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Blinken se rend au Proche-Orient pour discuter de la « prochaine phase » de la guerre

Le secrétaire d'État américain se rendra dans plusieurs pays de la région pour inciter Israël à fournir une aide aux Palestiniens et à permettre aux Gazaouis de rentrer chez eux

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken arrivant à Zumpango, au Mexique, le 27 décembre 2023. (Crédit : Rodrigo Oropeza/AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken arrivant à Zumpango, au Mexique, le 27 décembre 2023. (Crédit : Rodrigo Oropeza/AFP)

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken s’est embarqué jeudi soir pour sa quatrième tournée au Moyen-Orient depuis le début du conflit entre Israël et le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas, dans un contexte de craintes quant à l’embrasement dans un contexte régional.

Le porte-parole du département d’État, Matt Miller, a indiqué ce jeudi à la presse que le secrétaire d’État s’attend à tenir de difficiles discussions. Outre en Israël en début de semaine prochaine, Blinken se rendra dans cinq pays arabes – la Jordanie, le Qatar, les Émirats, Arabie saoudite et l’Égypte -, ainsi qu’en Cisjordanie, siège de l’Autorité palestinienne (AP).

Blinken s’est envolé de Washington jeudi soir vers la Turquie, première étape de cette tournée prévue pour durer jusqu’au 10 janvier.

En Israël, le secrétaire d’État discutera de la « transition vers la phase suivante » de la guerre, a indiqué Miller. Il s’agira notamment de « permettre aux Palestiniens de retourner dans leurs maisons et leurs quartiers à mesure que les combats ralentissent », a déclaré le porte-parole du département d’État.

Israël a jusqu’à présent empêché les Palestiniens de revenir dans le nord de la bande de Gaza, dont il avait ordonné l’évacuation dès les premiers jours de la guerre, expliquant que des terroristes du Hamas, entres autres factions se trouvent toujours dans ces zones. La remarque de Miller démontre une intensification progressive des appels américains à Israël pour qu’il permette aux Palestiniens de retourner dans le nord de la bande de Gaza, où de nombreuses maisons ont été détruites lors des combats.

Le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a présenté jeudi un plan pour l’après-guerre à Gaza, dans lequel il a indiqué que les habitants du nord de Gaza ne seraient pas autorisés à rentrer chez eux tant que tous les otages pris par les groupes terroristes n’auraient pas été libérés.

Des soldats israéliens inspectant un camion égyptien transportant de l’aide humanitaire pour la bande de Gaza, au point de passage de Kerem Shalom, dans le sud d’Israël, le 22 décembre 2023. (Crédit : Maya Alleruzzo/AP Photo)

Le secrétaire d’État américain discutera des « mesures immédiates visant à accroître considérablement l’aide humanitaire à Gaza », où la situation humanitaire est décrite par l’ONU et les ONG comme « catastrophique ».

Avant la guerre, quelque 500 camions de marchandises entraient chaque jour à Gaza. Mais depuis, ce chiffre a chuté à une moyenne de moins de 100 par jour, à l’exception d’une trêve de sept jours à la fin du mois de novembre, au cours de laquelle 200 camions d’aide sont entrés dans la bande de Gaza quotidiennement.

Israël a accepté, sous la pression des États-Unis, de rouvrir son point de passage de Kerem Shalom le mois dernier, ce qui a permis pour la première fois à l’aide d’entrer directement dans Gaza depuis Israël, tout comme l’aide passant par le point de passage égyptien de Rafah.

Israël aurait envisagé une série d’autres gestes visant à maintenir le soutien des États-Unis à la guerre.

Miller a ajouté que Blinken discuterait avec ses homologues israéliens des mesures concrètes à prendre pour réduire le nombre de victimes civiles à Gaza, réaffirmant que le nombre de civils est beaucoup trop élevé.

Toutefois, lors d’une conférence de presse tenue jeudi, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, a déclaré aux journalistes que les États-Unis « n’ont rien vu qui nous convaincrait de la nécessité d’adopter une approche différente pour tenter d’aider Israël », malgré le nombre élevé de victimes civiles.

Le secrétaire d’État s’entretiendra également avec des responsables israéliens sur « la nécessité de faire davantage pour réduire les tensions en Cisjordanie », a indiqué Miller, alors que les États-Unis continuent de mettre Jérusalem au pied du mur en ce qui concerne la violence des résidents d’implantations et le déblocage de dizaines de millions de dollars de recettes fiscales qui appartiennent à l’AP.

La sécurité des otages restants – notamment de citoyens américains – à Gaza, sera la priorité de Blinken au cours de son voyage, a déclaré Miller, affirmant que le secrétaire d’État n’abandonnera pas tant qu’ils n’auront pas tous été libérés.

Le chef de la diplomatie américaine continuera à faire progresser les efforts des États-Unis pour empêcher que le conflit à Gaza ne s’étende à d’autres fronts et « discutera des mesures spécifiques que les parties peuvent prendre, notamment de la manière dont elles peuvent user de leur influence auprès d’autres acteurs de la région pour éviter l’escalade ».

Les services d’urgence iraniens arrivant sur le site où deux explosions successives ont frappé une foule célébrant l’anniversaire de l’assassinat en 2020 du général de la Garde Qassem Soleimani, près de la mosquée Saheb al-Zaman dans la ville de Kerman, dans le sud de l’Iran, le 3 janvier 2024. (Crédit : MEHR NEWS/AFP)

Dans le cadre de ces discussions, Blinken évoquera la nécessité de prendre des mesures pour décourager les attaques des Houthis contre la navigation commerciale en mer Rouge, a précisé Miller.

Le secrétaire d’État profitera de ses réunions pour exhorter toutes les parties à prendre des mesures en vue de parvenir à une résolution permanente du conflit israélo-palestinien et de promouvoir une région plus intégrée, « notamment un mécanisme durable de reconstruction et une gouvernance dirigée par les Palestiniens d’une Cisjordanie et d’une bande de Gaza unifiées », selon Miller.

« Nous ne nous attendons pas à ce que toutes les conversations de ce voyage soient faciles. Il est évident que la région est confrontée à des problèmes difficiles et que des choix difficiles s’imposent », a affirmé Miller.

« Mais le secrétaire d’État estime qu’il est de la responsabilité des États-Unis de mener des efforts diplomatiques pour s’attaquer de front à ces défis », a-t-il ajouté.

La position américaine est délicate : les États-Unis sont le premier soutien militaire d’Israël mais ils rejettent un cessez-le-feu réclamé avec force par les pays arabes notamment.

Washington n’est pas opposé en revanche à des pauses humanitaires comme celle qui a eu lieu en novembre permettant la libération d’otages retenus par le Hamas.

En dépêchant une nouvelle fois le secrétaire d’État américain dans la région – ce sera son cinquième déplacement officiel en Israël depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre -, les États-Unis entendent ainsi maintenir la pression sur les autorités israéliennes.

Des terroristes du Hamas portant le cercueil de Saleh al-Arouri, l’un des principaux commandants du Hamas, tué le 2 janvier lors d’une frappe attribuée à Israël, à Beyrouth, au Liban, le 4 janvier 2024. (Crédit : Hussein Malla/AP)

 « Eviter l’escalade » 

Les craintes de voir la guerre embraser tout le Moyen-Orient se sont encore accrues depuis l’élimination mardi du numéro 2 du Hamas, Saleh al-Arouri, dans la banlieue sud de Beyrouth, et une double explosion qui a fait 84 morts mercredi en Iran, revendiquée jeudi par le groupe terroriste État islamique (EI).

Ces deux faits ont alimenté la crainte que la guerre entre Israël et le Hamas ne se transforme en un conflit régional plus large. Après l’assassinat d’al-Arouri, Hassan Nasrallah, chef du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah , mandataire de l’Iran, a menacé de faire la guerre à Israël, qu’il a rendu responsable de l’assassinat, qu’il a qualifié de « crime majeur et dangereux sur lequel nous ne pouvons pas rester silencieux ».

Toutefois, les États-Unis et Israël ont souligné que la frappe attribuée à Israël ne visait que des responsables du Hamas au Liban, et le porte-parole du département d’État américain Miller a supposé mercredi que l’inquiétude de Washington concernant l’escalade du conflit n’était pas plus élevée après l’assassinat d’al-Arouri qu’elle ne l’était auparavant.

Plusieurs responsables iraniens de rang inférieur ont imputé aux « sionistes » les explosions survenues lors de la commémoration de Qassem Soleimani, bien que le groupe terroriste sunnite EI, qui s’oppose au régime chiite de l’Iran, ait ensuite revendiqué les explosions.

L’envoyé spécial américain Amos Hochstein, dépêché au Moyen-Orient pour tenter d’apaiser les tensions après l’élimination d’al-Arouri, a rencontré Gallant jeudi pour discuter de la possibilité d’accords diplomatiques avec le Hezbollah qui permettraient à quelque 80 000 résidents déplacés du nord d’Israël de rentrer chez eux.

La communauté internationale s’inquiète aussi de la multiplication des attaques de navires marchands par les Houthis du Yémen en mer Rouge, exhortant ces derniers à cesser « immédiatement leurs attaques illégales », faute de quoi ces rebelles, proches de l’Iran, en assumeront les « conséquences ».

Blinken s’en est d’ailleurs entretenu mercredi avec son homologue française Catherine Colonna, les deux responsables discutant de mesures visant à « éviter l’escalade au Liban et en Iran », a fait savoir jeudi le département d’État américain.

Les deux ministres ont échangé au téléphone de « l’importance de mesures visant à prévenir que le conflit à Gaza ne s’étende, dont des mesures visant à faire baisser la tension en Cisjordanie et à éviter l’escalade au Liban et en Iran », selon un communiqué.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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