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Les partenaires du sommet du Neguev se réuniront à Bahreïn

La première rencontre du comité directeur cherche à officialiser les engagements pris lors de la rencontre sans précédent du mois de mars entre l'État juif et ses partenaires

Le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif al-Zayani, salue les photographes suite au sommet du Negev organisé au Kibbutz Sde Boker, dans le sud d'Israël, le 28 mars 2022. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)
Le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif al-Zayani, salue les photographes suite au sommet du Negev organisé au Kibbutz Sde Boker, dans le sud d'Israël, le 28 mars 2022. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)

Des diplomates des Etats-Unis, d’Israël et de quatre pays arabes se réuniront lundi à Manama, à Bahreïn, trois mois après une rencontre historique sur le sol israélien visant à renforcer leur coopération, ont indiqué dimanche des responsables israéliens.

Des officiels des Emirats arabes unis, de Bahreïn et du Maroc, qui ont normalisé leurs relations avec l’Etat juif en 2020, et de l’Egypte, premier pays arabe à avoir signé un traité de paix avec Israël en 1979, prendront part aux discussions qui se tiendront dans la capitale Manama.

Les accords de paix signés en 2020 et négociés par les États-Unis, appelés les Accords d’Abraham, ont rompu avec des décennies de consensus arabe conditionnant l’établissement de relations avec Israël avec la résolution de la question palestinienne.

Washington dit souhaiter que les quatre pays réunis à Sde Boker se réunissent annuellement, et qu’ils soient rejoints par des représentants de l’Autorité palestinienne et de la Jordanie, liée à Israël par un traité de paix depuis 1994.

Israël sera représenté à Manama par le directeur-général du ministère des Affaires étrangères Alon Ushpiz, qui a décollé dimanche de l’aéroport Ben Gurion, a annoncé le ministère.

C’est la secrétaire d’État adjoint aux Affaires du Proche-Orient qui a pris la tête de la délégation américaine.

A la fin du mois de mars, l’État juif avait accueilli un sommet sans précédent de responsables de la région dans la ville de Sde Boker, dans le Neguev. Les officiels avaient alors annoncé que ce rassemblement serait la toute première édition d’un forum régional appelé à devenir permanent.

Joseph, qui est à la tête du département Moyen-Orient du ministère, a indiqué que la rencontre de Manama avait été organisée de façon à légèrement précéder la visite de Joe Biden en Israël et sur les territoires de l’Autorité palestinienne.

Le président américain sera dans la région du 13 au 16 juillet. Ce sera son premier déplacement au Moyen-Orient en tant que président des Etats-Unis. Il a également prévu de participer à un sommet du Conseil de coopération du Golfe – forum diplomatique réunissant plusieurs pays arabes de la région – en Arabie saoudite.

Le ministre Bahreïni des Affaires étrangères Abdullatif bin Rashid al-Zayani, le conseiller israélien à la sécurité nationale Meir Ben Shabbat, le directeur-général du ministère israélien des Affaires étrangères Alon Ushpiz et d’autres officiels bahreïnis et israélien lors de la signature d’un accord de paix entre Israël et Bahreïn à Manama, au Bahreïn, le 18 octobre 2020. (Crédit : Matty Stern/Ambassade américaine de Jérusalem)

« Nous considérons que cette rencontre à Bahreïn a le potentiel nécessaire pour formuler un cadre régional de manière un peu anticipée », a-t-il commenté. « La présence de la délégation américaine sera très importante, ainsi que l’arrivée du président Biden dans la région – avec sa visite en Israël spécifiquement qui, de notre point de vue, sera une étape importante dans le processus qui a pris forme au niveau régional dans la région depuis un an et demi ».

Une haute-responsable américaine qui évoquait le déplacement de Biden avait laissé entendre, la semaine dernière, qu’un plus grand nombre de nations arabes chercheraient à prendre des initiatives permettant d’améliorer les liens avec Israël.

« Nous travaillons, dans un espace qui n’est pas celui du domaine public, avec deux autres pays. Et je pense que vous assisterez à des choses intéressantes au moment de la visite du président », avait déclaré Barbara Leaf, vice-secrétaire d’État aux Affaires du Proche-Orient, devant une sous-commission du congrès américain.

L’un des sujets qui sera à l’ordre du jour à Manama, lundi, sera celui de la sécurité régionale, a indiqué Joseph. « Un grand nombre de choses qui ont été faites – notamment pendant ces années où nous n’entretenions pas de relations diplomatiques et où les choses se faisaient à l’abri des regards – l’ont été de façon bilatérale. Ce que nous nous efforçons de faire maintenant, avec ce sommet du Neguev, c’est de tenter de créer une réalité nouvelle où des activités multilatérales seront entreprises dans le secteur de la sécurité ».

Un proche du ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, avait expliqué pendant le sommet du mois de mars que Lapid et ses homologues discutaient de « l’avancée d’un cadre régional en ce qui concerne la sécurité ». Un cadre qui s’attaquera aux menaces « aériennes, maritimes et à la piraterie », avait-il ajouté.

Un reportage qui a été publié dimanche par le Wall Street Journal a indiqué qu’une coopération dans le domaine de la défense pourrait bien déjà être en cours, entrant dans le détail d’une rencontre chapeautée par les États-Unis qui a réuni, au mois de mars, les chefs de la Défense d’Israël, d’Arabie saoudite, du Qatar, de la Jordanie, de l’Égypte et des Émirats arabes unis, et qui a été consacrée à la coopération contre l’Iran.

La semaine dernière, pendant une session d’information qui a eu lieu devant les députés de la Commission de la Défense et des Affaires étrangères de la Knesset, le ministre de la Défense, Benny Gantz, a indiqué que l’État juif et ses alliés régionaux – sous la direction des Américains – étaient en train de développer un pacte de défense conjoint pour contrer la menace des drones et des missiles de la République islamique et de ses groupes mandataires régionaux.

Des pompiers tentent d’éteindre un incendie dans un terminal d’Aramco dans la ville frontalière du sud de l’Arabie saoudite Jizan, le 20 mars 2022. (Crédit : Agence de presse saoudienne via l’AP)

A Manama, les pays vont décider comment fonctionneront les six groupes de travail établis pendant le sommet – sécurité régionale, sécurité alimentaire et de l’eau, énergie, santé, éducation et tolérance, ainsi que le tourisme – et ils ont l’intention de présenter un protocole d’accord qui détaillera les avancées réalisées dans la journée de lundi.

Chacun des six pays du Sommet du Neguev dirigera l’un des groupes de travail. Ces derniers se réuniront deux à trois fois par an.

« Ces groupes deviendront des cadres permanents de coopération entre nous et les pays de la région », a dit Joseph.

Le comité directeur en lui-même a pour mission d’orienter les groupes de travail et de suivre les ouvrages en cours, et il doit aussi établir l’ordre du jour du sommet annuel réunissant les six ministres des Affaires étrangères.

La Jordanie, qui avait refusé une invitation au Sommet du Neguev, n’a pas été invitée à Manama mais elle le sera lors du sommet de l’année prochaine, a précisé Joseph.

Les Saoudiens seront aussi absents. « Je suppose que les Saoudiens suivent tout cela de très près », a noté Joseph.

« Une grande partie du travail qui sera abattu dans les groupes est très, très important pour les Palestiniens », a-t-il ajouté, même si ces derniers n’ont pas été invités.

Joseph a également fait remarquer que de nombreux pays du monde étaient intéressés par une participation aux initiatives prises dans le cadre du sommet du Neguev. Il a souligné que l’Allemagne suivait de près, par exemple, les projets entrepris dans le secteur de la sécurité de l’eau.

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