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Les groupes juifs US fustigent l’UPenn qui accueille des activistes anti-israéliens

Roger Waters et des intervenants ayant appelé à la destruction d'Israël ou qui ont comparé le pays à l'Allemagne nazie viendront notamment au festival Palestine Writes Literature

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Illustration : Activistes pro-palestiniens et anti-israéliens à New York, 30 mars 2022. (Crédit : Luke Tress/Flash90)
Illustration : Activistes pro-palestiniens et anti-israéliens à New York, 30 mars 2022. (Crédit : Luke Tress/Flash90)

Les groupes juifs s’en sont pris à l’université de Pennsylvanie qui va accueillir un festival qui, pendant les Grandes fêtes, donnera la parole à des intervenants qui, dans le passé, ont critiqué avec force Israël, s’attirant des accusations d’antisémitisme.

Le festival Palestine Writes Literature aura lieu sur le campus de l’université. Il commencera le 22 septembre et il s’achèvera deux jours après, à la veille de Yom Kippour. Il est parrainé et accueilli par le Wolf Humanities Center de l’université de Pennsylvanie.

Le festival dit « être consacré à la célébration et à la promotion des productions culturelles des auteurs et artistes palestiniens ».

Parmi les intervenants principaux, le co-fondateur des Pink Floyd Roger Waters, activiste propalestinien reconnu qui a été accusé d’antisémitisme de manière répétée.

Le commentateur Marc Lamont Hill, un autre participant, avait été renvoyé de CNN en 2018 pour avoir utilisé l’expression « du fleuve jusqu’à la mer », l’appel utilisé par le groupe terroriste du Hamas pour prôner la destruction d’Israël.

Noura Erakat, professeure à l’université Rutgers qui s’oppose à l’existence d’Israël et qui a comparé sionisme et nazisme, sera elle aussi présente. Parmi les autres intervenantes, l’autrice Randa Abdel-Fattah, qui avait estimé qu’Israël était « un projet démoniaque, dément » et qui soutient sa destruction ; la romancière Wisam Rafeedie qui, au début de l’année, avait salué le massacre commis en 1972 à l’aéroport de Lod, qui avait fait 26 morts ou Susan Abulhawa, qui avait qualifié Israël « d’État nazi » qui, « un jour ou l’autre, sera démoli. »

Parmi les parrains du festival, le groupe Al-Awda, dont le siège est à New York, qui appelle à la destruction d’Israël, qui a exprimé son soutien aux terroristes, qui a qualifié l’État juif d’entité « coloniale génocidaire » et qui réclame l’expulsion des « sionistes » des établissements d’enseignement supérieur à New York.

L’université de Pennsylvanie à Philadelphie, le 15 mai 2019. (Crédit : AP/Matt Rourke)

Le chef de l’ADL, Jonathan Greenblatt, a critiqué l’UPenn pour l’accueil de ce festival, jeudi dernier.

« A une période où l’antisémitisme a indéniablement atteint un niveau historique, il est sidérant de penser que l’UPenn accueille ce rassemblement d’activistes anti-israéliens et antisémites, dont certains ont de lourds antécédents en ce qui concerne des propos et des commentaires anti-juifs », a dit Greenblatt dans une déclaration.

Le représentant démocrate du New Jersey Josh Gottheimer, qui siège à la Chambre et qui est lui-même un ancien élève de l’université, a transmis un courrier à cette dernière, dénonçant l’événement.

« Si l’objectif poursuivi par l’université est de promouvoir la compréhension mutuelle et de rassembler les étudiants alors il faut qu’elle sache qu’elle échouera tant que les antisémites et que ceux qui appellent à la destruction d’Israël bénéficieront d’une plateforme pour répandre la haine », a indiqué le courrier.

L’envoyée israélienne chargée de lutter contre l’antisémitisme, Michal Cotler-Wunsh, a estimé que l’événement encouragera « la haine antijuive avide ».

Les groupes Jewish on Campus, StopAntisemitism et End Jew Hatred ont également déploré la tenue du festival.

L’UPenn a cherché à prendre ses distances face à l’événement, notant dans un communiqué que ce dernier « n’a pas été organisé par l’université ».

« Nous condamnons sans équivoque – et avec force – l’antisémitisme, qui est à l’opposé de nos valeurs institutionnelles », a déclaré un communiqué émis par le président de l’université, par le recteur et par le doyen de la faculté des arts et des sciences.

Roger Waters lors d’un concert au United Center de Chicago, le 26 juillet 2022. (Crédit : Rob Grabowski/Invision/AP)

Waters a été à maintes reprises accusé d’antisémitisme par les groupes juifs et par les autorités aux États-Unis, en Europe et en Israël.

Il a fait voler, lors de ses concerts, un cochon gonflable flanqué d’une étoile de David ; il s’en est vivement pris aux chanteurs qui se rendaient dans l’État juif dans le cadre de leurs tournées ; il a accusé le « lobby juif » d’avoir la mainmise sur toute l’industrie musicale ; il a comparé Israël à l’Allemagne nazie et il est apparu, sur scène, dans un costume ressemblant à l’uniforme nazi.

Le Département d’État américain a accusé Waters, au mois de juin, de « distorsion de la Shoah » et « de lourds antécédents s’agissant de l’utilisation de tropes antisémites ». L’Anti-Defamation League (ADL) a aussi indiqué que Waters utilisait une rhétorique antisémite.

Hill, un soutien du mouvement BDS, a déploré « la perte d’influence politique » du Hamas qui est, selon lui, entraînée par le système de défense antimissile israélien du Dôme de fer. Il a salué les terroristes palestiniens ; laissé entendre que les médias mainstream étaient « des organisations sionistes », attribué la responsabilité de toutes les violences à Gaza à Israël et défendu ses liens avec Louis Farrakhan, le leader du groupe antisémite Nation of Islam.

Le recrutement de Hill, le mois dernier, au sein de l’Université de la ville de New York, à un moment où elle doit faire face à des accusations d’antisémitisme croissant sur ses campus, a été fortement critiqué par les groupes juifs et par leurs soutiens.

L’ADL avait noté dans un rapport, l’année dernière, que les activités anti-israéliennes dans les universités américaines avaient presque été multipliées par deux – avec 665 incidents – au cours de l’année universitaire 2022-2023, avec de nombreux exemples de condamnations d’Israël ou d’étudiants harcelés parce qu’ils soutenaient l’État juif.

L’UPenn est une université privée de l’Ivy League à Philadelphie, qui compte environ 23 000 étudiants.

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