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Un groupe de rap exclu d’un festival après avoir vandalisé le drapeau israélien

Le festival de Sziget, en Hongrie, a condamné l'initiative du groupe espagnol Tribade, disant qu'elle allait à l'encontre des principes d'acceptation et de respect de l'évènement

Tribade: Bittah, Masiva Lulla, Sombra Alor, avec DJ Mark. (Crédit : Fegobe via Wikipedia)
Tribade: Bittah, Masiva Lulla, Sombra Alor, avec DJ Mark. (Crédit : Fegobe via Wikipedia)

Un groupe espagnol qui s’est produit lors d’un célèbre festival de musique en Hongrie ne pourra plus y revenir lors d’éditions ultérieures après la diffusion d’une vidéo montrant ses membres en train de vandaliser un drapeau israélien dans le cadre de l’évènement.

Le festival de musique de Sziget a fait savoir, dans un communiqué, qu’il condamnait l’initiative prise par le groupe Tribade qui, selon lui, est allée à l’encontre des valeurs défendues par l’événement.

« Les actions du groupe Tribade vont à l’encontre des valeurs d’accueil et de respect que nous chérissons et nous condamnons profondément ce coup publicitaire haineux », a noté le communiqué.

« Le groupe ne sera pas réinvité, bien sûr, lors de notre festival à l’avenir », ont ajouté les organisateurs.

Ce groupe de rap constitué de trois femmes avait diffusé, dimanche, des images du concert donné au festival sur Instagram, avec une vidéo montrant les rappeuses en train d’écrire des déclarations défavorables à l’État d’Israël et en soutien aux Palestiniens sur un drapeau israélien.

Sur la vidéo, les membres du groupe passent devant plusieurs tentes apparemment utilisées par des invités israéliens du concert, avant d’arriver jusqu’au drapeau et de sortir des feutres noirs.

Elles écrivent différentes déclarations sur le drapeau, notamment : « Israël n’existe pas », « Palestine libre » et « Mangez ça » à côté du dessin d’un pénis.

Le ministère des Affaires étrangères a condamné « l’horrible » incident dans une déclaration, indiquant qu’il demanderait des éclaircissements aux organisateurs de l’événement et qu’il assurerait le suivi de l’affaire.

De son côté, l’Union européenne des étudiants juifs a écrit avoir été « dégoûtée par l’acte de vandalisme commis par le groupe Tribade, un groupe de hip-hop originaire de Barcelone, sur un drapeau israélien ».

L’organisation a appelé les responsables du festival à « condamner les artistes qui ont utilisé sa plateforme pour inciter à la haine ».

Tribade n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Inbal Mittelman, une Israélienne présente lors du festival, a confié au site d’information Srugim, lundi, sa frustration face à l’incident, ajoutant qu’elle espérait que les organisateurs interdiraient au groupe de remonter sur scène à l’avenir.

Mittelman a noté avoir subi des manifestations d’antisémitisme lors du festival. Brandissant les couleurs israéliennes lors d’un concert, des personnes du public « ont renversé de l’alcool sur moi et ils m’ont crié dessus en me disant de baisser mon drapeau, ils ont essayé de me l’enlever », a-t-elle raconté.

Tribade a été fondé en 2017 à Barcelone et compte trois membres : Bittah, Sombra Alor et Masiva Lulla, qui se produisent aux côtés de DJ Big Mark.

L’affiche du festival Sziget de cette année comprenait certains des plus grands noms de la musique populaire actuelle, comme Arctic Monkeys, Tame Impala, Dua Lipa, Calvin Harris, Justin Bieber et Kings of Leon. Les Israéliens Noga Erez, Lola Marsh et Echo s’y sont également produits.

Ces dernières années, de nombreux groupes internationaux ont subi la pression de la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre Israël, et certains ont annulé des concerts qu’ils avaient prévus dans le pays.

Pourtant, Tel Aviv reste une destination pour de nombreux artistes internationaux, et a accueilli le concours de l’Eurovision en 2019 – avec notamment une prestation de Madonna – après qu’Israël a remporté le concours l’année précédente.

Maroon 5 s’est produit en Israël en mai, le rappeur 50 Cent en juillet et One Republic devrait revenir cet automne.

En octobre, plus de 200 célébrités, dont les acteurs Mila Kunis, Billy Porter, Neil Patrick Harris et Helen Mirren, ont signé une lettre dénonçant les efforts du BDS pour boycotter un festival de films LGBTQ à Tel Aviv.

Tobias Siegal a contribué à la rédaction de cet article.

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