Un rabbin qui avait salué les attaques contre les Arabes inculpé pour incitation à la violence
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Un rabbin qui avait salué les attaques contre les Arabes inculpé pour incitation à la violence

L'accusation cite un article de 2013 dans lequel Yosef Elitzur disait que ce sont les auteurs des attaques du type Prix à payer “qui assument l'entière responsabilité de la sécurité des Juifs”

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le rabbin Elizur, au centre, discute avec son avocat au tribunal de  Rishon Lezion en août 2010 (Crédit : Roni Schutzer/Flash90)
Le rabbin Elizur, au centre, discute avec son avocat au tribunal de Rishon Lezion en août 2010 (Crédit : Roni Schutzer/Flash90)

Le rabbin d’une implantation qui avait salué et encouragé les agressions contre les Palestiniens dans deux articles a été inculpé mardi pour incitations à la violence.

L’acte d’accusation contre le rabbin de l’implantation de Yitzhar, Yosef Elitzur, cite deux articles incendiaires écrits par l’enseignant et chroniqueur controversé en 2013. Le procureur général Avichai Mandelblit a approuvé l’inculpation d’Elitzur, décidée mardi par la Cour des magistrats de Tel Aviv.

Elitzur est le co-auteur du livre controversé Torat Hamelech, qui suggérait que la loi juive autorise le meurtre de non-Juifs dans certaines circonstances, même si aucune accusation d’incitation à la violence n’avait été retenue pour ce texte.

Dans le premier article, publié sur internet vingt-quatre heures après le meurtre d’Evyatar Borovsky, père israélien de cinq enfants, dans un attentat terroriste en Cisjordanie, Elitzur saluait les Juifs commettant des crimes de haine contre les Palestiniens, « les pionniers d’un certain nombre de personnes qui ne cesse de croître, et qui assument la responsabilité de la sécurité des Juifs ». Il avait écrit que de tels agresseurs représentaient une vision pour le gouvernement qui incarne véritablement le peuple juif.

Dans un deuxième article publié le même mois, Elitzur était allé plus loin, suggérant que les agresseurs juifs extrémistes menaient la mission de l’armée israélienne en « contenant » le terrorisme palestinien. Il avait indiqué que les crimes commis en représailles devaient être considérés dans un « sens positif » afin d’unir le peuple juif.

Ces deux articles étaient parus sur le site internet Hakol Hayehudi.

Un policier palestinien inspecte les dommages dans la maison incendiée d'un témoin clé au procès pour incendie criminel et meurtre de deux extrémistes juifs après une attaque de juillet 2015 à Duma, qui a fait trois morts palestiniens, un bébé et ses parents, à Duma, en Cisjordanie, le 20 mars 2016. (Crédit : AFP/Jaafar Ashtiyeh)
Un policier palestinien inspecte les dommages dans la maison incendiée d’un témoin clé au procès pour incendie criminel et meurtre de deux extrémistes juifs après une attaque de juillet 2015 à Duma, qui a fait trois morts palestiniens, un bébé et ses parents, à Duma, en Cisjordanie, le 20 mars 2016. (Crédit : AFP/Jaafar Ashtiyeh)

L’inculpation d’Elitzur, célèbre rabbin de la Yeshiva Od Yosef de Yitzhar, établit qu’il aurait dû supprimer les contenus lorsque les deux articles ont suscité des réactions considérables de la part des partisans de telles attaques. Ce qu’Elitzur n’avait toutefois pas fait, selon le document du tribunal.

Torat Hamelech, l’ouvrage de 2009 dont Elitzur est le co-auteur, conçu comme un recueil des lois religieuses juives déterminant les relations entre Juifs et non-Juifs, avait suscité de vives critiques car il débat des circonstances dans lesquelles la loi juive autoriserait le meurtre des non-juifs, sur la base d’une lecture sélective et controversée des textes juifs.

Un grand nombre de personnes avaient considéré que le livre justifiait la violence contre les Palestiniens et les Arabes. Un chapitre établissait que l’interdiction mentionnée par le commandement « Tu ne tueras point » ne s’applique pas à un Juif qui tue un non-Juif. Il affirmait également qu’il était autorisé de tuer un ennemi dans un état de guerre même si ce dernier ne représente pas une menace. En plus d’un chapitre consacré à l’infériorité spirituelle des non-Juifs, les auteurs écrivaient que même les non-combattants et les enfants – s’ils sont non-juifs – peuvent être tués en temps de guerre.

Même si les auteurs, Elitzur et le rabbin Yitzhak Shapira, sont affiliés au mouvement pro-implantation de droite, le livre et ses affirmations avaient été immédiatement rejetés par la majorité des dirigeants orthodoxes.

L’inculpation a eu lieu mardi, après le dépôt d’une requête du Centre d’action religieuse israélien (IRAC) et du groupe de lutte contre le racisme Tag Meir visant Elitzur devant la Haute cour de Justice, et demandant au procureur général d’approuver un acte d’inculpation policière.

Répondant au Times of Israël suite à l’inculpation, l’avocat de l’IRAC, Orly Erez-Likhovski, a affirmé que son organisation avait lancé des poursuites judiciaires contre Elitzur dès 2010, et que deux requêtes précédentes avaient déjà été déposées. Elle a souligné que la dernière action entreprise citait un article encore plus incendiaire datant de 2009, dans lequel Elitzur donnait des instructions sur la manière de mener des attaques contre les Arabes.

Elle a salué l’inculpation dans un autre communiqué, la qualifiant de « décision louable » de la part du tribunal. « Le rabbin Elitzur a écrit et publié de nombreuses déclarations incendiaires qui sont tombées dans les oreilles attentives de ses élèves – certains impliqués dans des actes terroristes contre les Arabes », a-t-elle dit.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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