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Tsahal dit avoir assez d’armes pour Rafah ; Netanyahu : Nous nous battrons avec nos ongles s’il le faut

Gantz revient sur ses critiques de Washington et loue son soutien à Israël pendant la guerre ; les délégations quittent le Caire où s'achèvent les pourparlers sur les otages

De la fumée s'échappe suite aux frappes israéliennes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 9 mai 2024. (Crédit : AFP)
De la fumée s'échappe suite aux frappes israéliennes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 9 mai 2024. (Crédit : AFP)

L’armée israélienne a affirmé jeudi disposer de suffisamment de munitions pour les opérations prévues, suite à la menace du président américain Joe Biden de geler certaines livraisons d’armes si Israël lançait l’offensive prévue à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

« Tsahal dispose d’armements pour les missions qu’il prévoit, y compris à Rafah. Nous avons ce dont nous avons besoin », a indiqué le porte-parole de Tsahal, le contre-amiral Daniel Hagari, en réponse à une question lors d’une conférence de presse.

Si certains commentateurs ont reconnu que l’armée disposait probablement de suffisamment de munitions pour une offensive à Rafah, elle pourrait avoir du mal à faire face au Hezbollah si le conflit dans le nord dégénérait en guerre totale et que Washington continuait à refuser de lui fournir des munitions.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a réagi jeudi à l’avertissement de Biden, et a déclaré que si Israël « devait faire cavalier seul, nous ferons cavalier seul. »

« Pendant la guerre d’indépendance, il y a 76 ans, nous étions peu nombreux face à de nombreux ennemis », a-t-il déclaré. « Nous n’avions pas d’armes, Israël faisait l’objet d’un embargo sur les armes, mais avec la force de nos âmes, la bravoure et l’unité qui nous caractérisent, nous avons gagné ».

« Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus forts », a poursuivi Netanyahu. « Nous sommes déterminés et unis pour vaincre notre ennemi et ceux qui cherchent à nous détruire… S’il le faut, nous nous battrons avec nos ongles. Mais nous avons bien plus que des ongles. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 9 mai 2024 (Crédit : capture d’écran GPO)

Jusqu’à présent, l’opération de Tsahal à Rafah s’est limitée à la périphérie est de la ville et au poste-frontière avec l’Égypte. Plus d’un million de Palestiniens se seraient réfugiés dans la ville elle-même. Les États-Unis ont apporté un soutien mitigé à l’opération limitée visant à déloger le Hamas de la zone du point de passage de Rafah, mais ont averti qu’ils pourraient changer d’avis si l’offensive s’élargissait ou si l’acheminement de l’aide humanitaire était entravé pendant une période prolongée.

La Maison Blanche a confirmé mercredi un gel de la livraison de bombes de 900 et 225 kg, craignant que Tsahal ne les utilise dans la zone densément peuplée de Rafah, comme il l’a fait dans d’autres parties de la bande de Gaza.

« Jusqu’à présent, l’assistance militaire fournie par les États-Unis à l’État d’Israël et à Tsahal a été sans précédent depuis le début de la guerre », a affirmé Hagari.

Soulignant la coordination entre les armées, il a indiqué que le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Herzi Halevi, s’entretenait régulièrement avec le chef du CENTCOM américain, le général Michael Erik Kurilla.

Le Président américain Joe Biden parle à CNN, le 8 mai 2024. (Crédit : Capture d’écran/CNN ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

« Même s’il y a des désaccords entre nous, nous les résolvons à huis clos », a ajouté Hagari. « Israël a des intérêts en matière de sécurité, mais nous sommes également conscients des intérêts des États-Unis, et c’est ainsi que nous continuerons à agir. »

Dans des propos diffusés jeudi soir mais enregistrés avant que Biden ne profère sa menace, Netanyahu avait déclaré dans une interview accordée à une émission américaine qu’il espérait aplanir les difficultés de sa relation avec Biden, apparues dans le sillage de la guerre.

« Nous avons souvent été d’accord, mais nous avons eu des désaccords. Nous avons réussi à les surmonter. J’espère que nous pourrons les surmonter maintenant, mais nous ferons ce que nous devons faire pour protéger notre pays », avait indiqué Netanyahu au journaliste américain Phil McGraw de l’émission Dr. Phil Primetime.

Il a toutefois ajouté qu’Israël « n’avait pas d’autre choix » que de détruire les derniers bataillons du Hamas à Rafah, ce qui, selon lui, ne peut se faire qu’au moyen d’une campagne terrestre intensive.

« Toute personne sensée comprend bien que nous n’avons pas le choix », avait-il encore affirmé.

Sur CNN mercredi soir, Biden a annoncé que son gouvernement cesserait de fournir des armes offensives à Israël si ce dernier lançait une invasion terrestre totale dans les zones densément peuplées de Rafah dans le cadre de sa campagne visant à renverser le Hamas.

« Je l’ai dit clairement à Bibi (le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ndlr) et au cabinet de guerre, ils n’auront pas notre soutien s’ils entrent vraiment dans les centres de population », a déclaré M. Biden en utilisant le surnom de Netanyahu.

Lors de cette interview, Biden s’est exprimé de la manière la plus ferme en public sur ce sujet, peu de temps après sa décision de suspendre le transfert de bombes.

Outre l’avertissement de Washington, la Douzième chaîne a rapporté jeudi que les chefs de la sécurité israélienne ont indiqué qu’il était indispensable de prévoir qui gouvernerait Gaza après la guerre avant de lancer une opération élargie dans la ville. Le reportage n’était toutefois pas étayé par des sources.

Outre un document dans lequel il se dit prêt à installer des « fonctionnaires locaux » non affiliés au terrorisme pour administrer les services dans la bande de Gaza à la place du Hamas, Netanyahu a reporté les discussions du cabinet de sécurité concernant l’après-guerre, craignant que cela n’entraîne des fractures au sein de sa coalition, principalement de droite.

Le journaliste militaire de la Douzième chaîne, Nir Dvori, a dit jeudi que des responsables lui avaient confié que la position d’Israël était de poursuivre l’opération à Rafah même sans le soutien des États-Unis, et que cette position avait été clairement exprimée à Washington ces derniers jours.

Des Palestiniens transportent leurs meubles dans des camions et fuient l’est de la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 9 mai 2024. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

La mise en garde de Biden a été accueillie jeudi par des condamnations de la part de nombreux hommes politiques israéliens. Le ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite, Itamar Ben Gvir, est allé plus loin que quiconque en écrivant sur X que « le Hamas [aime] Biden », agrémenté d’un emoji en forme de cœur.

Pour contrer les réactions les plus négatives à l’égard de Washington, le ministre de la Guerre Benny Gantz a critiqué les attaques des ministres du gouvernement à l’encontre des États-Unis.

« Les États-Unis ont soutenu Israël dans les moments les plus difficiles, et les attaques contre le pays par des ministres irresponsables sont une ingratitude destinée à des fins intérieures et découlant de considérations politiques », a affirmé Gantz dans un communiqué qui ne citait personne en particulier.

Commentant l’ultimatum de Biden, Gantz a dit qu’il pensait que les expéditions d’armes vitales se poursuivront.

« Israël a l’obligation morale et sécuritaire de continuer à se battre pour rendre nos otages et éliminer la menace du Hamas dans le sud du pays, et les États-Unis ont l’obligation morale et stratégique de fournir à Israël les outils nécessaires à cette mission », a ajouté Gantz.

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, le ministre Benny Gantz, faisant une déclaration vidéo le 3 avril 2024. Crédit : Capture d’écran X)

Rupture des négociations sur la prise d’otages au Caire

Sur fond de promesses de poursuivre l’offensive à Rafah, les délégations d’Israël et du Hamas ont quitté les pourparlers indirects sur la libération des otages au Caire plus tôt jeudi, selon plusieurs articles de presse. Avant de partir, les négociateurs israéliens ont mis par écrit leurs objections spécifiques à un document publié par le Hamas lundi soir, qui était censé accepter un accord.

La Douzième chaîne a indiqué que le directeur de la CIA, Bill Burns, avait quitté la région pour retourner aux États-Unis.

Selon une source égyptienne citée par Al-Qahera, les efforts des médiateurs égyptien, qatari et américain « se poursuivent pour faire converger les points de vue des deux parties ».

La Douzième chaîne a toutefois rapporté que le cycle actuel de négociations était terminé. Lors de leurs entretiens avec Burns mercredi, les dirigeants israéliens ont reproché au chef de la CIA d’avoir continué à assister aux pourparlers du Caire malgré ce qu’ils ont appelé les conditions inacceptables du Hamas, affirmant que sa présence risquait de donner l’impression erronée que le document du Hamas pouvait être utilisé comme base de progrès.

Les conditions que le Hamas a déclaré lundi avoir acceptées diffèrent sur de nombreux points essentiels d’une proposition qu’Israël a approuvée et que les États-Unis avaient qualifiée « d’extrêmement généreuse », les dirigeants du groupe terroriste affirmant que l’accord mettrait fin à la guerre. Toutefois, Israël a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’accepterait pas un accord impliquant la fin de la guerre et qu’il entendait reprendre sa campagne de démantèlement du Hamas apres avoir respecté les dispositions de l’accord en question.

Voici quelques-unes des différences : La proposition du Hamas prévoit la libération de 33 otages israéliens, vivants ou morts, alors que le texte israélien exige la libération de 33 otages vivants ; la proposition du Hamas supprime le droit de veto demandé par Israël concernant la libération de certains prisonniers sécuritaires palestiniens, et augmente le nombre de prisonniers sécuritaires palestiniens à relâcher ; la proposition du Hamas prévoit la libre circulation des habitants de Gaza vers le nord de la bande de Gaza, sans les contrôles de sécurité exigés par Israël pour empêcher les terroristes du Hamas de retourner vers le nord.

La proposition du Hamas modifie également l’échéancier de libérations d’otages au cours des différentes phases, ainsi que certaines spécificités du retrait des troupes israéliennes. Elle exige également la libération de tous les prisonniers sécuritaires palestiniens libérés dans le cadre de l’accord Shalit de 2011 et qui ont été à nouveau appréhendés depuis lors.

Fait significatif, le Hamas a indiqué lundi soir qu’il estimait avoir accepté les conditions d’une fin des hostilités, alors que le texte soutenu par Israël et la réponse du Hamas font tous deux référence au rétablissement d’un « calme durable ». Dans un paragraphe introductif, le texte du Hamas indique que « l’accord-cadre vise à […] un retour à un calme durable de manière à parvenir à un cessez-le-feu permanent ».

Jacob Magid a contribué à cet article.

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