Malgré son scepticisme, Abbas soutient la paix américaine lors de sa rencontre avec Kushner
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Malgré son scepticisme, Abbas soutient la paix américaine lors de sa rencontre avec Kushner

Le conseiller à la Maison Blanche n'a pas mentionné la solution à 2 états, selon un compte-rendu officiel de l'AP, mais le dirigeant palestinien exprime un optimisme prudent en estimant qu'un accord de paix peut encore se réaliser

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Jared Kushner, (à gauche), conseiller à la Maison Blanche, et Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, à Ramallah, le 24 août 2017. (Crédit : WAFA)
Jared Kushner, (à gauche), conseiller à la Maison Blanche, et Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, à Ramallah, le 24 août 2017. (Crédit : WAFA)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a mis de côté des semaines de pessimisme clairement affirmé face aux efforts de paix américains, en disant qu’un accord avec Israël n’est pas impossible, durant une rencontre jeudi avec Jared Kushner, conseiller à la Maison Blanche.

Lors d’un entretien avec Kushner et d’autres responsables américains à Ramallah, Abbas s’est dit optimiste concernant la conclusion d’un accord, malgré les plaintes exprimées par l’AP ces derniers jours, qui déplore le manque de sérieux de la Maison Blanche dans ses tentatives de négociation d’un accord de paix, jusqu’alors hors d’atteinte.

« Nous savons que cette question est difficile et complexe mais rien n’est impossible face à de bons efforts », a dit Abbas pendant ses discussions avec Kushner, des propos rapportés par l’agence officielle de presse Wafa.

Kushner, qui est également le gendre de Trump, est arrivé en Israël mercredi matin dans le cadre d’un voyage dans la région qui a pour objectif de chercher un moyen de relancer les négociations de paix. Kushner est accompagné par l’envoyé pour la paix Jason Greenblatt et la vice-conseillère à la sécurité nationale pour la stratégie Dina Powell. La délégation américaine a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu jeudi.

Abbas aurait demandé un engagement de la part des Etats-Unis envers la solution à deux états, mais malgré la déclaration d’un porte-parole du département d’Etat qui a affirmé mercredi qu’un tel engagement influencerait Washington, le dirigeant palestinien a décidé d’accorder sa confiance à l’équipe américaine, du moins dans son discours officiel.

« Nous affirmons que cette délégation américaine œuvre pour la paix et nous travaillons à ses côtés pour réaliser bientôt ce que Trump a qualifié d’accord de paix », a dit Abbas.

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
Le président américain Donald Trump, à gauche, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Dans des propos rapportés par Wafa, Kushner n’a pas mentionné la solution à deux états et a seulement livré de vagues sentiments au sujet de la paix dans le futur.

« Le président Trump est très optimiste et espère un avenir meilleur pour le peuple palestinien et pour le peuple israélien », a déclaré Kushner.

« Nous espérons qu’ils pourront travailler ensemble et vivre ensemble pendant de longues années et vivre une vie bien meilleure », a-t-il ajouté.

La délégation est arrivée en Israël après plusieurs entretiens avec d’autres dirigeants du Moyen Orient consacrés à ce problème, notamment en Egypte, en Arabie saoudite et en Jordanie.

« Nous avons été envoyés aujourd’hui depuis Washington pour parler d’un sujet très important : les relations pacifiques entre les pays de toute la région », a expliqué Kushner.

Le ministre des Affaires étrangères de l’AP, Riyad Malki, a déclaré à la radio officielle palestinienne, la Voix de la Palestine, que la délégation américaine devait apporter avec elle des réponses aux questions qui avaient été posées par les dirigeants palestiniens, notamment sur le positionnement des Etats-Unis sur la solution à deux états et la possibilité de l’établissement d’un état palestinien sur les lignes de 1967.

Il a expliqué que les réponses de la délégation permettraient d’éclairer les Palestiniens sur la possibilité « d’une opportunité historique qui permettrait la poursuite d’un processus de paix qui mènera à la fin de l’occupation israélienne, ou [de déterminer] si toutes ces visites ne sont qu’une perte de temps. »

Un Palestinien brûlant un drapeau à l'effigie du président Donald Trump pendant une manifestation contre la visite d'une délégation américaine dirigée par Jared Kushner, à Ramallah, le 24 août 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Un Palestinien brûlant un drapeau à l’effigie du président Donald Trump pendant une manifestation contre la visite d’une délégation américaine dirigée par Jared Kushner, à Ramallah, le 24 août 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Jeudi également, Ahmed Majdalani, cadre de l’Organisation de libération de la Palestine et proche d’Abbas, a déclaré que sans progrès dans le processus de paix, une option serait de dissoudre l’Autorité palestinienne – une menace qui a déjà été proférée dans le passé.

Parallèlement, Majdalani a indiqué que les Palestiniens pourraient également déclarer leur indépendance de manière unilatérale.

Il a expliqué que cette option était envisagée parce que « l’administration américaine n’a présenté aucune initiative jusqu’à maintenant, tandis que les Israéliens continuent leurs activités de colonisation et refusent de respecter les obligations qu’ils ont souscrites. »

Avant la réunion de la délégation américaine avec Abbas, des dizaines de Palestiniens ont protesté à Ramallah contre le favoritisme présumé affiché par les Etats-Unis envers Israël, brûlant des drapeaux et des photos.

L’un des manifestants brandissait un panneau de Kushner, tenu en laisse par Ivanka Trump, dont la robe est un drapeau israélien, avec en légende « Kushner est notre chien ». L’homme se trouvait à la tête des manifestants, qui ont scandé : « l’Américain n’est pas le bienvenu, ce chien au service de Tel Aviv ».

Manifestation contre la venue à Ramallah d'une délégation américaine présidée par Jared Kushner, le 24 août 2017. (Crédit : Flash90)
Manifestation contre la venue à Ramallah d’une délégation américaine présidée par Jared Kushner, le 24 août 2017. (Crédit : Flash90)
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