Smotrich : Shaffir est « stupide » d’accuser les religieux des violences anti-LGBT
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Smotrich : Shaffir est « stupide » d’accuser les religieux des violences anti-LGBT

Un politicien de l'Union démocratique affirme que les rabbins, les ministres et les députés sont en train d' “enflammer la haine” qui mène à des agressions

Le député Bezalel Smotrich, de l'Union des partis de droite, prend la parole lors de Yom Yeroushalayim à la yeshiva Mercaz Harav à Jérusalem, le 2 juin 2019. (Aharon Krohn/Flash90)
Le député Bezalel Smotrich, de l'Union des partis de droite, prend la parole lors de Yom Yeroushalayim à la yeshiva Mercaz Harav à Jérusalem, le 2 juin 2019. (Aharon Krohn/Flash90)

Le ministre des Transports Bezalel Smotrich s’en est pris à la députée Stav Shaffir lundi, la qualifiant de « stupide » après que la députée de l’opposition a accusé sur Twitter des députés de la droite religieuse pour le récent meurtre d’un adolescent LGBTQ, à Tel Aviv.

« Le couteau qui a poignardé un garçon de 16 ans cette semaine est le même que celui qui a poignardé Maya en 2018, le même couteau qui a tué Shira lors du défilé de la Gay Pride », a tweeté Shaffir, faisant référence à une agression contre Maya Hadad, une transsexuelle, l’an dernier, et à Shira Banki, une jeune fille de 16 ans qui avait été tuée en 2015 lors d’une attaque contre des participants de la marche des fiertés à Jérusalem.

« Cette haine est attisée par les rabbins, les ministres et les députés », a-t-elle dit. « C’est une haine qui transforme la fière communauté en citoyens qui ne peuvent pas marcher en sécurité en Israël. Ça suffit. »

En réponse, Smotrich, qui s’est déjà vanté d’être un « fier homophobe » et qui a organisé une fois une contre-manifestation à la marche des fiertés de Jérusalem mettant en scène des animaux de ferme, a tweeté que Shaffir était « stupide » et « nulle » avec « aucune réalisation en politique » qui « ne cesse de répandre la haine ».

La politicienne libérale, a-t-il poursuivi, appartient à une faction « qui s’est construite en semant la discorde et les conflits entre les populations ».

Dans un autre tweet quelques heures plus tard, Smotrich a retiré le mot « stupide », disant qu’il était « contrarié » quand il l’a utilisé et qu’il avait eu tort de le faire. Pourtant, il a doublé sa critique à l’égard de Shaffir, affirmant que son tweet était « calculé et plein de malice et de haine », et la qualifiant de « femme dont le seul rôle [en politique] consiste à semer la discorde ».

Le président de Meretz Nitzan Horowitz, à droite, le chef du Parti démocratique israélien Ehud Barak, gauche, et la députée Stav Shaffir font une conférence de presse pour annoncer leur nouvelle alliance, le Camp démocratique, avant les élections du 17 septembre, à Tel Aviv le 25 juillet 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

L’échange a été provoqué par la mort d’un garçon de 16 ans de la ville arabe de Tamra, poignardé vendredi devant la maison Beit Dror de Tel Aviv, où il s’était réfugié pour échapper aux pressions familiales pour qu’il adopte un style de vie religieux.

Elle fait également suite à des semaines de rhétorique enflammée sur la question de la place des LGBTQ dans la société israélienne, avec un certain nombre de personnalités de droite qui ont dénoncé l’acceptation croissante d’autres styles de vie dans l’État juif.

Mardi dernier, le Grand Rabbin de Jérusalem, Shlomo Amar, a suscité la controverse lorsqu’il a déclaré que l’homosexualité est une « luxure sauvage » qui peut être vaincue par la simple crainte de Dieu. « Il y a des gens qui se disent religieux et qui sont aussi tombés dans ce piège », a dit Amar à son auditoire en parlant des gays. « Ils ne sont pas religieux. Il vaudrait mieux qu’ils se débarrassent de leur kippa et de leur [observance du] Shabbat et montrent leur vrai visage ».

Amar, ancien grand rabbin d’Israël, a également déclaré précédemment que l’homosexualité est une « abomination ».

Plus tôt ce mois-ci, le ministre de l’Éducation Rafi Peretz, un rabbin ordonné membre de l’alliance politique Union des partis de droite de Smotrich, a provoqué un tollé en indiquant son appui à la thérapie de conversion des gays, un processus controversé qui prétend rendre les homosexuels hétérosexuels.

Des membres de la communauté LGBT tiennent une banderole en hébreu « Un raciste homophobe doit démissionner » lors d’une manifestation contre le ministre de l’Éducation Rafi Peretz à Tel Aviv le 14 juillet 2019. (Photo par JACK GUEZ / AFP)

Après des réactions négatives de l’opinion publique aux propos de Peretz, Smotrich s’est porté à sa défense, affirmant que la critique de son partenaire politique équivalait à un « lynchage ».

« Le fait de ne pas exprimer mon opinion personnelle est interprété comme un abandon du rabbin Rafi aux violents lynchages médiatiques qu’il a subis depuis hier, à partir de ce moment, je suis à ses côtés », a tweeté Smotrich à l’époque.

Peretz a ensuite retiré ses propos.

Lors d’une marche contre la violence anti-transgenre à Tel Aviv dimanche, Etai Pinkas-Arad, qui détient le portefeuille LGBT dans la municipalité de Tel Aviv, a déclaré à la chaîne publique Kan que les coups de couteau de vendredi à Beit Dror étaient liés à un discours incendiaire envers la communauté gay israélienne.

« Quand le pays est plein de panneaux d’affichage incitatifs, quand nos chefs religieux sont prêts à sacrifier notre sang et que le ministre de l’Éducation veut nous convertir, alors certaines personnes entendent ce message et passent à l’action » a-t-il dit.

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