Pompeo à Netanyahu: « confronter l’Iran », essentiel pour la paix au Moyen-Orient
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Pompeo à Netanyahu: « confronter l’Iran », essentiel pour la paix au Moyen-Orient

A Varsovie pour une conférence sur la sécurité du Moyen Orient, aux côtés de dirigeants arabes, le Premier ministre israélien a salué un "tournant historique"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Benjamin Netanyahu et Mike Pompeo à la Conférence sur la sécurité au Moyen Orient à Varsovie, le 14 février  2019. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Benjamin Netanyahu et Mike Pompeo à la Conférence sur la sécurité au Moyen Orient à Varsovie, le 14 février 2019. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

VARSOVIE, Pologne – « Confronter l’Iran » est essentiel pour la paix au Moyen-Orient, a affirmé le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo jeudi, en marge de la conférence internationale sur la région.

« On ne peut atteindre la paix et la stabilité au Moyen-Orient sans confronter l’Iran, ce n’est pas possible », a-t-il dit aux journalistes avant de rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La République islamique a une influence malveillante au Yémen, en Syrie et en Irak, a poursuivi le diplomate américain.

« Les trois H, les Houthis, le Hamas et le Hezbollah, voilà les vraies menaces, et il y en a d’autres. Mais on ne peut pas obtenir la paix au Moyen-Orient sans repousser l’Iran », a-t-il dit.

Pompeo a ignoré les questions des journalistes sur le calendrier de diffusion du plan de paix israélo-palestinien.

Netanyahu a profité de la séance-photo avec les pays arabes pour continuer à normaliser les relations avec Israël, qualifiant la conférence de « tournant historique », parce qu’il se trouvait en présence des diplomates de dix pays arabes.

« Dans une seule salle en présence de près de soixante ministres représentant plusieurs dizaines de gouvernements, un Premier ministre israélien et des ministres des principaux pays arabes étaient côte à côte et ont parlé sur un ton particulièrement fort, avec clarté et unité contre le danger du régime iranien », a-t-il déclaré à la presse en évoquant le dîner d’ouverture la veille.

« Je pense que cela témoigne d’un changement et d’une compréhension importante de ce qui constitue un danger pour notre avenir, ce qu’on doit faire pour la sécurité et la possibilité de parvenir à une coopération plus large que la sécurité dans tous les domaines de la vie pour les peuples du Moyen-Orient », a-t-il encore dit.

Au dîner organisé la veille au Château royal de Varsovie pour inaugurer cette conférence de deux jours, les participants ont souligné que Netanyahu était à la même table que de hauts responsables d’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis et de Bahrein – pays qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques avec Israël mais partagent la même intransigeance sur l’Iran.

Israël entretient des relations diplomatiques officielles avec deux pays arabes, l’Egypte et la Jordanie.

Il semblerait que ce sommet soit le premier à réunir un dirigeant israéliens et des responsables arabes autour de la question du Moyen-Orient, depuis la conférence de Madrid, en 1991, qui a jeté les bases des Accords d’Oslo entre Israël et les Palestiniens.

Après les allocations des ministères des Affaires étrangères saoudien, bahreini et émirati, Netanyahu a pris la parole.

Le contenu des discours n’a pas été rendu public.

L’envoyé spécial américain Jason Greenblatt a salué cet évènement sur Twitter : « Clairement, l’agression iranienne dans la région a rapproché Israël et le monde arabe. Nous devons poursuivre ce dialogue. Peut-être que la prochaine fois, Israël sera sur l’estrade au même moment.

Lors de la session d’ouverture jeudi matin au stade PGE Narodowy de Varsovie, Pompeo a également souligné l’importance de l’évènement de la veille.

« Des dirigeants arabes et israéliens, dans la même région, ont partagé un repas » et discuté des sujets d’intérêts communs, a-t-il dit.

Inaugurée mercredi au Château royal dans le centre historique de la capitale polonaise, cette réunion de deux jours a pour objectif flou de promouvoir « la paix et la sécurité au Moyen-Orient » mais se distingue davantage par les absences que par les personnalités présentes.

Le vice-président américain Mike Pence s’est adressé à l’auditoire : « Ce soir, je pense que nous débutons une nouvelle ère, en présence du Premier ministre Netanyahu, de l’Etat d’Israël, avec les dirigeants du Bahreïn, d’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, qui partagent un repas et qui, ultérieurement, partageront leurs honnêtes perspectives sur les défis auxquels fait face la région. »

L’Iran n’a pas été invité à la conférence de Varsovie. En revanche, jeudi, à Sotchi, sur les rives de la mer Noire, le président iranien Hassan Rouhani rencontre ses homologues russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan pour tenter de relancer le règlement du conflit en Syrie alors que le groupe jihadiste Etat islamique (EI) est acculé et que Washington prépare son retrait militaire.

La majorité des pays européens, inquiets de la ligne américaine affichée sur l’Iran, n’ont envoyé à la conférence de Varsovie que des responsables de deuxième plan.

Les Palestiniens ont vivement critiqué cette conférence. Certains responsables ont estimé que Washington s’en servant pour promouvoir leurs positions anti-palestiniennes.

Netanya s’est fait l’écho de Pence lorsqu’il a rencontré le chef de la diplomatie omani Youssef ben Alaoui ben Abdallah, affirmant que le rapprochement entre les deux pays, notamment sa visite à Muscat en octobre 2018, « changeait le monde ».

« Il ouvre la voie à beaucoup d’autres pour faire ce que vous avez dit – ne pas être figé dans le passé, mais pour bâtir l’avenir ».

M. Netanyahu a également rencontré à Varsovie, le chef de la diplomatie d’Oman, pays où il s’était rendu à la fin de l’année dernière. Oman entretient de bonnes relations avec les puissances régionales y compris l’Iran.

Le ministre des Affaires étrabgères polonais Jacek Czaputowicz, le vice-président américain Mike Pence, le président polonais Andrzej Duda,Benjamin Netanyahu, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo à la Conférence sur la sécurité au Moyen Orient à Varsovie, le 13 février 2019. (Crédit : Janek SKARZYNSKI / AFP)

Cependant, comme pour contrer les efforts de Netanyahu, une chaîne télévisée israélienne a diffusé une interview inédite mercredi avec un prince saoudien, qui a accusé le Premier ministre de tromper le monde en affirmant que les liens avec le monde arabe peuvent être réchauffés sans pour autant résoudre la question palestinienne.

« L’opinion publique israélienne ne devrait pas être trompée, en pensant que la question palestinienne est morte », a déclaré le prince Turki al-Fayçal à la Treizième chaîne, dans une longue interview à Londres.

« Du point de vue israélien, M. Netanyahu aimerait que nous ayons une relation, et ensuite, nous résoudrons la question palestinienne. Du point de vue saoudien, c’est tout l’inverse », a déclaré l’ancien chef du renseignement saoudien et ambassadeur aux Etats-Uni et au Royaume uni.

L’AFP a contribué à cet article.

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