Liberman : Avec Kakhol lavan et le Likud, nous gouvernerons sans les orthodoxes
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Liberman : Avec Kakhol lavan et le Likud, nous gouvernerons sans les orthodoxes

Yisrael Beytenu veut une coalition "libérale-nationale" après les élections ; Likud : "Liberman veut un gouvernement de gauche" ; Kakhol lavan : "Mieux vaut tard que jamais"

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, quitte la Knesset à l'issue d'une réunion de faction, le 29 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, quitte la Knesset à l'issue d'une réunion de faction, le 29 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Avigdor Liberman, président de Yisrael Beytenu, a déclaré samedi qu’après les prochaines élections, il imposerait une coalition « d’urgence » avec les partis Likud et Kakhol lavan pour empêcher les partis ultra-orthodoxes d’accéder au pouvoir.

« Nous imposerons un gouvernement avec les partis Likud et Kakhol lavan – ce sera un gouvernement d’urgence, un gouvernement libéral-national. Nous ferons tout pour bloquer les ultra-orthodoxes, pour ne pas les laisser entrer au gouvernement », a-t-il déclaré à la Treizième chaîne.

Liberman, qui a pu utiliser les cinq sièges obtenus par son parti aux élections d’avril pour empêcher le Premier ministre Benjamin Netanyahu de former une coalition après le scrutin, vise à redevenir un faiseur ou un briseur de rois après les élections de septembre. Son appel en faveur d’un gouvernement d’urgence impliquant à la fois le Likud et Kakhol lavan équivaut à revendiquer un gouvernement sans Netanyahu – bien qu’il ne l’a pas précisé dans l’interview de samedi – puisque Kakhol lavan, sous la direction de son chef Benny Gantz, a déclaré qu’il ne siégerait pas dans une coalition avec Netanyahu, qui fait l’objet d’une mise en accusation, dans l’attente d’une audience, dans trois affaires pénales.

Lorsqu’on lui a demandé s’il recommanderait de nouveau Netanyahu comme Premier ministre, s’il recommanderait un autre candidat ou s’il chercherait à devenir Premier ministre lui-même, Liberman ne s’est pas prononcé. Mais en recommandant Netanyahu après les élections d’avril, a-t-il précisé, Yisrael Beytenu s’était « engagé dans un programme » que la coalition que Netanyahu voulait former n’aurait pas respecté. Yisrael Beytenu, a-t-il dit sèchement, n’avait pas « couronné » Netanyahu « pour l’éternité ».

« Netanyahu essaie de concentrer la campagne sur la question de savoir qui sera Premier ministre », a ajouté M. Liberman. « Je pense que la question la plus importante est de savoir quel genre de gouvernement ce sera. »

Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman (à gauche) s’entretient avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de la session de l’assemblée plénière du Parlement israélien, alors que la Knesset vote sur la loi de gouvernance, qui, entre autres, relève le seuil électoral. Le 11 mars 2014. (Miriam Alster/FLASH90)

Une coalition Likud, Kakhol lavan, Yisrael Beytenu, sans les ultra-orthodoxes, a ajouté Liberman dans un post sur Facebook samedi, représenterait la volonté « d’une majorité écrasante des citoyens d’Israël ». Il a également exclu une coalition dans laquelle Itamar Ben-Gvir, le leader du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, serait présent.

Il a dit espérer que Yisrael Beytenu remporterait suffisamment de sièges en septembre pour imposer une telle coalition. Il a dit avoir entendu des dirigeants ultra-orthodoxes déclarer qu’ils refuseraient de siéger dans un gouvernement avec Liberman, et il était tout à fait d’accord : ce qu’il fallait, a-t-il dit, c’était un gouvernement sans les ultra-orthodoxes. Il a qualifié son ami de longue date Aryeh Deri, chef du parti ultra-orthodoxe Shas, d’“ancien ami”. Et il s’est plaint qu’alors qu’Israël était actuellement confronté à une crise budgétaire, « le seul endroit où ils n’ont pas l’intention de réduire les dépenses est le financement des yeshivas [des ultra-orthodoxes] ».

Le Likud a répondu à Liberman en disant : « Le diable est sorti de sa boîte – Liberman dit explicitement qu’il est prêt à s’allier avec Lapid et Gantz, et à imposer la formation d’un gouvernement gauchiste. Quiconque veut un gouvernement de droite ne doit voter que pour le Likud, dirigé par Netanyahu. »

Le parti Kakhol lavan de Gantz a également publié un communiqué, disant : « Mieux vaut tard que jamais. Si Liberman était parvenu à cette conclusion avant que lui et son parti ne votent pour la dissolution de la Knesset, ils auraient évité des élections inutiles pour le peuple d’Israël. »

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à la Knesset, le 3 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Ben-Gvir a accablé Liberman en disant qu’il « prouve une fois de plus qu’il est profondément de gauche, et qu’il n’a pas d’ossature idéologique. »

La Knesset a voté sa dissolution et a convoqué de nouvelles élections pour le 17 septembre, après que Netanyahu ne soit pas parvenu à un compromis entre Yisrael Beytenu, parti laïque de droite, et les ultra-orthodoxes dans la foulée des élections du 9 avril. Netanyahu n’a donc pas été en mesure de former une coalition majoritaire.

Les premiers sondages ont suggéré que Liberman pourrait sortir de l’impasse de la coalition dans une position plus forte et porter les cinq sièges de son parti à la Knesset à huit ou neuf aux élections de septembre.

Liberman avait déclaré à plusieurs reprises qu’il soutenait Netanyahu comme Premier ministre, mais ne rejoindrait le gouvernement que s’il s’engageait à adopter, sans modification, la version du ministère de la Défense d’un projet de loi réglementant l’enrôlement des ultra-orthodoxes dans l’armée. Cette version du projet de loi se heurte à l’opposition des partis ultra-orthodoxes, qui veulent en assouplir les termes.

Liberman a déclaré le mois dernier qu’il ne soutiendrait pas le leader de Kakhol lavan Benny Gantz pour le poste de Premier ministre, mais a refusé de se prononcer sur son soutien ou non à Netanyahu.

La semaine dernière, le radiodiffuseur public Kan a rapporté qu’au cours des pourparlers de coalition qui ont échoué il y a un mois, Netanyahu a accepté une demande des ultra-orthodoxes visant à permettre une séparation des sexes dans les espaces publics.

Un projet d’accord du Likud avec le parti orthodoxe Yahadout HaTorah a fait l’objet d’une fuite, et stipulait que « dans un délai de 90 jours, le gouvernement modifiera la loi de manière à ce qu’il soit permis de dispenser des services publics, de tenir des séances d’études publiques et d’organiser des événements publics où hommes et femmes sont séparés. Cette séparation ne constituera pas une discrimination au sens de la loi. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est reçu par le ministre de la Santé Yaakov Litzman du parti Yahadout HaTorah (à gauche), lors d’un repas pour célébrer la naissance du petit-fils de Litzman, le 18 juin 2017. (Shlomi Cohen/FLASH90)

Le projet d’accord empêche également les particuliers d’intenter une action civile contre les organisateurs municipaux de tels événements pour cause de discrimination fondée sur le sexe.

Les mouvements ultra-orthodoxes ont fait pression dans le passé pour qu’il y ait une séparation des sexes dans les événements ou les infrastructures, comme les transports publics, mais ces mesures ont été invalidées par les tribunaux, qui ont jugé qu’elles constituaient une discrimination.

Samedi, Evgeny Sova, député de Yisrael Beytenu, a condamné la punition infligée par l’armée à un soldat qui a mélangé des produits laitiers et carnés dans le même réfrigérateur dans une base, mettant en garde qu’il pourrait s’agir de nouvelles restrictions religieuses pour ses soldats.

« Aujourd’hui, ils interdisent de mettre du lait et de la viande dans le même réfrigérateur. Demain, ils interdiront aux filles de s’enrôler dans l’armée. Après demain, nous deviendrons l’armée pour la défense de la loi juive », a affirmé Sova.

Samedi, Liberman a également attaqué la récente annonce par le Likud de la nomination d’un nouveau « conseiller spécial » pour la communauté russophone d’Israël.

Ariel Bulshtein. (Euro-Asian Jewish Congress)

Le conseiller, l’avocat Ariel Bulshtein, aidera le Likud à cibler un groupe démographique qui sera vital pour sa campagne, à savoir les immigrés de droite de l’ex-Union soviétique. Cette mesure vise à aider le parti à siphonner les votes de Liberman, dont l’intransigeance a entravé les efforts de Netanyahu pour former une coalition avant l’échéance du 29 mai.

« C’est une insulte à l’intelligence et une insulte à la dignité des immigrants [russes] – Netanyahu n’a aucune idée de ce dont il parle », a dit M. Liberman.

Netanyahu a reproché au chef du parti Yisrael Beytenu d’avoir « entraîné le pays dans des élections inutiles ». Il faut noter que c’est Netanyahu qui a décidé d’organiser de nouvelles élections. La logique aurait été d’informer le président Reuven Rivlin qu’il n’avait pas réussi à former une coalition et que le président aurait alors pu charger un autre député d’essayer de le faire.

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