’est trouvé sur place ont égalé tout ce qu’il avait pu voir en 20 ans de carrière de pompier.

« Quand on est arrivés, des corps avaient déjà été sortis du courant et ceux qui ont survécu étaient en amont », a-t-il raconté, saluant l’unité militaire de secours 669 pour son action rapide mais déplorant également que des adolescents soient « morts sans nécessité ».

Sherf a expliqué que les victimes avaient été prises dans un « entonnoir étroit » du cours d’eau, où l’eau qui s’engouffrait depuis un passage plus large devenait plus profonde et les avait emportés. « Ce n’est pas seulement l’eau, ce sont également la boue et les blocs de pierre », a-t-il ajouté, expliquant pourquoi il aurait été difficile de survivre.

Montage photo des 9 des 10 victimes d’une inondation soudaine dans le sud d’Israël le 27 avril 2018 : Ilan Bar Shalom (en haut à gauche), Shani Shamir (en haut, au centre), Agam Levy (en haut à droite), Romi Cohen ( milieu, gauche), Tzur Alfi (milieu, centre), Ella Or (milieu, droite), Gali Balali (bas, gauche), Maayan Barhum (bas, centre), Yael Sadan (bas, droite) (Crédit : Autorisation Facebook)

Concernant la décision de maintenir l’excursion malgré les mises en garde de crues, Sherf a indiqué que même si le temps, dans la ville voisine d’Arad, avait été orageux ce jour-là, lorsqu’il était arrivé dans le secteur de la mer Morte, il faisait chaud et il y avait du soleil.

Ce qui « peut les avoir amenés à penser, à tort, qu’ils étaient en sécurité », a-t-il ajouté, disant que les eaux de pluie d’Arad avaient afflué dans la rivière Tzafit.

Sept inhumations – celles d’Ella Or, de Maayan Barhoum, de Yael Sadan, d’Ilan Bar Shalom, d’Agam Levy, de Shani Shamir et de Tzur Alfi — ont eu lieu vendredi en présence de milliers de personnes. Les enterrements de Romi Cohen, Gali Balali, et Adi Raanan ont lieu dimanche.

Des milliers de personnes se sont réunies samedi soir à Tel Aviv pour une veillée en mémoire des victimes.

Des adolescents israéliens allument des bougies sur la place Rabin de Tel Aviv le 28 avril 2018 en mémoire des 10 victimes tuées par des inondations soudaines alors qu’elles randonnaient dans le désert de Judée (Crédit : Harel Bartuv)

Les personnes présentes ont convergé sur la place Rabin, venues de tout le pays, pour allumer des bougies et chanter des chants sombres en mémoire des défunts.

Des adolescents israéliens allument des bougies sur la place Rabin de Tel Aviv le 28 avril 2018 en mémoire des 10 victimes tuées par des inondations soudaines alors qu’elles randonnaient dans le désert de Judée (Crédit : Harel Bartuv)

Des veillées similaires en mémoire des victimes ont été organisées sur la place Zion de Jérusalem ainsi que dans la ville de Mazkeret Batya, dans le centre du pays, où résidait d’un des jeunes décédés lors de la tragédie, Tzur Alfi. Les deux événements ont attiré des centaines de jeunes israéliens.

La police israélienne enquête sur d’éventuels mensonges des organisateurs de la randonnée sur la sécurité de cet itinéraire dans le désert qu’ils devaient emprunter, ainsi que sur leur coordination – ou l’absence de coordination -avec les autorités concernées.

Le chef de l’académie prémilitaire et un instructeur ont été arrêtés vendredi, soupçonnés d’homicide par négligence en ignorant les mises en garde contre des crues subites. Ils se trouvent encore en détention dimanche après-midi.

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