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Un éminent rabbin ukrainien déconseille le pèlerinage à Ouman cette année

Le rabbin Moshe Azman a dit craindre pour la sécurité des visiteurs alors que Kiev et Jérusalem recommandent aux hassidim de ne pas faire le voyage annuel de Rosh HaShana

Illustration : Personnes vues dans la ville d'Ouman, dans le centre de l'Ukraine, le 26 janvier 2022. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Illustration : Personnes vues dans la ville d'Ouman, dans le centre de l'Ukraine, le 26 janvier 2022. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Un éminent rabbin basé à Kiev a déconseillé lundi aux fidèles juifs de se rendre dans la ville ukrainienne d’Ouman pour le pèlerinage annuel sur la tombe du rabbin Nahman de Breslev pendant Roch HaShana, en raison de la situation dangereuse dans le pays aux prises avec l’offensive russe.

Dans une interview accordée à la radio israélienne 103FM, le rabbin Moshe Azman – l’une des nombreuses personnalités à se revendiquer grand rabbin d’Ukraine – a averti les potentiels visiteurs que si l’Ukraine n’était pas fermée au monde, le pays n’était pas en mesure de garantir leur sécurité à l’heure actuelle.

« J’ai peur qu’il y ait des provocations. Qui va prendre la responsabilité de la vie des gens ? », a déclaré Azman.

Rabbi Nahman était une sommité du XVIIIe siècle et a fondé le mouvement hassidique de Breslev. La ville d’Ouman, où se trouve la tombe du rabbin, accueille habituellement quelque 30 000 visiteurs pendant la fête de Rosh HaShana, la plupart venant d’Israël.

En juillet, l’ambassade d’Ukraine en Israël a émis une mise en garde contre les déplacements à l’occasion du pèlerinage. L’ambassadeur ukrainien en Israël, Yevgen Korniychuk, a pour sa part déclaré à des médias ultra-orthodoxes que le pays « n’était pas en mesure de garantir la sécurité des pèlerins » suite à l’offensive russe, demandant à la communauté haredi de « prier pour la victoire de l’Ukraine ».

La maire d’Ouman, Iryna Pletnyova, a également cherché à dissuader les pèlerins de venir, soulignant que la ville n’avait pas la capacité d’assurer la protection de dizaines de milliers de visiteurs potentiels.

Le grand rabbin de la synagogue Brodsky de Kiev, Moshe Azman, en prière, le 8 août 2022. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)

Toutefois, l’ambassadeur d’Israël en Ukraine, Michael Brodsky, a déclaré le mois dernier que « rien n’avait encore été décidé » et que l’État juif respecterait les souhaits de Kiev en la matière. Il a ajouté que le gouvernement déconseillait aux Israéliens de se rendre sur le site cette année.

Entre-temps, les dirigeants de la communauté juive d’Ouman ont insisté sur le fait qu’Ouman se trouvait loin des lignes de front et qu’un arrangement en matière de sécurité pourrait être mis en place pour assurer le bon déroulement du pèlerinage.

En plus des inquiétudes sécuritaires, le voyage vers l’Ukraine pose des difficultés au niveau logistique dans la mesure où les transporteurs aériens ne proposent plus de vols commerciaux vers le pays. La seule manière d’entrer sur le territoire est de traverser les frontières terrestres – par train ou par bus. La frontière moldave semble être la voie la plus rapide pour se rendre à Ouman.

Malgré ces difficultés, les habitants de la ville ont déclaré au Times of Israel le mois dernier qu’ils s’attendaient à l’arrivée des pèlerins.

Lazar Berman et l’équipe du Times of Israel ont contribué à la rédaction de cet article. 

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