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En Pologne aussi, le gouvernement avait pris une pause dans sa refonte judiciaire

Retour sur la 13e semaine de manifestations dans le pays contre les projets du gouvernement de Benjamin Netanyahu

Des Israéliens brandissant une pancarte alors qu'ils manifestent contre les plans très controversés de refonte du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Des Israéliens brandissant une pancarte alors qu'ils manifestent contre les plans très controversés de refonte du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Les manifestations de masse contre les efforts du gouvernement visant à remanier le système judiciaire s’est poursuivi samedi soir, avec des rassemblements organisés dans tout le pays pour la 13e semaine consécutive, malgré l’annonce par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’une pause dans le blitz législatif.

Les manifestations, qui ont clôturé une semaine tumultueuse en Israël, étaient prévues dans 150 différents lieux, le rassemblement principal devant avoir lieu à Tel-Aviv.

Les organisateurs ont rappelé que des centaines de milliers de personnes étaient descendues dans les rues ces dernières semaines pour protester contre cette réforme largement controversée et ont appelé à la poursuite des manifestations.

Les dirigeants des manifestations ont comparé la pause annoncée par Netanyahou lundi à la situation en Pologne en 2017, où le président a fait taire les protestations contre une refonte judiciaire avec un veto et des appels à l’unité, avant de promulguer plus tard une législation presque identique.

« Tout comme en Pologne, le gouvernement prend le temps de se réorganiser pour faire passer le coup d’État judiciaire. C’est au peuple de se lever et de protester pour sauvegarder la démocratie », ont déclaré les dirigeants de la manifestation dans un communiqué.

Le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Pawel Jablonski, a déclaré lundi qu’Israël avait consulté son pays au sujet de la refonte du système judiciaire, à la suite d’initiatives polonaises visant à limiter l’autorité du pouvoir judiciaire, tandis que des constitutionnalistes polonais et hongrois, deux pays considérés comme ayant connu un recul démocratique ces dernières années, ont averti qu’Israël était confronté aux mêmes dangers.

Des personnes regardant l’installation d’un avion de chasse écrasé de l’armée de l’Air israélienne lors d’une manifestation contre les plans du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à réformer le système judiciaire, à Tel Aviv, en Israël, le 29 mars 2023. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Le principal rassemblement a commencé samedi soir à Tel-Aviv par une marche à 18h30, du boulevard Rothschild en direction de la rue Kaplan.

Les événements sur scène ont commencé après 19h30, afin de permettre à ceux qui observent le Shabbat d’y participer.

Parmi les orateurs de la manifestation centrale figuraient l’ancien chef du Directorat des Renseignements militaires, le major-général (réserviste) Amos Malka, l’experte en droit constitutionnel Dafna Holtz-Lavie, la directrice-générale de l’Association juive éthiopienne Rinah Eilin Gorlick et Yossi Levy, ancien porte-parole de Netanyahu.

Yossi Levy s’adressant au chef du Likud, Benjamin Netanyahou, le 15 décembre 2008. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Les organisateurs ont déclaré que le public devait « envoyer une réponse retentissante à la violence et à l’incitation du Premier ministre, de sa famille et de ses collègues », après que des partisans de la réforme ont attaqué un chauffeur de taxi arabe, des manifestants anti-réforme, des journalistes et de nombreux passants au cours des manifestations pro-réforme de ces derniers jours.

« Comme à l’époque de la création d’Israël, nous vivons une période historique, une véritable période de crise », ont-ils déclaré dans un communiqué.

Les organisateurs de la manifestation ont déclaré que les récents commentaires du ministre de la Justice, Yariv Levin, montraient que la coalition n’avait pas réellement l’intention de parvenir à un compromis sur la réforme du système judiciaire largement controversée.

« Quiconque a lu les déclarations du ministre de la Justice et d’autres hauts fonctionnaires comprend que, malheureusement, ils ne veulent pas parvenir à des accords consensuels, mais seulement gagner du temps afin de saper la protestation », ont déclaré les organisateurs.

Levin avait en effet déclaré mercredi qu’il reprendrait ses efforts pour faire passer la réforme de la coalition de droite radicale après les congés de Pessah de la Knesset, ce qui a donné lieu à des allégations selon lesquelles les discussions visant à parvenir à un large consensus sur la législation, désormais gelée, ne seraient qu’un leurre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Justice Yariv Levin, à la Knesset, le 27 mars 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu a annoncé qu’il suspendait la législation lundi, alors que l’opposition à la réforme judiciaire s’intensifiait avec des manifestations spontanées de masse qui ont vu des centaines de milliers de personnes se répandre dans les rues, suivies d’un début d’une grève nationale, après le limogeage du ministre de la Défense Yoav Gallant, qui avait mis en garde contre les implications des propositions de la coalition en matière de sécurité et appelé à un arrêt pour permettre des pourparlers.

Le Premier ministre a indiqué que le « gel » durerait jusqu’à la prochaine session de la Knesset, qui commencera le 30 avril, ce qui signifie que la pause aura lieu essentiellement lorsque la Knesset sera de toute façon en congés.

Toutefois, de hauts fonctionnaires impliqués dans les pourparlers ont déclaré vendredi que les négociations étaient déjà dans l’impasse en raison de l’insistance de la coalition à obtenir le contrôle de la commission de sélection des juges.

Cette exigence est une fin de non-recevoir pour l’opposition, ce qui met fin aux chances de négociations avant même qu’elles ne démarrent, ont déclaré à la Douzième chaîne des responsables impliqués dans le processus.

Des Israéliens opposés au plan de réforme du système judiciaire du Premier ministre Benjamin Netanyahu allumant des feux de joie et bloquant une autoroute lors d’une manifestation quelques instants après que le dirigeant israélien a limogé son ministre de la Défense, à Tel Aviv, en Israël, le 26 mars 2023. (Crédit : AP Photo/Ohad Zwigenberg)

Vendredi, des centaines de manifestants anti-réforme ont dressé un piquet devant les domiciles de Levin, du ministre de l’Économie Nir Barkat, du ministre de l’Agriculture Avi Dichter et du député David Bitan – tous membres du Likud – afin d’exercer, sur eux, une pression supplémentaire.

Plus d’une centaine de personnes se sont également rassemblées devant le domicile du chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, qui a été le député de l’opposition le plus actif en faveur d’un compromis avec la coalition. Les manifestants l’ont exhorté à ne pas le faire, en scandant des slogans tels que « vous n’avez pas de mandat pour faire des compromis sur la démocratie ».

Des dizaines de personnes ont également protesté contre la réforme à l’aéroport Ben Gurion, brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Bienvenue dans la dictature ».

La procureure générale a prévenu que le paquet de réformes actuel de la coalition – qui lui donnerait un contrôle presque total sur toutes les nominations judiciaires et limiterait radicalement la Haute Cour – donnerait au gouvernement un pouvoir pratiquement illimité, sans fournir aucune protection institutionnelle pour les droits individuels ou pour le caractère démocratique d’Israël.

Le 27 mars, Netanyahu a annoncé la suspension des réformes – notamment le projet de loi visant à modifier la commission de sélection des juges, qui aurait dû être approuvé par la Knesset dans les jours suivants – jusqu’à la reprise des travaux de la Knesset le 30 avril. La réforme finira par être adoptée « d’une manière ou d’une autre » et « l’équilibre perdu » entre les branches du gouvernement sera rétabli, avait-il déclaré. « Nous n’abandonnerons pas la mission pour laquelle nous avons été élus », avait-il promis.

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