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Querelle entre les Juifs de San Francisco au sujet d’affiches « antisionistes »

Des panneaux proclamant "l'antisionisme est de l'antisémitisme" ont été tagués avec les mots "Free Palestine" ; un groupe juif antisioniste a revendiqué une part de responsabilité

Un panneau d'affichage JewBelong à Oakland, en Californie, recouvert par un groupe juif antisioniste, le 1er février 2023. (Crédit : Anonyme)
Un panneau d'affichage JewBelong à Oakland, en Californie, recouvert par un groupe juif antisioniste, le 1er février 2023. (Crédit : Anonyme)

JTA – En deux semaines, une série de panneaux d’affichage assimilant l’antisionisme à l’antisémitisme ont été vandalisés par des activistes dans la région de San Francisco. Dans le premier incident, des inconnus ont écrit « Free Palestine » sur les panneaux, poussant le sponsor des panneaux à les remplacer, qualifiant le graffiti de « crime de haine ».

Lors du deuxième incident, un groupe de Juifs qui a revendiqué la responsabilité de l’acte.

Mardi soir, un groupe de « Juifs antisionistes » autoproclamés a recouvert de papier trois panneaux d’affichage payés par le groupe JewBelong, basé dans le New Jersey. Cette action a marqué une nouvelle escalade dans le débat national sur l’antisionisme, l’antisémitisme et la question de savoir si et comment les Juifs et les non-Juifs peuvent critiquer Israël.

« Nous faisons partie d’un nombre croissant de Juifs à travers les États-Unis qui savent que s’opposer à l’apartheid et à l’occupation israélienne n’a rien à voir avec l’antisémitisme, et que la plus grande menace pour les Juifs dans ce pays ne vient pas de ceux qui soutiennent les droits des Palestiniens, mais des nationalistes blancs et chrétiens », a déclaré le collectif, qui s’identifie sur les panneaux d’affichage comme « Jews4FreePalestine », à la Jewish Telegraphic Agency.

Sur les panneaux originaux, on pouvait lire : « Il ne faut pas être allé à la faculté de droit pour savoir que l’antisionisme est de l’antisémitisme ». Il s’agissait d’une référence ironique de JewBelong à une récente controverse survenue à la faculté de droit de l’université de Californie-Berkeley, où plusieurs organisations étudiantes ont signé une déclaration dans laquelle elles s’engageaient à ne pas inviter « des orateurs qui ont exprimé et continuent d’exprimer des opinions … en faveur du sionisme, de l’État d’apartheid d’Israël et de l’occupation de la Palestine ».

Ce statut a attiré l’attention de tout le pays après une déclaration de Ken Marcus, fondateur du groupe juridique pro-israélien Brandeis Center for Human Rights Under Law, affirmant que Berkeley était en train de mettre en place des « zones sans juifs ». Par la suite, certaines allégations contre les étudiants en droit ont donné lieu à une enquête du département américain de l’Education.

Kenneth Marcus, nommé secrétaire adjoint aux droits civils au ministère de l’Éducation, s’exprime lors d’une audience de la commission sénatoriale de la santé, de l’éducation, du travail et des pensions au Capitole à Washington, le 5 décembre 2017. (Crédit : Susan Walsh/AP)

L’épisode avait attiré l’attention d’un groupe d’extrême droite, qui avait fait circuler des camions à l’effigie d’Adolf Hitler sur le campus de Berkeley et intimidé certains des signataires de la requête antisioniste à leur domicile. Pendant ce temps, les tentatives des étudiants de Berkeley de faire passer une résolution condamnant l’antisémitisme ont échoué lorsque plusieurs sénateurs étudiants ne se sont pas présentés au vote.

En ciblant les panneaux d’affichage, le groupe anonyme de « Juifs antisionistes » autoproclamés a remplacé le mot « antisémitisme » par « antiracisme ». Ils ont ajouté d’autres messages : « Juifs pour une Palestine libre » et « Fin de l’apartheid israélien ».

Refusant de révéler leurs noms, les membres du groupe ont uniquement déclaré qu’ils « s’organisent de manière ad hoc en réponse aux panneaux d’affichage de JewBelong » et qu’ils sont plus d’une vingtaine. Bien que le porte-parole Joe Rivano Barros ait déclaré que le groupe n’était pas responsable du premier tag, ce dernier a défendu le premier groupe anonyme, accusé de crime de haine par JewBelong, qualifiant les allégations de « malhonnête ».

Les panneaux d’affichage modifiés ont été diffusés en ligne, par le groupe antisioniste d’extrême gauche Jewish Voice for Peace, un rédacteur du site Web antisioniste Electronic Intifada et un ancien employé juif de Google qui s’est organisé contre certaines des transactions commerciales de la société avec Israël.

Le groupe s’en est également pris directement à JewBelong – qui « assimilerait depuis longtemps l’antisionisme à l’antisémitisme afin de normaliser l’apartheid israélien » – et à sa cofondatrice, Archie Gottesman, qui, aurait « un passé consternant en matière de déclarations racistes et génocidaires ». Créée au départ comme un mouvement de relations publiques visant à promouvoir la fierté juive, JewBelong a pivoté en 2021 pour se concentrer sur la lutte contre l’antisémitisme, en s’alignant sur des influenceurs farouchement pro-Israël.

Gottesman siège au conseil d’administration de Democratic Majority for Israel, un groupe de lobbying qui pousse les législateurs du Parti démocrate à adopter des positions plus pro-israéliennes. Elle a tweeté en 2018 que Gaza était « pleine de monstres » et qu’il était « temps de brûler tout l’endroit », des déclarations pour lesquelles elle s’est depuis excusée.

La parade « Celebrate Israel » à New York, le 22 mai 2022. (Crédit: Luke Tress/Times of Israel)

« Nous défendons nos affiches », a déclaré Gottesman dans un communiqué en réponse à JTA. « La grande majorité des Juifs américains sont sionistes. Les panneaux semblent avoir été défigurés par un groupe marginal qui essaie de de provoquer une bataille entre juifs à un moment où nous devrions tous être unis pour lutter contre un problème plus vaste, à savoir l’antisémitisme croissant aux Etats-Unis. »

Si le doyen juif de Berkeley Law, Erwin Chemerinsky, a qualifié le statut des étudiants en droit d’antisémite, il a également critiqué les affiches de JewBelong, affirmant qu’ils ne « contribuent pas à un discours utile ». Après leur premier graffiti, Chemerinsky a déclaré que les coupables enfreignaient les droits du premier amendement de JewBelong.

Depuis que les récentes élections israéliennes ont porté au pouvoir le gouvernement le plus à droite du pays depuis des générations, un nombre croissant de juifs influents dans le monde sont devenus plus critiques à l’égard du gouvernement et ont déclaré que ces propos ne devaient pas être confondus avec l’antisémitisme.

La police de Berkeley a déclaré à l’hebdomadaire, Jewish News of Northern California,que le dernier incident de panneau d’affichage constituait également un crime de haine.

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