Rechercher

Un imam de Lod arrêté pour incitation présumée à la violence sur le Mont du Temple

Selon son avocat, le cheikh Yusuf Albaz a été interrogé par la police au sujet de commentaires sur la mosquée d'Al-Aqsa ; il a été accusé l'année dernière d'incitation à la haine

Le cheikh Yusuf Albaz lors d'une audience au tribunal de première instance de Rishon Lezion, le 28 octobre 2021. (Crédit: Flash90)
Le cheikh Yusuf Albaz lors d'une audience au tribunal de première instance de Rishon Lezion, le 28 octobre 2021. (Crédit: Flash90)

La police a procédé samedi à l’arrestation d’un imam dans la ville de Lod pour incitation à la violence présumée, ont indiqué les forces de l’ordre.

Cheikh Yusuf Albaz, 63 ans, imam à la Grande mosquée de Lod, a été interrogé sur ses positions concernant la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, a déclaré son avocat au quotidien Haaretz.

D’après le journal, Albaz a accueilli le Cheikh Raed Salah – le leader incendiaire d’un groupe islamiste illégal – dans sa mosquée jeudi dernier, ce qui a provoqué la colère des résidents juifs locaux. Salah a été libéré de prison en décembre après une condamnation de 17 mois pour incitation au terrorisme et appartenance à une organisation illégale.

Albaz, qui est allié à la Branche nord du Mouvement islamique, un mouvement illégal, a également qualifié Israël d’« État ennemi » et souhaité la « mort » de l’« occupation sioniste » dans de précédents messages en ligne.

L’imam a également participé à une conférence dans sa mosquée à Londres dimanche, s’en prenant aux autorités israéliennes qui « interviennent dans ce qui se passe dans la mosquée [Al-Aqsa]. » Des affrontements quasi quotidiens ont eu lieu entre Palestiniens et policiers sur le Mont du Temple ces dernières semaines, en plein mois sacré du Ramadan.

« Imaginez ce qui se serait passé s’ils avaient fait la même chose dans une synagogue », aurait dit Albaz selon Haaretz, faisant référence au contrôle anti-émeute de la police dans et autour de la mosquée.

La police a déclaré qu’il avait été arrêté en raison de « la publication, au cours de la semaine écoulée, de contenus soupçonnés d’incitation contre les forces de sécurité et de soutien à des troubles violents de l’ordre, entre autres choses ».

Il doit être présenté devant un tribunal dimanche pour prolongation de sa détention provisoire, a indiqué la police.

En juillet dernier, Albaz a été inculpé pour avoir publié des messages sur les réseaux sociaux concernant des policiers à la suite des violences, ainsi que pour avoir menacé le maire adjoint de Lod, Yossi Harush.

Les tensions entre les communautés juive et arabe d’Israël ont dégénéré en violence généralisée dans de nombreuses zones ethniquement mixtes le mois dernier, coïncidant avec le conflit de 11 jours à Gaza. Les villes mixtes du pays ont été transformées en véritables zones de guerre, la police ne parvenant pas à contenir ces troubles internes, les plus graves qui aient frappé le pays depuis des années.

Lod a été le théâtre de certaines des pires violences ethniques, un Juif et un Arabe ayant été tués dans des incidents distincts pendant les troubles.

L’imam, qui est allié à la branche nord du Mouvement islamique, a également qualifié Israël « d’État ennemi » et souhaité la « mort » de « l’occupation sioniste » dans des messages en ligne.

Cette arrestation intervient alors que les tensions se sont fortement accrues entre Israël et les Palestiniens ces dernières semaines, sur fond d’attaques terroristes répétées dans les villes israéliennes et les implantations de Cisjordanie, qui ont fait 15 morts.

L’escalade des violences a eu lieu pendant le mois sacré musulman du Ramadan, qui est souvent une période de forte tension en Israël et en Cisjordanie.

L’armée a intensifié ses activités en Cisjordanie afin de tenter de réprimer la spirale de la violence. Les raids qui ont suivi ont déclenché des affrontements qui ont fait au moins 26 morts parmi les Palestiniens, dont beaucoup avaient pris part aux affrontements, tandis que d’autres semblaient être des civils non impliqués.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...