Rechercher

D’après les médias, Ronen Bar aurait rencontré le maître de l’espionnage égyptien

Le chef du Shin Bet se serait entretenu avec Abbas Kamel après les critiques proférées par le Caire d'un raid de Tsahal en Cisjordanie, suite au cessez-le-feu à Gaza

Le chef du service de sécurité Shin Bet, Ronen Bar, quittant son domicile à Rishpon, dans le centre d'Israël, le 11 octobre 2021. (Crédit : Flash90)
Le chef du service de sécurité Shin Bet, Ronen Bar, quittant son domicile à Rishpon, dans le centre d'Israël, le 11 octobre 2021. (Crédit : Flash90)

Le chef du Shin Bet, Ronen Bar, se serait rendu en Égypte dimanche alors qu’Israël cherche à améliorer les liens entre Jérusalem et Le Caire – des relations qui se sont apparemment tendues depuis un cessez-le-feu négocié par l’Égypte pour mettre fin aux combats à Gaza, au début du mois.

La visite de Bar n’a pas été confirmée par des sources officielles en Israël ou en Égypte, mais l’information a été largement relayée par les médias israéliens.

De hauts responsables israéliens ont déclaré qu’au cours de ce voyage, Bar aurait rencontré le maître de l’espionnage égyptien Abbas Kamel, selon les médias israéliens.

Le Shin Bet a refusé de commenter cette affaire.

Les relations entre Jérusalem et Le Caire se seraient tendues – après la brève série d’hostilités entre Israël et le Jihad islamique à Gaza – en raison d’un malentendu concernant les mesures prises par Israël pour maintenir le calme.

L’Égypte a joué un rôle clé dans la négociation du cessez-le-feu. Les services d’espionnage égyptiens, dirigés par Kamel, font office, depuis des années, de principal canal de discussion entre Israël et les groupes terroristes basés à Gaza.

Selon le quotidien Haaretz, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait cru, lors d’un appel téléphonique avec le Premier ministre Yair Lapid, qu’Israël limiterait ses opérations de sécurité en Cisjordanie au cours de la période sensible suivant l’embrasement à Gaza.

Mais moins de 48 heures plus tard, Tsahal avait mené un raid à Naplouse, tuant le commandant des Brigade des martyrs d’Al-Aqsa, Ibrahim Nabulsi, et deux autres personnes, et faisant des dizaines de blessés dans des combats qui s’étaient généralisés dans toute la ville. Une opération qui aurait provoqué la colère du gouvernement égyptien.

À gauche, le Premier ministre Yair Lapid délivrant un message au lendemain de la clôture de l’opération Aube, depuis le quartier général de Tsahal à Tel Aviv, le 8 août 2022. À droite, le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi prononçant un discours lors du sommet One Ocean, à Brest, en Bretagne, le 11 février 2022. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO ; Ludovic Marin/Pool via AP)

Et peu après le conflit de trois jours, l’ambassadeur d’Égypte aux Nations unies, Osama Abdel Khalek, s’en était pris à Israël lors d’un discours prononcé devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

Alors que l’Égypte et d’autres pays arabes qui entretiennent des liens avec l’État juif continuent généralement à critiquer Israël à l’ONU, la rhétorique employée par l’ambassadeur Osama Abdel Khalek avait semblé particulièrement forte par rapport à celle utilisée publiquement par les responsables égyptiens ces dernières années, période durant laquelle les liens entre Israël et l’Égypte n’ont cessé de se réchauffer.

Cette semonce furieuse avait eu lieu juste après les remerciements que l’ambassadeur d’Israël aux Nations unies, Gilad Erdan, avait adressé à l’Égypte et à son président, Abdel-Fattah el-Sissi, « qui ont joué un rôle essentiel dans le rétablissement du calme et de la stabilité dans notre région ».

Un message similaire avait par ailleurs été transmis au dirigeant égyptien par le Premier ministre Yair Lapid lorsque les deux hommes s’étaient entretenus par téléphone.

Des roquettes tirées vers Israël depuis la ville de Gaza, le 6 août 2022. (Crédit : AP Photo/Fatima Shbair)

Les tensions avec Gaza avaient été déclenchées lorsque les forces de sécurité israéliennes avaient arrêté Bassem Al-Saadi, le chef de la branche cisjordanienne du Jihad islamique, le 1er août, dans la ville palestinienne de Jénine.

Quelques jours plus tard, Israël avait mené des frappes aériennes contre des cibles du Jihad islamique à Gaza en réponse à ce que l’armée avait qualifié de « menace concrète » d’une cellule terroriste qui prétendait vouloir tirer des missiles antichars de l’autre côté de la frontière sur des troupes et des civils israéliens, en riposte de l’arrestation de Saadi. Les frappes avaient été suivies par le tir de près de 1 000 roquettes en direction d’Israël, ainsi que par environ 170 contre-attaques israéliennes.

Selon le ministère de la Santé du Hamas, à Gaza, le bilan des récents combats à Gaza s’élève à 48 morts. Israël maintient que certains de ces décès sont probablement dus à des roquettes mal tirées par le Jihad islamique.

En tout, ce sont plus de 300 Palestiniens qui ont été blessés au cours de ces trois jours de conflit marqués par des attaques israéliennes contre des cibles du Jihad palestinien dans tout Gaza – les pires violences transfrontalières depuis la guerre de onze jours contre le Hamas qui a eu lieu l’année dernière.

Jacob Magid et Emanuel Fabian ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...