Excuses du Grand Rabbinat après des insultes postées sur son compte Facebook
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Excuses du Grand Rabbinat après des insultes postées sur son compte Facebook

Des internautes réagissant au retrait de la casheroute d'un café se sont fait dire de "la fermer" ; selon le rabbinat les messages étaient "non autorisés"

L'entrée de l'immeuble du grand rabbinat d'Israël à Jérusalem. Illustration. (Crédit : Flash90)
L'entrée de l'immeuble du grand rabbinat d'Israël à Jérusalem. Illustration. (Crédit : Flash90)

Les utilisateurs de médias sociaux qui ont récemment protesté contre le retrait d’une certification de casheroute à un café de Jérusalem, en postant des commentaires sur la page Facebook du Grand Rabbinat d’Israël, ont reçu des réponses insultantes de la part du compte officiel.

Parmi les réponses, il y en avait une qui disait à un utilisateur que ses parents étaient « primaires » et une autre qui conseillait à un utilisateur de simplement « la fermer ».

Le rabbinat a ensuite déclaré que les réponses n’étaient pas autorisées et les a supprimées.

Des utilisateurs ont commenté un message du rabbinat la semaine dernière annonçant qu’il avait retiré la certification casher du café Kalo dans le sud de Jérusalem. Les médias avaient alors souligné le fait que le café employait un cuisinier arabe, mais le rabbinat avait insisté sur le fait que le problème était un problème technique religieux lié à un certain type d’équipement de cuisine et à son utilisation par un non-juif.

Un utilisateur, qui a souligné qu’il avait terminé ses études de médecine, a commenté : « Vous êtes racistes sous le couvert de la loi ».

En réponse, le compte officiel du rabbinat a écrit : « Et nous qui pensions que les médecins étaient supposés être intelligents ».

Une autre femme, identifiée dans le rapport uniquement comme Yaara, a été accusée de vouloir « obtenir une réponse en désespoir de cause ». Après avoir dénigré son éducation religieuse, le compte du Rabbinat a écrit : « Un conseil pour la prochaine fois : Quand vous ne savez rien sur un sujet, vous n’avez vraiment, vraiment pas besoin de répondre ; vous pouvez la fermer et débrancher votre ordinateur ».

Un autre utilisateur a suggéré que le rabbinat s’adapte au monde moderne. « Il est temps que vous compreniez que la halakha n’est pas de la plasticine [une pâte à modeler] », a écrit l’auteur du rabbinat, en se référant à l’ensemble des lois juives traditionnelles qui incluent la base des règlements de casheroute.

Un utilisateur a qualifié le rabbin de « primaire » et s’est fait dire : « Traitez vos parents de primaires, ils vous ont appris à être si grossier ».

Dans un communiqué ultérieur, le rabbinat a écrit : « Le compte a été utilisé sans autorisation. Les réponses ont été supprimées. Nous nous excusons auprès de ceux qui ont été blessés par les réponses ».

Le problème a été attribué à un employé rabbinique qui avait accès à la page officielle de Facebook mais qui, en écrivant les réponses, pensait être connecté à son propre compte personnel, selon un rapport du site web Srugim, qui s’adresse à la communauté orthodoxe.

Selon le rapport, l’employé a fait l’objet de mesures disciplinaires et ses pouvoirs administratifs sur la page officielle du rabbinat ont été révoqués.

Capture d’écran d’une lettre envoyée au café Kalo à Jérusalem par le Grand Rabbinat de Jérusalem, le 29 juin 2020. (Facebook)

Le scandale a commencé la semaine dernière, lorsque Yaakov Ben Elul, le propriétaire de Kalo sur la route de Bethléem à Jérusalem, a déclaré qu’un surveillant de la casheroute a exigé que le cuisinier arrête de faire des omelettes.

Pour obtenir des certificats de casheroute ordinaire, le rabbinat exige, sur la base de la halakha, que seuls les travailleurs juifs allument le feu du fourneau, mais il n’est pas interdit aux non-juifs de continuer à cuisiner.

Cependant, le restaurant a récemment installé une plaque de cuisson à induction, ce qui a apparemment incité le surveillant du rabbinat à dire que le cuisinier Mustafa ne pouvait plus l’utiliser du tout car le serpentin de chauffage s’allume et s’éteint chaque fois qu’une casserole est placée ou retirée de la surface.

« Il a manqué de respect à mon employé et lui a dit qu’il ne pouvait pas travailler ici… et qu’il voulait récupérer le certificat », a déclaré Ben Elul au journal Kol Hair de Jérusalem. « Je lui ai dit : ‘Si vous ne faites pas preuve de respect ici, je ne peux pas vous respecter. Vous devez au moins respecter l’homme à qui vous parlez’. Alors il m’a dit : ‘Je retire le certificat' ».

Suite aux reportages des médias sur l’incident, le rabbinat a publié un message de suivi sur sa page Facebook disant : « Nous regrettons beaucoup que l’auteur qui a publié l’information n’ait pas contacté le rabbinat ou vérifié ce qui s’est réellement passé », soulignant le problème de la cuisinière à induction.

Sur les médias sociaux, les appels se sont multipliés pour que le public soutienne Kalo à la lumière des actions du surveillant, beaucoup y voyant un autre exemple du pouvoir excessif du rabbinat.

Les critiques ont longtemps soutenu que le système de contrôle de la casheroute du rabbinat est mal géré et rongé par la corruption et les pots-de-vin, et constitue un goulot d’étranglement qui contribue à faire sensiblement monter le coût de la nourriture.

De nombreux opposants au monopole du rabbinat, des courants juifs libéraux à certains rabbins municipaux israéliens, ont également fait valoir que le statut rituel de la nourriture est une question religieuse sur laquelle les différentes traditions peuvent être en désaccord, et que le contrôle du rabbinat sur le terme même de « casher » dans l’espace public israélien équivaut donc à une oppression religieuse de l’État.

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