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Matanyahu Englman : Israël « n’a pas réussi » à se préparer à un séisme majeur

Le Contrôleur de l’État avait déjà rapporté en mars, entre autres, que 93 % des bâtiments à risque s’effondreraient en cas de fort séisme

Le contrôleur de l'État Matanyahu Englman lors d'une réunion d'une commission de la Knesset, le 28 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le contrôleur de l'État Matanyahu Englman lors d'une réunion d'une commission de la Knesset, le 28 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le Contrôleur de l’État Matanyahu Englman a averti dimanche qu’Israël avait échoué dans ses efforts de préparation à un tremblement de terre majeur.

« Il semble que malgré les signes avant-coureurs, l’État d’Israël n’a pas réussi à se préparer à un tremblement de terre », a déclaré Englman dans un communiqué, promettant de publier un rapport plus détaillé après les prochains congés.

« Au lieu d’attendre une commission d’enquête après une tragédie, le Premier ministre et le ministre compétent doivent corriger les lacunes immédiatement », a-t-il ajouté.

Ses propos font suite à un violent tremblement de terre survenu vendredi au Maroc, qui a fait plus de 2 000 morts, selon le dernier bilan officiel.

Les experts israéliens avertissent depuis longtemps que la région n’a que trop tardé à subir une secousse majeure et que le pays n’est absolument pas préparé.

Le Contrôleur de l’État avait fait savoir, dans un rapport publié en mars, un mois après le puissant séisme qui avait tué plus de 50 000 personnes en Turquie et en Syrie, que l’on estime que 93 % des constructions dans le nord-est d’Israël, considérées comme les plus à risque, s’effondreraient en cas de fort tremblement de terre.

Les dégâts causés à des habitations à Tibériade, dans le nord d’Israël, après les tremblements de terre qui ont secoué la région, 9 juillet 2018. (Crédit : David Cohen/Flash90/Archives)

Les 1 208 bâtiments qui auraient dû faire, dès 2018, l’objet de travaux urgents sont situés à proximité du Grand Rift – zone très sujette aux tremblements de terre –, dans des villes et villages tels que Tibériade, Safed, Beit Shean, Kiryat Shmona et Hatzor Haglilit.

Malgré des mises en garde répétées, la grande majorité d’entre eux n’ont toujours pas été renforcés.

Sur les 54 écoles elles aussi concernées, seules 38 – soit 70 % – ont été modernisées, selon le Contrôleur.

Le coût des travaux requis dans les cinq municipalités du nord a été estimé à 2,3 milliards de shekels.

Le rapport estime qu’au rythme actuel, il faudrait des dizaines d’années pour rendre l’ensemble des constructions à risque résistantes aux séismes.

Englman avait demandé au gouvernement de faire davantage pour préparer le pays à l’éventualité d’un tremblement de terre, en particulier dans les communautés proches de la ligne de faille.

« Plutôt que d’attendre les conclusions d’un comité d’enquête après une énième catastrophe, il serait préférable de faire le nécessaire maintenant », avait-il déclaré.

Depuis le tremblement de terre de forte magnitude qui a frappé la Turquie et la Syrie début février, Israël a enregistré une forte augmentation de l’activité sismique sur son territoire, et plus généralement dans la région, avec plusieurs petites secousses enregistrées le mois précédent le séisme.

Le dernier tremblement de terre majeur dans la région avait eu lieu en 1927. De magnitude 6,2, il avait coûté la vie à 500 personnes et en avait blessé 700 autres. Les sismologues estiment que de tels tremblements de terre se produisent dans cette zone chaque siècle.

Des chercheurs de l’Université de Tel Aviv ont publié une étude en 2020 estimant qu’un tel séisme, suffisamment important pour faire des centaines de victimes, frapperait probablement le pays sous peu.

Un rapport plus ancien du Contrôleur avait révélé que quelque 600 000 bâtiments en Israël n’étaient pas aux normes anti-sismiques.

En mars, les autorités israéliennes chargées des réponses d’urgence avaient lancé un exercice de quatre jours pour simuler la réception de tonnes d’aide humanitaire venues de 18 pays ainsi que de l’Union européenne (UE) et des Nations unies, suite à un séisme dévastateur.

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