Des élus américains appellent l’UNESCO à rejeter un texte niant les liens des Juifs au mont du Temple
Rechercher

Des élus américains appellent l’UNESCO à rejeter un texte niant les liens des Juifs au mont du Temple

Sénateurs et représentants appellent le Comité du patrimoine mondial à voter contre “une autre tentative de réécrire l’histoire”

La mosquée d'Al-Aqsa sur le mont du Temple, à Jérusalem. (Crédit : AFP)
La mosquée d'Al-Aqsa sur le mont du Temple, à Jérusalem. (Crédit : AFP)

Un groupe de représentants américains a appelé les membres d’un comité de l’UNESCO à voter mercredi contre une résolution qui ignore les relations des juifs et des chrétiens au mont du Temple.

Le Comité du patrimoine mondial de l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) devrait se prononcer mercredi sur une résolution similaire à une autre ratifiée la semaine dernière par le conseil exécutif de l’institution.

La résolution a été très critiquée en Israël et par les associations juives pour son exclusion des références aux relations des juifs et des chrétiens aux lieux saints de Jérusalem, et a été critiquée par Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, et Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO.

Les 21 membres du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO devraient se prononcer mercredi à Paris sur la résolution, intitulée « Vieille Ville de Jérusalem et ses murailles ». Comme pour le texte controversé de la semaine dernière, cette résolution devrait être votée à une large majorité.

Dans une lettre signée par des représentants et des sénateurs des deux partis américains, similaire à celle envoyée au Conseil exécutif avant son vote la semaine dernière, à l’initiative du sénateur républicain du Texas Ted Cruz et de la représentante républicaine de Floride Ileana Ros-Lehtinen, le groupe d’élus définit la résolution proposée comme « encore une autre tentative de réécrire l’histoire en niant les relations des juifs et des chrétiens à Jérusalem. »

Ted Cruz, sénateur du Texas et candidat républicain à la présidentielle américaine, pendant la conférence politique annuelle de l'AIPAC, à Washington, le 21 mars 2016. (Crédit : capture d'écran AIPAC/JLTV)
Ted Cruz, sénateur du Texas et candidat républicain à la présidentielle américaine, pendant la conférence politique annuelle de l’AIPAC, à Washington, le 21 mars 2016. (Crédit : capture d’écran AIPAC/JLTV)

« La prochaine résolution [présentée devant] le Comité du patrimoine mondial est toute aussi clivante que la résolution du Conseil exécutif, malgré l’inscription de Jérusalem comme ville sainte du judaïsme, du christianisme et de l’islam sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO », ont écrit 10 élus, dont Cruz et Ros-Lehtinen, dans cette lettre.

Les législateurs ont prévenu que « tenter d’effacer les relations juives et chrétiennes à cette ville sacrée nuira davantage aux perspectives de paix entre Israël et les Palestiniens », appelant les « états membres du Comité du patrimoine mondial à respecter et protéger l’importance religieuse, culturelle et historique de Jérusalem, et à respecter les valeurs et les idéaux inscrits dans la Constitution de l’UNESCO. »

Cruz a déclaré que la résolution était un autre « effort pernicieux pour délégitimer Israël » et a appelé ses membres à « voter contre cette résolution qui tente de réécrire des milliers d’années d’identité juive de Jérusalem, qui a été scientifiquement affirmée par les enregistrements archéologiques. »

Dans un éditorial publié par le Washington Times, Cruz a critiqué le président américain Barack Obama pour avoir laissé la résolution passer le Conseil exécutif de l’UNESCO, affirmant que le président favorisait « son héritage politique aux intérêts de sécurité nationale des Etats-Unis, qui sont un Israël sûr et souverain. »

« Les Etats-Unis devraient rassembler nos amis et alliés pour s’opposer à ces résolutions insidieuses de l’UNESCO qui tentent de compromettre la relation historique du peuple israélien à l’ensemble de son pays, y compris sa capitale, Jérusalem », a écrit Cruz.

Ros-Lehtinen a déclaré que « certains des membres de l’organisation semblent résolus dans leurs efforts pour attaquer l’Etat juif, le seul pays à respecter la liberté religieuse dans une région assaillie par la violence religieuse », et a critiqué « l’hypocrisie constante et les tentatives répétées des membres de l’UNESCO pour déformer la vérité. »

Elle a déclaré que ce geste devait être vu pour ce qu’il est, « une partie intégrante d’un agenda anti-Israël plus large qui existe dans tout le système de l’ONU, conçu pour délégitimer et isoler l’Etat juif. »

Les autres signataires de la lettre sont les sénateurs Richard Blumenthal (démocrate du Connecticut), Kirsten Gillibrand (démocrate de New York) et Joe Manchin (démocrate de Virginie de l’Ouest) et les représentants Ted Deutch (démocrate de Floride), Eliot Engel (démocrate de New York), Kay Granger (républicain du Texas), Nita Lowey (démocrate de New York) et Ed Royce (républicain de Californie).

Une version de la résolution qui doit être présentée par le Comité du patrimoine mondial obtenue par le Times of Israël cite le complexe du mont du Temple uniquement par ses noms musulmans, « mosquée Al-Aqsa/Al-Haram Al-Sharif » et ne le définit que comme « un lieu musulman saint de culte. » En tant qu’emplacement des Temples bibliques, le mont est le lieu le plus saint du judaïsme.

Bien que le texte de la semaine dernière ait inclus un passage mentionnant l’importance de la Vieille Ville de Jérusalem pour « les trois religions monothéistes », le texte de la résolution du Comité du patrimoine mondial ne comprend aucune référence aux relations des juifs ou des chrétiens aux lieux saints de la zone.

Selon des responsables israéliens, il est possible que les pays arabes présentant la résolution, le Koweït, le Liban et la Tunisie, acceptent d’insérer un passage similaire dans la version finale, afin de s’assurer les votes des pays occidentaux, si ce n’est leur abstention.

Des milliers de personnes se sont rassemblées au mur Occidental pour la bénédiction sacerdotale de Souccot, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 19 octobre 2016. (Crédit : police israélienne)
Des milliers de personnes se sont rassemblées au mur Occidental pour la bénédiction sacerdotale de Souccot, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 19 octobre 2016. (Crédit : police israélienne)

La résolution de la semaine dernière citait Israël comme « la puissance occupante » des lieux saints. La nouvelle résolution ne le fait, et ne place pas non plus de guillemets autour du terme juif « mur Occidental », une ponctuation perçue en Israël comme un dédain supplémentaire de la résolution originale des juifs au lieu le plus saint du judaïsme.

L’ambassadeur d’Israël auprès de l’UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, a déclaré pendant le week-end que ces changements qui semblent mineurs dans un texte si hostile marquent néanmoins des concessions importantes de la part des états arabes, qui n’auraient pas pu être atteintes il y a seulement quelques mois.

La résolution de la semaine dernière a été approuvée par l’UNESCO en commission le 13 octobre avec 24 voix pour, six contre et 26 abstentions, puis confirmée officiellement par le Conseil exécutif de l’UNESCO le 18 octobre, entraînant de fortes condamnations en Israël, ainsi que du propre directeur de l’UNESCO et de plusieurs dirigeants étrangers. Un chœur de politiques israéliens, mené par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et comprenant des députés de gauche, a fustigé la décision, jugée absurde, et l’UNESCO, déconnectée de la réalité.

Le Mexique et le Brésil, qui ont voté en faveur de la résolution, ont ensuite exprimé leurs regrets et promis de s’abstenir dans de futurs votes sur le sujet. L’Italie, qui s’était abstenue, a déclaré qu’elle voterait désormais contre des résolutions similaires.

L’Italie, le Brésil et le Mexique ne sont pas membres du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, et ne voteront donc pas mercredi.

Les 21 pays qui voteront sont : la Finlande, la Pologne, le Portugal, la Croatie, la Turquie, l’Azerbaïdjan, la Corée du Sud, l’Indonésie, les Philippines, le Vietnam, le Kazakhstan, la Tunisie, le Koweït, le Liban, le Pérou, Cuba, la Jamaïque, le Burkina Faso, le Zimbabwe, l’Angola et la Tanzanie.

Carmel Shama-Hacohen, ambassadeur d'Israël auprès de l'UNESCO. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Carmel Shama-Hacohen, ambassadeur d’Israël auprès de l’UNESCO. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Selon Shama-Hacohen, Netanyahu lui aurait demandé de travailler à convaincre des pays susceptibles de s’abstenir à aller plus loin et à voter contre la résolution, affirmant qu’une abstention est comparable à un soutien.

Shama-Hacohen a ajouté qu’un ambassadeur d’un pays arabe important lui avait dit qu’il ne comprenait pas ce que les Palestiniens tentaient de faire avec leurs résolutions, mais que la pression politique signifiait que son gouvernement n’avait pas d’autre choix que de suivre la ligne palestinienne.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...