Espionnage au profit de l’Iran : L’embargo sur les noms des frères inculpés en mars levé
Meïr et Yosef Nahum auraient sciemment fourni à des agents iraniens de fausses informations militaires générées par l'IA en échange de plus de 100 000 shekels
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Dimanche, Meïr et Yosef Nahum ont été identifiés comme étant deux frères de la région de Jérusalem mis en examen le mois dernier pour avoir transmis de fausses informations générées par intelligence artificielle (IA) à des agents iraniens, en échange de plus de 100 000 shekels.
Leurs noms étaient initialement placés sous embargo jusqu’à dimanche, date à laquelle le juge de la Cour suprême Alex Stein a accepté une demande du site d’information Walla et de la chaîne publique Kan visant à autoriser la divulgation de leur identité.
Les deux frères ont été arrêtés en janvier et inculpés devant le tribunal de Jérusalem pour contact avec un agent étranger, transmission de renseignements à l’ennemi et usurpation d’identité.
Selon l’acte d’accusation, les frères ont reçu plus de 100 000 shekels de la part de plusieurs agents iraniens tout en sachant parfaitement qu’ils interagissaient avec des acteurs hostiles.
Ils ont largement utilisé l’IA pour créer de fausses cartes et de faux rapports militaires, et se sont même fait passer pour un officier de l’unité d’élite 8 200 du Corps de Collecte de Renseignements, ont écrit les procureurs.
Les enquêteurs de la police du district de Cisjordanie ont collaboré avec l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet pour enquêter sur ces soupçons et ont achevé l’enquête conjointe le mois dernier.
« Même si certaines des informations transmises n’étaient pas nécessairement crédibles, elles pouvaient néanmoins être utilisées par l’acteur hostile », a précisé la police.
La Cour suprême a déclaré que « l’imposition d’un embargo portant le nom d’un prévenu après le dépôt d’un acte d’accusation constitue une exception parmi les exceptions, réservée aux cas extrêmes dans lesquels la publication, avec un degré élevé de probabilité, pourrait entraîner un préjudice très grave ».
Me Ariel Atari, l’avocat de la défense des deux hommes, a qualifié l’acte d’accusation « d’outrageant » le mois dernier et a affirmé que les éléments de l’enquête prouvent que les frères étaient « des patriotes sionistes qui cherchaient à piéger les Iraniens ».
Selon lui, ses clients ne devraient pas être mis en accusation, mais recevoir le Prix Israël pour leur « contribution à la sécurité de l’État », grâce à des efforts couronnés de succès visant à « nuire à l’ennemi iranien ».
Au cours des deux dernières années, la police a arrêté plus de 50 espions présumés au service de l’Iran dans le cadre d’environ 38 affaires rendues publiques.
La plupart des recrues, mais pas toutes, auraient rejeté les suggestions des agents visant à les pousser à assassiner des personnalités publiques israéliennes.
Parmi les exceptions à la règle, on compte un jeune homme originaire de Haïfa et trois autres personnes soupçonnées d’avoir fabriqué des explosifs pour nuire à une personnalité de haut rang, largement identifiée comme étant l’ancien Premier ministre Naftali Bennett ; deux jeunes Juifs originaires de Tibériade, arrêtés alors qu’ils se préparaient prétendument à s’envoler pour l’Iran afin d’y suivre une formation ; et sept jeunes originaires de Beit Safafa, un quartier arabe de Jérusalem-Est, qui auraient planifié l’assassinat d’un éminent scientifique et du maire d’une grande ville.
Le nombre croissant d’agents iraniens a même poussé Israël à ouvrir une nouvelle aile de la prison de Damon, à Haïfa, pour les personnes inculpées de tels chefs d’accusation. À ce jour, un seul espion présumé a été condamné, la plupart des affaires étant encore en cours de traitement par la justice.
La police israélienne s’apprête à créer une nouvelle unité chargée de traiter les affaires d’espionnage au profit de l’Iran, a rapporté vendredi la Treizième chaîne.
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