Un policier demande à un homme de supprimer une photo de Netanyahu sur Facebook
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Un policier demande à un homme de supprimer une photo de Netanyahu sur Facebook

Un policier a expliqué à un citoyen que l'utilisation de la photo du Premier ministre semblant faire un salut nazi est un délit, et qu'il pourrait être convoqué pour interrogatoire

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 30 juin 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 30 juin 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Un policier est intervenu jeudi au domicile d’un particulier qui avait publié une photo du Premier ministre Benjamin Netanyahu sur Facebook et lui a demandé de la retirer, a rapporté vendredi le journal Haaretz, dans ce qui semble être un cas frappant en matière d’abus de pouvoir de la police.

Sagi Haber, habitant de Givatayim, a publié la photo, datant d’il y a environ 30 ans, dans laquelle Netanyahu fait un geste de la main qui peut ressembler au salut nazi, en l’accompagnant des mots : « Une marque pour les idiots. » La photo elle-même n’a été modifiée en aucune façon, et Haber n’a fait aucune allusion au nazisme dans son message.

Un commentateur a dit à Haber qu’il s’était plaint à la police au sujet du post. Une heure après que Haber a publié la photo, un officier de police est arrivé à la porte de Haber et lui a dit qu’il avait commis une infraction pénale en incitant à la violence contre le Premier ministre, et qu’il devait supprimer la publication.

Bien que Haber ait insisté auprès du policier sur le fait que la photo relevait du domaine public, l’officier a insisté sur le fait qu’elle constituait une incitation à la haine et a déclaré que Haber pouvait être convoqué pour être interrogé concernant son post.

Haaretz a fait remarquer que la police n’avait pas le pouvoir d’ordonner à quiconque de retirer un contenu en ligne sans l’autorisation du ministère public.

Haber a déclaré avoir fini par céder et a supprimé le post, car il craignait d’être arrêté alors qu’il devait s’occuper de sa mère malade. Mais il a été horrifié par cette expérience.

« Depuis quand la police envoie-t-elle des agents chez les gens qui publient des messages ou des photos ? C’est fou », a-t-il déclaré.

Dans un communiqué, la police a indiqué qu’elle respectait la liberté d’expression mais luttait contre les actes d’incitation à la haine et les appels à la violence, et que « le cas en question sera examiné et traité en conséquence ».

Depuis des semaines, les manifestants organisent régulièrement des rassemblements devant la résidence du Premier ministre, rue Balfour à Jérusalem, ainsi qu’à Tel Aviv et dans d’autres secteurs, pour demander au Premier ministre de démissionner en raison de son inculpation pour corruption. Ils ont été rejoints ces dernières semaines par des personnes protestant contre les politiques économiques du gouvernement pendant la pandémie de coronavirus, avec la présence de milliers de personnes en augmentation constante.

Netanyahu s’est plaint de la violence des discours entourant les manifestations et a affirmé que les incitations à son encontre étaient très répandues.

Début juillet, un homme de Beer Sheva a été inculpé pour avoir menacé Netanyahu sur les réseaux sociaux. L’homme, âgé de 39 ans, a été arrêté à la suite d’une enquête menée par la division cybernétique de l’unité nationale de lutte contre le crime, Lahav 433. Il a été identifié par les médias israéliens comme étant Asher Ben Dor.

En juin, un homme d’Ashkelon a été inculpé pour avoir publié des menaces à l’encontre de Netanyahu sur des réseaux sociaux. Tzvi Sabag, 57 ans, a été accusé d’avoir écrit sur Facebook des messages de menaces directes contre le Premier ministre en novembre de l’année dernière et d’avoir également menacé Yair Netanyahu.

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