Téhéran réclame 170 M de dollars au propriétaire israélien d’un navire saisi en 2024
Le CGRI, qui a saisi l'Aries en avril 2024, accuse Eyal Ofer de "financer le terrorisme" en raison de ses liens avec une société détenant les droits sur un navire exploité par la MSC
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L’Iran a réclamé une amende de 170 millions de dollars au propriétaire israélien d’un porte-conteneurs saisi dans les eaux du Golfe en 2024 par les forces iraniennes, accusé d’être lié au pouvoir israélien, a déclaré mardi un responsable judiciaire iranien.
Le 13 avril 2024, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, avait arraisonné le porte-conteneurs MSC Aries accusé d’être « lié » à Israël avec 25 membres d’équipage à bord.
À l’époque, l’agence de presse officielle IRNA avait affirmé que le navire battant pavillon portugais était « géré par Zodiac, qui appartient au capitaliste sioniste Eyal Ofer ». Basée à Genève, MSC gère et exploite l’Aries, qu’elle loue à long terme au propriétaire Gortal Shipping, une filiale de Zodiac Maritime, a déclaré Zodiac dans un communiqué. Zodiac est détenue en partie par l’homme d’affaires israélien Eyal Ofer.
Ofer, 75 ans, a été classé par Forbes, plus tôt cette année, comme l’Israélien le plus riche, avec une fortune de 28,2 milliards de dollars. Selon la publication, il est actif dans divers secteurs, notamment le transport maritime.
Mardi, le porte-parole du pouvoir judiciaire iranien, Asghar Jahangir, a annoncé que l’affaire avait été portée devant la justice, avec mise en examen, sans toutefois préciser la date.
« Une amende de 170 millions de dollars a été réclamée à son propriétaire, d’origine israélienne, accusé de financer le terrorisme », a déclaré Jahangir.
Le MSC Aries avait été localisé pour la dernière fois au large de Dubaï, en direction du détroit d’Ormuz, lorsqu’il a été saisi. Le navire avait désactivé ses données de suivi, une pratique courante pour les navires affiliés à Israël qui transitent dans la région.
Le service britannique des opérations maritimes commerciales (United Kingdom Maritime Trade Operations) a déclaré que le navire avait été « saisi par les autorités régionales » dans le golfe d’Oman, au large de la ville portuaire émiratie de Fujairah. Les images de cette opération montrent des commandos descendant en rappel sur une pile de conteneurs posés sur le pont du navire.
Jahangir a déclaré que le navire saisi, hors cargaison, était évalué à 170 millions de dollars et a affirmé qu’Ofer était une « figure influente » au sein du gouvernement israélien.
Des navires liés à ce magnat des affaires ont déjà été attaqués par l’Iran par le passé : en février 2023, un pétrolier appartenant au moins en partie à Ofer a été pris pour cible par un drone suicide iranien ; en août 2021, un autre pétrolier exploité par sa société a été touché par l’Iran, tuant deux membres d’équipage.
Après la saisie du navire, les États-Unis avaient condamné « un acte de piraterie » et appelé « l’Iran à libérer immédiatement ce navire battant pavillon portugais et appartenant à une société britannique, ainsi que son équipage composé d’Indiens, de Philippins, de Pakistanais, de Russes et d’Estoniens ».
Le ministre israélien des Affaires étrangères de l’époque avait appelé l’Union européenne (UE) à classer le CGRI comme une organisation terroriste, dénonçant l’Iran comme un « régime criminel qui soutient les crimes du Hamas et mène désormais une opération de piraterie en violation du droit international ».
Au moins une partie de l’équipage du navire a ensuite été libérée.
Quelques heures après la saisie du navire, l’Iran a mené sa toute première attaque directe contre Israël, lançant des centaines de drones et de missiles, dont la grande majorité a été interceptée par la défense aérienne israélienne et alliée.
Deux semaines plus tôt, Israël avait frappé un bâtiment consulaire iranien à Damas, tuant sept membres du CGRI, dont deux généraux.
Cette saisie s’est produite dans un contexte de vives tensions au Moyen-Orient, liées à la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza, déclenchée par le pogrom perpétré par ce dernier dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023.
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