Des écoles de Gaza au Parti démocrate, les terroristes palestiniennes font rage
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Des écoles de Gaza au Parti démocrate, les terroristes palestiniennes font rage

Leila Khaled, pirate de l'air du FPLP, n'est pas seulement honorée dans le monde arabe, elle est souvent invitée en Europe. Et l'extrême gauche américaine reprend son idéologie

Des Palestiniens avec des affiches et des T-shirts représentant Dalal Mughrabi, une terroriste du Fatah responsable du massacre de la route côtière en 1978, qui a tué 38 Israéliens dont 13 enfants, pendant une manifestation à Ramallah, le 16 juillet 2008. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)
Des Palestiniens avec des affiches et des T-shirts représentant Dalal Mughrabi, une terroriste du Fatah responsable du massacre de la route côtière en 1978, qui a tué 38 Israéliens dont 13 enfants, pendant une manifestation à Ramallah, le 16 juillet 2008. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

C’était un spectacle inattendu : Une photo de Leila Khaled, la première femme au monde à détourner un AK 47, dans un tweet admiratif d’une jeune dirigeante socialiste américaine célébrant le 49e anniversaire du détournement par Khaled du vol TWA 840.

Était-il possible qu’une dirigeante politique américaine ambitieuse puisse aduler une terroriste qui a fait sauter un avion américain (alors vide) ?

La dirigeante en question, Olivia Katbi-Smith, est co-responsable de la branche de Portland (Oregon) des Democratic Socialists of America – DSA [Socialistes démocrates d’Amérique], la version reformatée et millénaire d’un groupe autrefois distingué dont les racines socialistes remontent à Eugene V. Debs, cinq fois candidat à la présidence et un des fondateurs des Industrial Workers of the World (IWW).

Le nombre de membres de la DSA a quadruplé depuis l’élection présidentielle de Bernie Sanders en 2016. De même, son âge moyen est passé de 68 à 33 ans entre 2013 et aujourd’hui. Après la défaite de Sanders aux primaires face à Hillary Clinton et la victoire de Donald Trump à la présidence, les nouveaux jeunes membres de la DSA se sont mobilisés au niveau national pour aider à élire Alexandria Ocasio-Cortez (New York), Rashida Tlaib (Michigan) et Ilhan Omar (Minnesota) au Congrès sur un programme progressiste qui encourage l’assurance maladie pour tous, un logement de qualité et des cours universitaires gratuits.

Depuis l’élection, le groupe a basculé plus à gauche et Katbi-Smith fait partie d’un mouvement qui remet en question la gouvernance démocratique traditionnelle. Mais pour les partisans d’Israël, il y a un côté troublant à son programme : Elle a aidé la DSA à adopter un plan pro-Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) dans la charte du groupe lors de sa convention nationale le 5 août 2017, sur le campus de l’Université de l’Illinois à Chicago. Lorsque 90 % des 697 délégués ont voté en faveur de la résolution du BDS, Katbi-Smith était ravie. Elle et les autres participants ont agité un drapeau palestinien et ont scandé : « Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre. »

Le journaliste politique Paul Berman écrivait récemment dans Tablet : « Dernièrement, DSA a eu le malheur d’être pris en charge par une foule de hipsters fraîchement sortis du collège. Et les hipsters ont naturellement transformé l’auguste organisation en un zoo de fantasmes politiques de toutes sortes, grotesques et effroyables, pour les gens qui… ne dissimulent pas beaucoup le fait qu’ils scandent ‘Mort aux Juifs' ».

Olivia Katbi-Smith prend la parole lors d’un rassemblement d’anciens combattants de l’armée américaine contre la guerre, à Portland, Oregon, en avril 2018. (Capture d’écran YouTube)

Katbi-Smith se dit une « Arabe sans complexe », considère Che Guevara comme un héros et, jusqu’à récemment, utilisait une photo de Leila Khaled comme en-tête sur Twitter. Au cas où il y aurait un doute sur son attitude envers l’Etat juif, elle a tweeté, « J’emmerde Israël ».

La glorification de Khaled, membre du groupe terroriste du Front palestinien de libération de la Palestine (FPLP), dont les activités terroristes les plus célèbres ont eu lieu il y a 50 ans, peut sembler dépassée.

Leila Khaled, qui a réussi à détourner un avion de ligne de la TWA à Damas, en Syrie, en 1969, tient une mitraillette dans un camp de réfugiés palestinien au Liban sur cette photo du 29 novembre 1970. (AP Photo/Eddie Adams, file)

Mais une récente recherche informelle dans les flux Twitter et les comptes Facebook d’activistes pro-palestiniens montre que des centaines de personnes en Europe et aux Etats-Unis ont publié des articles positifs sur Khaled, avec une large portée réaliste.

Alors que l’autonomisation des femmes est un cri de ralliement mondial, il est de plus en plus évident que les factions palestiniennes concurrentes promeuvent des images de femmes terroristes comme moyen de consolider leur propre fortune contre le Hamas. Le FPLP est considéré comme une organisation terroriste par l’Union européenne, les États-Unis, Israël et le Canada.

En réponse aux critiques concernant son admiration pour Khaled, Katbi-Smith a tweeté : « Leila Khaled n’a jamais fait de mal à un seul être humain. »

Mais cette affirmation ne concorde pas avec les faits historiques.

Les actes qui ont été commis

Il est vrai que personne n’a été tué lors du premier acte terroriste de Khaled, le détournement en août 1969 du vol TWA 840 de Rome à Tel Aviv, mais il est indéniable que des personnes ont été mises en danger. Après le déroutement de l’avion vers Damas, les passagers terrifiés ont reçu l’ordre de quitter l’avion rapidement, car des bombes avaient été placées dans le nez de l’appareil.

Après avoir enduré le détournement, les enfants, les parents et les personnes âgées se sont précipités pour descendre de l’avion avant qu’il n’explose. Une femme âgée a mouillé son pantalon de peur. Quelques minutes après la fin de l’évacuation, l’avant de l’avion a été entièrement détruit.

La plupart des passagers ont été libérés ce jour-là, à l’exception de six civils israéliens. Quatre des Israéliens ont été libérés après 24 heures. Les deux autres ont été arrêtés par les autorités syriennes longtemps après la libération de Khaled et de son complice. Les Syriens étaient ravis que le FPLP leur ait livré gratuitement des pions pour assurer un échange de prisonniers avec Israël.

Des négociations tendues ont abouti trois mois plus tard à la libération des otages israéliens en échange de 71 prisonniers de guerre syriens et égyptiens. Pour situer le contexte, tout cela n’a eu lieu que deux ans après la guerre des Six Jours, alors qu’un grand nombre d’Israéliens avaient subi des tortures odieuses dans les prisons syriennes.

Un an plus tard, Khaled (après avoir subi une chirurgie plastique pour se rendre méconnaissable dans le but précis de détourner un autre avion), s’est jointe à Patrick Arguento, membre du Front sandiniste de libération nationale du Nicaragua, pour tenter de détourner un avion El Al d’Amsterdam à NYC.

Le Boeing 707, numéro de série TWA N28714, se trouve dans la zone de réparation des dommages de l’avion au 309th Aerospace Maintenance and Regeneration Group Boneyard, le jeudi 14 mai 2015 à la base aérienne Davis-Monthan à Tucson, Ariz. Le 29 août 1969, des membres du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), dont Leila Khaled, ancienne membre du Conseil national palestinien, ont détourné l’avion. (AP Photo/Matt York)

Pendant le vol, Khaled a sorti une grenade de son soutien-gorge, a retiré la goupille et a exigé d’entrer dans le poste de pilotage. Le pilote israélien a envoyé l’avion en piqué, ce qui a fait perdre pied aux pirates de l’air, et Khaled a été maîtrisée par des passagers et les forces de sécurité avant qu’elle puisse tirer avec le fusil qu’elle avait retiré de sous ses vêtements.

Dans la lutte, son partenaire Arguento a tiré et blessé un intendant d’El Al, et Arguento lui-même a été tué par balle par un agent de la sécurité aérienne. L’avion n’a pas été détourné, mais il y a eu un mort et un blessé. Dame Chance est intervenue pour que la grenade n’explose pas dans l’avion à 30 000 pieds.

Genèse de Khaled l’icône pop

La violence étant aphrodisiaque, Khaled est devenue une icône. La journaliste britannique Eileen Macdonald écrivait dans « Shoot the Women First », « Elle a brisé mille et un tabous du jour au lendemain et révolutionné la pensée de centaines d’autres jeunes femmes en colère dans le monde ».

Une partie de la popularité de Khaled était alimentée par son sex-appeal : La plupart des comptes rendus de presse glorifiant son action révolutionnaire ont fait mention de son physique. En 1980, un journal norvégien a fait référence à ses « bombes » – l’argot norvégien pour seins.

C’était une vraie Bond Girl devenue voyou. Son allure a été rehaussée par une célèbre photo d’elle en chemise militaire, keffiyeh drapée sur une chevelure étincelante. Sur un doigt de sa main qui tenait une mitrailleuse se trouvait une bague qu’elle avait faite à partir d’une balle et d’une goupille de grenade.

Khaled a refusé plusieurs demandes d’interview avec le Times of Israel, mais dans des interviews précédentes, elle a répété à maintes reprises qu’elle n’avait jamais blessé personne. Elle a reconnu dans un documentaire de Lina Makboul de 2006, « Leila Khaled : Hijacker »,qu’elle savait que ses actions avaient bouleversé et effrayé les passagers, qui ne faisaient pas partie de ses griefs.

Mais elle était enhardie par ce qu’elle considérait comme un objectif plus important : « Nous avons essayé de leur expliquer que nous devions faire ce que nous faisions… pour que le monde comprenne notre cause. Nous avons détourné les avions pour poser au monde une question : ‘Qui sont les Palestiniens ?' »

Leila Khaled, membre éminente du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), après avoir pris la parole au congrès du Parti démocratique populaire pro-kurde, ou HDP, à Ankara, en Turquie, le dimanche 11 février 2018. (AP Photo/Burhan Ozbilici)

Depuis les détournements de Khaled, le FPLP a été responsable de dizaines d’autres détournements d’avions ainsi que d’attaques à main armée, à la grenade, à la bombe et d’attentats suicide en Israël et ailleurs.

Plus récemment, le groupe a revendiqué l’assassinat en 2001 du ministre israélien du Tourisme, Rehavam Zeevi, et l’attaque au couteau perpétrée en 2011 au domicile de la famille Fogel d’Itamar au milieu de la nuit, qui a causé la mort des deux parents et de trois enfants, dont un enfant de trois mois. Cinq membres du FPLP ont été arrêtés en qualité de complices. Le FPLP a également revendiqué le massacre de 2014 dans une synagogue du quartier Har Nof de Jérusalem, où six personnes ont été assassinées avec une arme à feu, des haches et un couteau de boucher.

Dans une interview accordée en 2014, Khaled a suggéré que la Seconde Intifada – qui a fait 1 137 morts et 8 341 blessés parmi les Israéliens – a échoué parce qu’elle n’avait pas été assez violente.

Les membres de la famille Fogel assassinés le 11 mars 2011 à Itamar. Dans le sens des aiguilles d’une montre, depuis en haut à gauche : Ruth, Ehud, Yoav, Hadas et Elad. (Capture d’écran/YouTube)

En 2016, Leila Khaled était encore membre du Bureau politique du FPLP et elle parcourt le monde pour recruter des partisans pour sa cause, qui est : le retour des 5 millions de réfugiés palestiniens et de leurs descendants dans leurs foyers en Israël avant 1967, plus la Cisjordanie et Gaza. Elle affirme qu’il est « du devoir de tous les mouvements progressistes » de se joindre à elle dans sa campagne pour éradiquer Israël et promouvoir le BDS.

Un mouvement moderne de réseaux sociaux

Katbi-Smith et des centaines d’autres jeunes radicaux ont répondu à l’appel.

Même l’Autorité palestinienne essaie de prendre le train en marche. Le 24 décembre, la mission de l’AP à Berlin a affiché sur sa page Facebook officielle un dessin de Leila Khaled avec l’une des citations qu’elle aime répéter : « La résistance n’est pas du terrorisme ».

Cela n’était pas du goût du ministère allemand des Affaires étrangères, qui a déclaré au Jerusalem Post : « Nous avons clairement fait comprendre à la Mission palestinienne que… la glorification du terrorisme et la glorification de Leila Khaled, kidnappeuse de la Lufthansa, sont totalement inacceptables ».

La publication a été supprimée.

Mais la fièvre Khaled continue : En Afrique du Sud, le conseil municipal de Johannesburg a adopté une motion présentée par le Congrès national africain au pouvoir et son allié radical, l’Economic Freedom Fighters, pour changer le nom d’une grande artère, aujourd’hui Sandton Drive, en Leila Khaled Drive.

Leila Khaled, pirate de l’air terroriste du FPLP, avec des responsables de l’ANC en Afrique du Sud, le 6 février 2015. (Capture d’écran : YouTube/BDS Afrique du Sud)

Johannesburg abrite la majorité des 70 000 Juifs d’Afrique du Sud, et Sandton Drive abrite le consulat américain. Il est difficile de savoir ce que les autorités consulaires américaines penseront du fait de vivre dans une rue portant le nom d’une terroriste qui a fait sauter un avion américain. (La motion nécessitera des étapes supplémentaires avant d’être adoptée.)

Marc Lamont Hill, professeur à la Temple University, récemment licencié de CNN pour avoir appelé à la libération de la Palestine « du fleuve à la mer », a exprimé son admiration pour Khaled lors d’une récente session vidéo d’une conférence organisée par la US Campaign for Palestinian Rights (USCPR). Il a mis en garde contre la « romance de la non-violence ». Discutant de l’anxiété bien fondée d’être un homme noir entre les mains de la police américaine, il a levé les mains dans un geste rendu célèbre par #BlackLivesMatter, et a dit qu’il préférait un destin différent : « Je veux faire comme Leila Khaled. »

Khaled a même été invitée à être la principale oratrice au Parlement européen en 2017 pour un événement intitulé « Le rôle des femmes dans la résistance populaire palestinienne ». Les objections des États-Unis et d’Israël selon lesquelles il était inapproprié pour une terroriste condamnée de prendre la parole devant le Parlement européen quelques jours seulement après la création d’une commission spéciale sur le terrorisme ont été ignorées.

A titre d’illustration : Leila Khaled, terroriste du FPLP, s’adresse en tant qu’invitée d’honneur aux participants du rassemblement du 1er mai 2001 à Zurich, Suisse. (AP Photo/Keystone, Walter Bieri)

Pourquoi cet amour ?

Selon Israël, ce n’est pas un hasard si les activistes soutiennent Khaled, le mouvement BDS qu’elle promeut, et d’autres campagnes anti-israéliennes, car d’anciens terroristes changent maintenant de costume et paradent comme des progressistes en Europe et aux États-Unis pour attirer de nouveaux partisans crédules (et surtout leur argent) pour combattre Israël « par d’autres moyens ».

Selon un nouveau rapport du ministère israélien des Affaires stratégiques intitulé « Terrorists in Suits », les groupes terroristes changent leurs stratégies à la lumière de la conclusion que « le conflit armé n’atteint pas son objectif et est perçu comme illégitime par la majorité de la société occidentale ».

En conséquence, « les agents du Hamas et du FPLP se sont infiltrés et ont adopté des ONG apparemment inoffensives dans l’Autorité palestinienne, en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique du Sud, dans le but de promouvoir leur objectif idéologique : l’élimination de l’État d’Israël comme État-nation du peuple juif ».

Le BDS est la dernière version de la stratégie de boycott qui a été employée à plusieurs reprises par les États arabes et leurs prédécesseurs contre les Juifs du Moyen-Orient avant même la création de l’État d’Israël.

Le BDS s’inspire délibérément des manifestations réussies des années 1980 pour faire tomber l’apartheid en Afrique du Sud. Malgré les différences entre les deux cas, à une époque de tweets de 140 caractères, l’histoire compte moins que les mèmes, et aujourd’hui, les ONG dirigées et gérées par d’anciens membres de groupes terroristes exploitent avec succès « le financement gouvernemental occidental, les fondations philanthropiques, les plateformes financières et la société civile ».

Il semble même que certains membres du FPLP n’ont pas abandonné leurs activités terroristes. Khaled est accusée par le Shin Bet d’avoir aidé en 2011 à la coordination « entre un centre de commandement du FPLP en Syrie et des agents à Jérusalem qui planifient des attaques meurtrières contre des Israéliens ».

Pourtant, elle continue de faire des discours en Afrique du Sud et en Europe, faisant appel aux élans de ses auditeurs en faveur des droits de l’homme et de la haine.

Prof. Mohammad S. Dajani Daoudi. (Capture d’écran YouTube)

Mohammed S. Dajani Daoudi, éducateur palestinien et militant pour la paix qui a été contraint de démissionner de son poste de professeur à l’Université Al Quds à Jérusalem pour avoir emmené une classe de ses étudiants à Auschwitz, explique pourquoi de nombreux Arabo-Américains comme Katbi-Smith tentent toujours, au lieu de passer à un nouveau modèle d’acceptation mutuelle, de reprendre les batailles perdues avec Israël au 20e siècle.

« Les jeunes Arabo-Américains sont élevés à l’ère des réseaux sociaux avec une couverture personnelle instantanée des informations, dont la plupart sont fausses ou incitent ou ne sont pas objectives », a expliqué Dajani au Times of Israel.

Dajani dit que ces jeunes ont repris « la politique anti-israélienne radicale du FPLP » plutôt que d’adopter des modèles comme « Gandhi ou Martin Luther King ». Il dit que cette direction a aussi été influencée par la frustration face aux « politiques agressives israéliennes ».

Dajani fait la promotion d’une manière différente de résoudre les conflits : « Walasia » ou « modération », qui enseigne les principes islamiques de compromis et de non-violence.

En ce qui concerne la manipulation de la population à travers des images de terroristes, Dajani affirme que l’AP n’utilisera que de manière limitée l’image de Leila Khaled parce que cette dernière appartient au concurrent du Fatah, le FPLP.

« L’intérêt du Fatah dans la réapparition de Khaled », dit-il, « est d’avoir un allié palestinien dans sa bataille contre le Hamas. »

Toutefois, note Dajani, Khaled est de moindre importance car « elle vit en Jordanie, et – c’est plus significatif – parce que son credo marxiste de combat contre l’impérialisme et les impérialistes est hautement passé de mode. Même à l’apogée du marxisme-léninisme, dans les années 1970, sa rhétorique n’attirait que quelques partisans palestiniens. Combattre ‘l’impérialisme’ et ‘les impérialistes’ n’excite pas l’imagination des jeunes musulmanes d’aujourd’hui ».

Une autre « modèle » terroriste

Sur cette photo prise le 11 mars 2010, des Palestiniens brandissent des affiches avec une photo de la terroriste palestinienne Dalal Mughrabi pendant une manifestation dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie. Le texte sur la banderole dit en arabe : « Nous vous devons notre sang et la dette est un droit qui ne peut être reporté ». (AP Photo/Majdi Mohammed)

L’Autorité palestinienne, engagée dans une lutte à mort avec le Hamas, a épousé une autre icône : Dalal Mughrabi, une agente terroriste du Fatah qui avait participé au massacre de la route côtière – un attentat auquel que le Time avait qualifié de « pire attaque terroriste de toute l’histoire d’Israël ».

Le 11 mars 1978, des agents du Fatah avaient détourné un taxi, tué ses occupants, puis ils avaient détourné un bus qui transportait des chauffeurs de la compagnie Egged avec leurs familles qui partaient pour un voyage, ce week-end là. Avaient suivi des heures de carnage et d’horreur qui devaient finalement entraîner la mort de 38 civils, dont 13 enfants. 71 personnes avaient été blessées.

Les terroristes avaient débarqué quarante-huit heures auparavant sur une plage israélienne, après être venus du Liban dans un Zodiac. Incertains de l’endroit où ils étaient arrivés, ils avaient demandé son aide à une photographe animalière israélienne, Gail Rubin. Au moment-même où elle leur avait fourni les informations qu’ils demandaient, Mughrabi avait ouvert le feu sur elle. (Rubin, s’était-il avéré, était la nièce du sénateur américain en exercice à l’époque Abraham Ribicoff.)

Les Palestiniens tiennent une pancarte avec la photo de Dalal Mughrabi, une terroriste palestinienne qui a tué des douzaines de civils israéliens lors du détournement d’un bus, en 1978, alors qu’ils manifestant à Ramallah, en Cisjordanie, le 11 mars 2010 (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

Selon un commandant du Fatah, l’objectif de l’attentat était de perturber les négociations de paix entre Anwar Sadate et Menahem Begin qui avaient finalement abouties. Mughrabi était morte dans l’attaque.

La promotion de Mughrabi en tant qu’héroïne palestinienne voit son application la plus cynique dans la manière dont l’Autorité palestinienne définit les aspirations et les objectifs nationaux du peuple palestinien pour ses 450 000 écoliers à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Le ministère palestinien de l’Éducation vient de terminer la mise en œuvre de son premier nouveau programme d’études depuis 2000, d’une durée de trois ans.

Selon une étude menée par l’Institute for Cultural Peace and Tolerance in School Education (IMPACT-se), qui examine depuis 20 ans les manuels scolaires dans le monde entier pour vérifier qu’il respecte les normes de paix et de tolérance de l’UNESCO, le nouveau programme ne vise pas à promouvoir la paix. Il ne mentionne pas non plus les efforts de paix passés entre Israël et les Palestiniens, ni Israël comme voisin. En fait, il ne mentionne pas du tout Israël. Au contraire, il double la promotion de la violence et du martyre comme objectifs pour les jeunes. Et pour la première fois, il encourage spécifiquement les filles à être martyres.

« Nous avons identifié une stratégie », dit Marcus Sheff, PDG d’IMPACT-se, « imposée par l’AP et mise en œuvre par Sabri Saidem, ministre de l’Education de l’AP, pour maintenir les écoliers palestiniens prêts à commettre des actes de violence – et à se mettre en danger quand cela est nécessaire, selon la politique de l’Autorité palestinienne ».

Les leçons glorifient de plus en plus la mort. Et un nouveau rôle a été assigné aux filles. « La voie montrée aux filles pour atteindre l’égalité des sexes passe par le martyre », explique Sheff.

Leila Khaled, dans une salle de classe d’un camp de réfugiés palestiniens à Beyrouth, novembre 1970. (AP Photo/Harry Koundakjian)

Mughrabi est mentionnée cinq fois dans les manuels scolaires des classes de maternelle à la Terminale. Bien que Mughrabi fut une femme laïque, elle est représentée dans les manuels scolaires avec un keffiyeh palestinien de style hijab peint par-dessus sa photo.

« La rhétorique religieuse est actuellement le jargon le plus à la mode, en particulier chez les jeunes », explique Dajani. Une influence radicale est observée dans les leçons qui enseignent que quiconque meurt en martyr pour leur cause se verra offrir 70 vierges au paradis, ou qu’une prière dans la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem vaut 50 000 prières ailleurs, ou que lorsque l’esclavage est rétabli, un mari musulman peut jouir des plaisirs sexuels avec des femmes esclaves ». Il ajoute qu’il s’agit de « fausses affirmations contraires au texte coranique ».

De plus, dit Dajani, « le contenu des manuels scolaires de l’AP est influencé par les extrémistes dans sa représentation des femmes d’un point de vue conservateur qui prétendent que le port du foulard est obligatoire en islam et qui interprètent mal les versets du Coran pour appuyer cette affirmation. Ainsi, toutes les images féminines dans les manuels scolaires, y compris celle de l’activiste de gauche Dalal al-Mughrabi [portent] des foulards, dénaturant son passé marxiste et lui donnant des motivations religieuses. »

Dès le CM2, les filles palestiniennes sont invitées à suivre les traces de Mughrabi et à sacrifier leur vie : « Et elle a irrigué la terre de Palestine avec son sang pur, pour faire naître une histoire révolutionnaire florissante qui ne se calmera jamais. »

Des jeunes Palestiniennes brandissent des affiches montrant Dalal Mughrabi dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 16 juillet 2008. Le corps de Mughrabi était l’un des 199 corps transférés au Liban dans le cadre d’un échange de prisonniers. (AP Photo/Muhammed Muheisen)

Signes de rejet

La Dame de Grande-Bretagne, Louise Ellman, députée travailliste de Liverpool Riverside, a récemment publié son projet de loi International Development Assistance (Values Promoted in Palestinian Authority Schools) qui interdirait « l’aide au développement international aux écoles gérées par l’Autorité nationale palestinienne qui ne favorisent pas les valeurs adoptées par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture ».

Le 20 mars, Ellman a écrit dans une tribune cinglante sur les « leçons de haine » de l’Autorité palestinienne, qui sont financées par l’aide du Département du développement international au budget de l’éducation de l’Autorité palestinienne, et a appelé à un examen annuel de l’utilisation de ces fonds.

Quelques mois plus tôt, le quotidien allemand Bild avait publié un article très critique à l’égard du gouvernement allemand pour son financement de ce programme.

Frank Müller-Rosentritt, député allemand et membre de la commission des Affaires étrangères, était outré, demandant pourquoi l’argent des contribuables était utilisé pour attiser la haine et la violence dans les livres scolaires pour les très jeunes enfants : « [C’est] incroyable », a-t-il tweeté. « Les enfants devraient recevoir une éducation pour un avenir meilleur, et non être éduqués à la haine et à la violence. Le gouvernement fédéral doit fournir une explication. L’argent des impôts allemands ne doit pas servir à la propagande terroriste ».

Fresque à l’effigie de Leila Khaled en Cisjordanie, le 16 juin 2013. (Crédit : Ian Walton/Getty Images via JTA)

Michael Leutert, député allemand et membre de la commission du budget du parti de gauche Die Linke, a fulminé : « L’endoctrinement des enfants dans les écoles des régimes répressifs est très dangereux. J’ai grandi en RDA, et je sais de quoi je parle ».

En janvier, le journal suisse SonnstagZeitung a indiqué que la Suisse se joindrait à l’UE, au Royaume-Uni, à l’Allemagne et à la Finlande pour « agir » contre les contributions au financement de ce programme.

En février, le General Accounting Office des États-Unis [GAO] a publié un rapport précédemment classifié qui montrait que l’UNRWA et le Département d’État avaient tous deux menti au Congrès en affirmant que les enseignants de l’UNRWA avaient utilisé des supports additionnels pour corriger les contenus problématiques dans les manuels scolaires.

Le représentant américain Lee Zeldin (Républicain-New York), qui a réussi à persuader le GAO de déclassifier le rapport, a déclaré au Times of Israel : « Un milieu scolaire devrait être utilisé pour préparer les jeunes garçons et les jeunes filles, les jeunes hommes et les jeunes femmes, à être des leaders positifs dans le monde – de laisser ce monde meilleur qu’ils ne l’ont trouvé, à s’engager dans le civisme, la diplomatie, les sciences, à réunir les gens ».

« Le milieu scolaire est tout à fait inapproprié pour recruter des personnes qui se livrent à la violence. Chaque jour à l’intérieur d’une salle de classe est l’occasion de remplir le cerveau des élèves d’informations d’une importance cruciale pour devenir un citoyen du monde, et il est scandaleux de passer ce temps à recruter un enfant, un jeune homme ou une jeune femme pour la violence », a déclaré Zeldin.

Comment éduquer un martyr 1.0

Entre 2016 et 2018, le ministère de l’Éducation de l’AP a lancé son nouveau programme scolaire par sections ; le premier, pour les classes de la maternelle au CM1, a été instauré pendant l’année scolaire 2016-2017. Les élèves du CM2 à la Première ont reçu leurs nouveaux manuels scolaires en 2017-2018, puis ceux de Terminale ont reçu les leurs cette année. Avant la parution des nouveaux livres, les élèves palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est suivaient le programme jordanien, tandis que les élèves de Gaza utilisaient des manuels scolaires égyptiens.

Une classe d’enfants palestiniens à l’école Salem, à Jérusalem Est, le 6 décembre 2017. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

Au grand dam d’IMPACT-se, les nouveaux manuels n’offrent pas aux enfants une meilleure éducation. « La paix n’est pas présentée comme étant préférée ou même possible dans le nouveau programme d’études palestinien », dit le rapport.

Sheff dit qu’il y a un processus éducatif très clair pour radicaliser les élèves – évident dans toutes les matières, et de plus en plus sophistiqué de la maternelle à la Terminale.

Les élèves de CP apprennent la lettre « h » (ha) en utilisant les mots shahid (martyr), hujum (attaque) et harab (fuite). Les arguments en faveur du martyre sont intégrés de force dans les mathématiques, la physique et la biologie.

« Plutôt que d’utiliser des pommes et des oranges pour apprendre les additions en CM1 », souligne Sheff, « ils additionnent les martyrs. Les élèves de 5e apprennent la deuxième loi du mouvement de Newton avec des dessins d’enfants en keffiyehs attaquant des soldats israéliens avec des lance-pierres. »

Les écoliers palestiniens apprennent que le martyre et le djihad sont « les choses les plus importantes de la vie ».

A titre d’illustration : Un manifestant palestinien porte un drapeau national et une fronde lors d’une manifestation près de la clôture le long de la frontière avec Israël, à l’est de la ville de Gaza, le 1er février 2019. (Saïd Khatib/AFP)

« Je suis très inquiet des perspectives d’avenir des élèves dont l’éducation ne correspond pas aux normes généralement acceptées de tolérance de l’autre, » dit Dajani.

« L’AP dispense actuellement ce que je qualifierais d’éducation nationale, qui est essentiellement une éducation aux conflits… Le programme d’études palestinien devrait être conçu pour enseigner les principes fondamentaux de modération et les valeurs de tolérance, de coopération, d’empathie et de dialogue ouvert, en mettant l’accent sur chaque concept. Le programme devrait être conçu pour renforcer les comportements sociaux mesurés et les valeurs religieuses par des activités pratiques, des jeux et des échanges constructifs avec la communauté », dit Dajani.

Cette année, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, la valorisation des deux femmes terroristes est sortie de la salle de classe et diffusée à la télévision et dans les réseaux sociaux officiels palestiniens. Selon une traduction de Palestinian Media Watch, dans l’une des nombreuses commémorations, une présentatrice a déclaré : « Il ne sera jamais possible de passer en revue la lutte des femmes palestiniennes sans [mentionner] les deux combattantes dévouées Dalal Mughrabi et Laila Khaled – la première femme qui a détourné un avion israélien – comme les plus grands noms de la résistance palestinienne ». (Alors que Khaled était impliquée dans le détournement du vol 840 de la TWA, le détournement ultérieur d’un avion israélien n’a pas réussi).

Zeldin craint que le Parti démocrate n’agisse pas de manière suffisamment décisive pour repousser les éléments radicaux du parti, tels que la DSA, qui prône ouvertement l’incitation anti-Israël et le soutien au terrorisme.

« En 2008, 2012 et 2016 », au Comité national démocrate [DNC], a-t-il dit au Times of Israel, « les délégués ont tenté de modifier la plate-forme du parti pour y inclure certaines positions et messages qui n’étaient pas conformes aux conceptions pro-Israël, anti-BDS et pro-Juive que le parti démocratique avait alors, et qui, par chance, était majoritaire au sein de la société.

« En 2020, lors de la Convention, ce mouvement sera repris », a déclaré M. Zeldin. « Et s’ils n’affrontent pas les forces qui essaient de prendre le contrôle du parti, ça va devenir un vrai casse-tête pour le DNC ».

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