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Une femme tuée d’une balle dans la tête à Lod, sa fille de 2 ans sur ses genoux

"On ne peut séparer une mère de ses enfants" ; Rabab Abu Siyam a été tuée en allant voir ses 3 filles, après avoir été contrainte de fuir la ville suite aux menaces de son ex-mari

Rabab Abu Siyam. (Crédit : Autorisation)
Rabab Abu Siyam. (Crédit : Autorisation)

Une enseignante d’école primaire de 30 ans a été abattue mardi soir par balle alors que sa fille de 2 ans jouait sur ses genoux en plein centre-ville de Lod.

Rabab Abu Siyam, mère de trois enfants, se trouvait dans son jardin, rue Ben Yehuda, lorsque des coups de feu ont été entendus par des témoins qui ont ensuite vu une voiture blanche filer.

La police a par la suite retrouvé le véhicule calciné dans une vallée.

Abu Siyam avait récemment divorcé, et aurait été menacée à plusieurs reprises par son ex-mari et elle a été contrainte de fuir la ville, selon des proches.

« J’étais étonné de la voir à la maison hier, mais elle m’a dit qu’elle voulait juste voir ses filles », a déclaré Mohammed Abu Siyam, le père de la victime, dans une interview accordée à Radio 103FM.

« Dans la soirée… j’étais à l’intérieur de la maison et ma fille était dehors. Quelqu’un est venu, a dépassé ma voiture garée et est entré dans la cour. La petite fille de deux ans et demi était sur ses genoux, et il lui a tiré dessus [Rabab Abu Siyam] six fois à la tête et trois fois sur le côté », a-t-il ajouté.

La police et le personnel médical sur les lieux enquêtent sur le meurtre d’une femme d’une trentaine d’années tuée par balle, à Lod, le 26 juillet 2022 (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

« Ma femme a essayé de la protéger, [mais] il l’a poussée. Je suis sorti et il s’est enfui. Ma femme a tout vu », a déclaré Mohammed Abu Siyam.

Il reproche à la police de Lod de ne pas avoir pris de mesures à ce sujet, affirmant que « tout le monde connaissait son histoire depuis six mois. »

« Je demande pardon à ma fille pour tout. Je sais ce que c’est que d’avoir des enfants. Vous ne pouvez pas séparer une mère de ses enfants », a ajouté Mohammed Abu Siyam.

Après l’intervention de la police, de violentes échauffourées ont éclaté entre la police et les habitants du quartier.

Rabab Abu Siyam avait été avertie par la police de ne pas revenir dans la ville sans prévenir les autorités, mais on ignore si son ex-mari avait reçu un avertissement formel ou s’il a, à quelque moment que ce soit, été arrêté.

La police et le personnel secouriste sur les lieux du meurtre d’une femme d’une trentaine d’années tuée par balle, à Lod, le 26 juillet 2022. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Lors d’une conférence de presse tenue tard dans la nuit de mardi à mercredi, le commandant de la police Avi Bitton a déclaré que la femme avait été priée de quitter la ville.

« Nous étions au courant de la situation de cette femme et de son conflit prolongé avec son mari, au cours duquel elle avait reçu de multiples menaces. La police de Lod lui avait recommandé à de multiples reprises d’aller dans un refuge et de quitter la ville », a-t-il déclaré.

« La semaine dernière, la police de Lod a rendu visite à Abu Siyam dans le sud du pays et l’a avertie de ne pas venir à Lod. Malheureusement, elle est revenue et l’événement s’est terminé en tragédie », a déclaré Bitton.

Contestant les commentaires de la police, qui semblaient au moins en partie rejeter la faute sur la victime, la députée Aida Touma-Sliman a déclaré à la chaîne de télévision publique Kan que la protection des femmes relevait de la responsabilité de tous.

« Les femmes ne peuvent pas être enfermées dans des refuges toute leur vie », a déclaré Touma-Sliman, chef de la commission de la Knesset sur le Etatut des femmes et l’Égalité des sexes.

« Je ne pense absolument pas que la police fasse tout ce qu’elle peut », a-t-elle ajouté.

Les militants déplorent depuis longtemps l’insuffisance des mesures prises pour prévenir la violence à l’égard des femmes en Israël, en particulier dans les cas connus des autorités.

Des manifestants israéliens protestent contre les violences faites aux femmes sur la place Habima à Tel Aviv, le 18 mai 2020. (Tomer Neuberg / Flash90)

Selon des chercheurs à l’Observatoire israélien du féminicide (IOF) relié à l’Université hébraïque, le mois de juin a été jusqu’à présent le plus violent de l’année en ce qui concerne le meurtre de femmes, avec quatre décès en dix jours.

Une étude du centre portant sur la première moitié de 2022 a révélé une augmentation de 71 % des féminicides par rapport à la même période de l’année dernière – 12 contre 7.

Dans son rapport de janvier, le centre a indiqué qu’il y avait eu 16 cas de femmes assassinées par un parent ou un partenaire en Israël en 2021, et 21 cas en 2020.

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