L’Iran au centre des discussions entre Ashkenazi et son homologue britannique
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L’Iran au centre des discussions entre Ashkenazi et son homologue britannique

"L'effort mondial pour mettre fin à l'agression iranienne doit se traduire par des actes, pas seulement par des déclarations", a déclaré le ministre à Dominic Raab à Jérusalem

Le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab rencontre son homologue israélien Gabi Ashkenazi à Jérusalem, le 25 août 2020. (Autorisation : Miri Shimonovich)
Le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab rencontre son homologue israélien Gabi Ashkenazi à Jérusalem, le 25 août 2020. (Autorisation : Miri Shimonovich)

Israël a été déçu par la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, qui n’ont pas soutenu la prolongation de l’embargo sur les armes de cinq ans imposé par l’ONU à l’Iran, a déclaré mardi le chef de la diplomate israélienne à son homologue britannique.

« La levée de l’embargo conduira à une accélération de l’armement de l’Iran », a averti le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, lors d’une réunion à Jérusalem avec son homologue britannique Dominic Raab.

M. Raab effectue un bref voyage en Israël et au sein de l’Autorité palestinienne, que l’ambassade britannique en Israël a annoncé comme étant destiné à encourager la reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens.

Mais les dirigeants israéliens rencontrés mardi par M. Raab étaient plus préoccupés par l’Iran, selon les déclarations de presse.

« Nous avons été déçus de voir les votes des pays E3 (Grande-Bretagne, France et Allemagne) au Conseil de sécurité sur la question de la prolongation de l’embargo sur les armes à destination de l’Iran », a indiqué M. Ashkenazi. « Les pays E3 doivent comprendre que le souci de la stabilité régionale et de la prévention de l’armement de l’Iran est un intérêt mondial. L’effort mondial pour mettre fin à l’agression iranienne doit se traduire par des actes, et pas seulement par des déclarations. Il est temps de corriger cela. J’appelle tous les pays à se joindre à la demande des États-Unis de rétablir le mécanisme de sanctions contre l’Iran. »

M. Raab a également rencontré mardi le ministre de la Défense Benny Gantz, qui a tiré la sonnette d’alarme.

« Nous devons trouver un moyen de réactiver l’embargo sur les armes à destination des Iraniens », a déclaré celui-ci à son hôte britannique, selon le bureau du ministre.

L’Iran, a souligné le ministre de la Défense, « déstabilise la région et continue à développer un programme nucléaire. Israël ne relâchera pas ses efforts et continuera à travailler à tous les niveaux diplomatiques, régionaux et de sécurité pour empêcher l’expansion et l’agression iranienne ».

Lors de la réunion des deux ministres des Affaires étrangères, M. Ashkenazi a également remercié Dominic Raab pour la récente reconnaissance par la Grande-Bretagne du Hezbollah en tant que groupe terroriste.

Ils ont également discuté de questions bilatérales, notamment du commerce au moment où la Grande-Bretagne se retire de l’UE, ainsi que de questions régionales, de l’Iran à la crise civile au Liban, en passant par l’armement du Hezbollah et l’accord de normalisation avec les EAU.

La désignation du nouvel ambassadeur d’Israël au Royaume-Uni, l’ancienne vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely du Likud, était censée être à l’ordre du jour de la réunion Raab-Ashkenazi. Cette nomination nécessite encore l’approbation de Londres, où elle est considérée comme une figure controversée, en tant que partisane éminente des implantations et opposante à l’État palestinien.

Après avoir rencontré des responsables israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu plus tard mardi, Dominic Raab se rendra à Ramallah pour rencontrer le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Premier ministre Mohammad Shtayyeh.

Selon un communiqué de presse publié lundi par l’ambassade britannique, il fera « pression pour un dialogue renouvelé » entre les deux parties.

Ce voyage marque la première visite officielle du diplomate en Israël. Selon l’ambassade, M. Raab n’accordera pas d’interviews pendant la visite.

« La suspension de l’annexion d’Israël est une étape importante vers un Moyen-Orient plus pacifique », a déclaré M. Raab dans un communiqué publié par son bureau avant le voyage. Il faisait référence à l’accord du Premier ministre Benjamin Netanyahu de suspendre son plan d’annexion de quelque 30 % de la Cisjordanie, y compris toutes les implantations et la vallée du Jourdain, comme l’une des conditions de l’accord de normalisation du 13 août entre Israël et les Émirats arabes unis.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson accueille le Premier ministre Benjamin Netanyahu au 10 Downing Street, le 5 septembre 2019. (Crédit : Haim Tzach/GPO)

« Il est maintenant temps pour les deux parties de se réunir et de s’engager dans le dialogue nécessaire pour parvenir à la solution négociée de deux États qui puisse garantir une paix, une sécurité et une justice durables pour les Israéliens et les Palestiniens », a encouragé M. Raab.

Lors de sa visite à Ramallah, le communiqué de presse indique que M. Raab « réaffirmera l’opposition du Royaume-Uni à l’annexion – qui est illégale en vertu du droit international », et « demandera aux Palestiniens de reprendre la coopération avec Israël et de poursuivre les négociations directes, comme une étape vers une solution négociée de deux États et un État palestinien viable et souverain ».

Le communiqué indiquait également que Dominic Raab « soulignerait l’engagement fort et durable du Royaume-Uni en faveur de la sécurité d’Israël ».

Le Premier ministre conservateur britannique, Boris Johnson, est considéré comme un ami d’Israël, mais s’oppose à certaines des politiques du gouvernement Netanyahu, y compris l’annexion proposée.

Au début du mois de juillet, Boris Johnson a écrit une tribune libre pour le quotidien israélien Yedioth Ahronoth, dans laquelle il se décrit comme un « défenseur passionné d’Israël », mais il a déclaré que le Royaume-Uni ne reconnaîtrait pas les revendications israéliennes en Cisjordanie qui ne sont pas acceptées par les Palestiniens également.

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