Un « miracle » que la roquette de Gaza ait épargné les élèves, disent les témoins
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Témoignage

Un « miracle » que la roquette de Gaza ait épargné les élèves, disent les témoins

Les dégâts auraient pu être importants si la roquette avait explosé, qu'elle était retombée à quelques mètres ou qu'elle avait été été tirée quelques secondes plus tôt

Un élève dans une école religieuse de Sdérot, en Israël, après une frappe à la roquette de la bande de Gaza, le 13 juin 2019 (Crédit :  AP/Tsafrir Abayov)
Un élève dans une école religieuse de Sdérot, en Israël, après une frappe à la roquette de la bande de Gaza, le 13 juin 2019 (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)

La majorité des élèves étaient déjà partis pour le week-end mais plusieurs personnes se trouvaient toutefois encore dans une école religieuse de Sdérot, jeudi soir. Trois d’entre elles venaient de s’installer pour étudier des psaumes quand une alarme à la roquette a résonné, juste avant 21 heures.

Quelques secondes plus tard, un missile s’est écrasé contre un mur, à quelques mètres, projetant des éclats de béton et de verre sans faire de blessés.

Selon des témoins, si la roquette avait frappé quelques minutes plus tôt, si la principale salle de classe avait été remplie d’élèves ou que le projectile s’était écrasé quelques mètres plus loin, le bilan aurait pu être très différent.

« C’est arrivé à deux ou trois mètres de moi », a raconté Shalom Kahlon, un ancien élève qui se trouvait dans la salle de cours au moment de l’explosion, au site d’information Ynet.

Les dégâts fait dans une école religieuse à Sderot, après un tir de roquette depuis la bande de Gaza, le 13 juin 2018 (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)

« Elle a frappé le mur à trois mètres de là – c’est là que je me trouvais. Si la roquette était tombée quelques centimètres plus loin, sur le côté, je ne sais pas si je serais encore en train de parler maintenant », a-t-il ajouté.

Kahlon et d’autres ont évoqué le bruit au moment où le projectile a touché le bâtiment de plusieurs étages qui abrite l’école, dans la soirée de jeudi, même si une ogive n’a pas explosé – ce qui aurait pu entraîner bien plus de dommages.

Un homme aux abords d’une école religieuse à Sderot, après que l’établissement a été touché par une roquette de la bande de Gaza, le 13 juin 2019 (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)

La frappe a fait exploser quelques fenêtres en acier trempé et elle a laissé un large trou dans un mur extérieur, là où l’impact a été direct, et des débris ont été propulsés sur le trottoir. Les autorités ont fait savoir qu’il n’y avait pas eu de blessés.

« C’est un miracle », a déclaré devant les caméras de la Douzième chaîne le rabbin principal de la yeshiva, Shlomo Binyamin. « Dix minutes avant seulement, il y avait 15 élèves qui disaient les prières de la soirée dans la pièce ».

Environ 150 élèves fréquentent la yeshivat hesder Lev Ladaat, selon son site internet. Si la roquette était tombée un autre jour de la semaine, davantage d’étudiants auraient pu être présents – mais un grand nombre d’entre eux étaient déjà rentrés chez eux pour le week-end.

Un rabbin à l’intérieur d’une école religieuse de Sderot, en Israël, après qu’elle a été touchée par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, le 13 juin 2019 (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)

Une synagogue Habad-Loubavitch adjacente à l’école accueillait également plusieurs personnes au même moment, selon le rabbin Moshe Zeev Pizem, qui animait une session d’étude de la Bible quand le projectile s’est abattu.

« Nous étions en plein cours de Torah et au milieu du cours, il y a eu le déclenchement de la sirène et quelques secondes plus tard, une très forte explosion qui a fait sursauter tout le monde », a-t-il confié à la Treizième chaîne. « Un instant plus tard, nous avons réalisé que nous étions tous en vie. »

En raison de la proximité de Sderot avec Gaza, les habitants de la ville ne disposent que de 15 secondes ou moins pour se rendre dans un abri antiaérien lorsque la sirène est actionnée. Un grand nombre de bâtiments récemment construits dans cette municipalité qui a essuyé des milliers de tirs de roquette depuis le début des années 2000 ont été édifiés en béton armé. L’immeuble qui accueille la yeshiva a été construit en 2012.

Cette roquette était la deuxième à être envoyée depuis l’enclave côtière mais, contrairement à la première, elle n’a pas été interceptée par le système anti-missile du Dôme de fer pour des raisons indéterminées.

Les politiciens et d’autres ont réclamé une opération militaire majeure, jeudi soir, appelant notamment à l’assassinat des leaders du Hamas pour mettre un terme aux violences croissantes.

« La situation telle qu’elle est ne peut pas continuer », a expliqué le maire de Sdérot, Alon Davidi. « Comme je l’ai dit dans le passé, seule une opération militaire ramènera la paix dans la région ».

Des bateaux de pêche palestiniens sur la mer Méditerranée dans le port de Gaza, le 10 mai 2019. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Les Palestiniens ont fait savoir que des frappes aériennes avaient eu lieu vendredi matin près de Gaza City, une riposte apparente aux tirs de roquette.

Les tensions avec Gaza se sont accrues ces derniers jours. Israël a interdit aux pêcheurs gazaouis l’accès à la mer, mercredi, en réponse au lancement de ballons incendiaires de l’autre côté de la frontière.

Ces tensions pourraient réduire à néant une trêve officieuse conclue après une escalade majeure des violences, survenue au mois de mai, qui a entraîné la mort de quatre Israéliens et de 29 Palestiniens. Les Gazaouis affirment que l’Etat juif a tardé à mettre en oeuvre certaines dispositions du cessez-le-feu.

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