Des centaines de personnes assistent aux funérailles d’Amit Ben-Yigal, 21 ans
Rechercher

Des centaines de personnes assistent aux funérailles d’Amit Ben-Yigal, 21 ans

"Je suis brisé, je suis effondré", pleure le père du soldat tué en Cisjordanie ; Netanyahu a promis que "le long bras d'Israël atteindra ce terroriste"

Famille et amis assistent aux funérailles du soldat Amit Ben-Yigal au cimetière militaire de la ville centrale de Beer Yaakov, le 12 mai 2020. (Crédit : Yossi Aloni / Flash90)
Famille et amis assistent aux funérailles du soldat Amit Ben-Yigal au cimetière militaire de la ville centrale de Beer Yaakov, le 12 mai 2020. (Crédit : Yossi Aloni / Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réagi mardi à la mort du soldat Amit Ben-Yigal, 21 ans, survenue lors d’un raid mené dans le village de Yabed, en Cisjordanie, par des jets de pierres.

« En mon nom et au nom de tous les citoyens d’Israël, je voudrais adresser mes sincères condoléances à la famille d’Amit Ben-Yigal, qui a été tué cette nuit lors d’activités opérationnelles par un être humain méprisable ».

Le sergent Amit Ben Yigal, 21 ans, a été touché à la tête « ce matin lors d’une opération près du village de Yabed, à l’ouest de Jénine », a indiqué l’armée dans un communiqué.

Une porte-parole militaire a précisé que le projectile avait été tiré par un Palestinien sans fournir d’autres détails.

Les troupes israéliennes ont arrêté plus de 10 habitants d’un immeuble à partir duquel une grosse pierre a été lancée sur Amit Ben Yigal, et qui en est mort un peu plus tôt dans la journée. Ils ne sont pas nécessairement soupçonnés d’avoir perpétré l’attaque. Ils seront interrogés par l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet car ils vivaient dans le bâtiment où l’attaque a été menée, a déclaré un porte-parole de l’armée.

« Les soldats continuent de fouiller la région et s’efforcent d’attraper le terroriste », a souligné l’armée.

Le sergent de première classe Amit Ben-Yigal a été tué lorsqu’une pierre lui a été jetée à la tête lors d’un raid d’arrestation dans le village de Yabed, au nord de la Cisjordanie, le 12 mai 2020. (Crédit : réseaux sociaux)

« Comme cela a été le cas à chaque fois ces dernières années, le long bras d’Israël atteindra ce terroriste et lui réglera son compte », a ajouté le Premier ministre.

Le père d’Amit Ben-Yigal a confié au radiodiffuseur Kan que son fils était enfant unique, et que pour cette raison, il avait dû signer une permission spéciale pour l’autoriser à servir dans une unité combattante.

Ben-Yigal a deux demi-soeurs, du côté de sa mère.

Le jeune homme de 21 ans originaire de la ville israélienne de Ramat Gan a été le premier soldat à être tué au combat en 2020. Il a été promu à titre posthume au grade de sergent de première classe.

« Il était issu d’un foyer sioniste. Il aimait le peuple d’Israël, la Terre d’Israël », a déclaré Baruch Ben-Yigal.

« Nous n’avons rien d’autre. Je suis brisé, je suis brisé, je suis brisé, je suis effondré », a ajouté le père du soldat. « Je n’ai pas de mots. »

“Ma vie toute entière a évolué autour de ce garçon. Dans mes cauchemars les plus atroces, je n’aurais jamais cru que je pourrais devenir un jour un ‘père endeuillé’. Ce qui était le plus précieux pour moi m’a été arraché », a déclaré Baruch Ben-Yigal mardi aux journalistes.

« ‘Je veux intégrer une unité de combat et effectuer un service qui aura du sens’, m’avait-il dit. Je lui avais répondu ‘Tu es mon fils unique, je n’ai rien d’autre à part toi, ni père, ni mère, tu es le seul qu’il me reste au monde. Je n’ai rien’. Et il avait riposté : ‘Papa, je veux que tu signes pour moi’, » continue le père dont la voix traduit l’état de choc.

« Alors nous sommes partis en voiture, tous les deux, à la base militaire de Tel Hashomer, j’ai signé, je l’ai pris dans mes bras, je lui ai donné ma bénédiction et nous avons ri, puis nous sommes allés manger. Il m’a dit : ‘Je ferai attention à moi’. Il me l’a répété peut-être trente fois pour tranquilliser ma conscience », se rappelle Baruch.

« Servir dans une unité de combat était son rêve », a dit sa mère, Nava Revivo, qui a eu deux enfants d’un second mariage.

« C’était mon aîné et le seul fils de son père. Il était absolument unique. Il m’adorait, il m’admirait, il me témoignait toujours de l’affection, il me laissait penser en permanence que tout allait pour le mieux pour lui. Il voulait toujours être en première ligne, il voulait toujours être le premier », confie-t-elle devant les caméras de la Douzième chaîne.

Elle dit avoir eu la prémonition que quelque chose était arrivé à son fils.

« Je me suis réveillée à cinq heures et quart du matin en pensant au Baruch Dayan Haemet [“Béni soit le juge de la Vérité », une phrase traditionnelle juive marquant un décès] et j’ignorais ce qui était en train de se passer. Cela devait être venu à moi dans un rêve. Une demi-heure plus tard, on a frappé à ma porte. C’était mon cauchemar, de regarder à travers le judas et d’apercevoir des soldats. Ces soldats qui étaient venus là pour me dire ce qui était arrivé ».

« Nous ne savons encore pas tout », continue-t-elle. L’enquête de l’armée est encore en cours – tout comme la chasse à l’homme qui vise à rattraper l’habitant de Yabed qui a jeté la pierre qui a tué Ben-Yigal.

« Amit était très heureux, très sensible, il était aussi mon ami. Il a toujours considéré que la famille était tout son monde, mon amour, il riait toujours. Nous lui avons apporté beaucoup de confiance et le goût de l’indépendance », se rappelle sa mère.

Le soldat Amit Ben-Ygal, 21 ans, à droite, qui a été tué au combat le 12 mai 2020, sur une photo Instagram avec sa petite amie Osher Hanum. (Crédit : capture d’écran Instagram)

La mort de Ben-Yigal a aussi plongé dans le désespoir sa petite amie, Osher Hanum.

Lors d’un appel vidéo, mardi soir, il lui avait dit qu’il allait partir en opération nocturne, dit-elle.

« La nuit dernière, il m’a dit : ‘Je t’aime et je te promets de faire attention à moi », a ajouté Hanum.

« Il a dû éteindre son téléphone. Je lui ai dit que je ne voulais pas raccrocher et il m’a répondu qu’il me promettait que tout irait bien. Puis il a raccroché. Et, dans la matinée, on m’a dit qu’il était mort ».

Amit avait un compte sur Instagram. Sa dernière publication, en date de vendredi, était une photo de lui en train d’embrasser Osher dans un champ. « Peu importe le reste, je t’aime », lui avait-il écrit dans un commentaire.

« Il adorait son pays. Il m’avait dit, lors de la Journée de commémoration des soldats tombés au combat, que s’il fallait mourir alors il fallait mourir pour le pays. Il s’était battu de toutes ses forces pour entrer dans la brigade Golani. Toutes ses chemises étaient marquées Golani. Il était fier de son pays et il s’est sacrifié pour son pays », continue-t-elle.

« Il était né dans un foyer sioniste. Il adorait le peuple d’Israël, la terre d’Israël », confie Baruch, son père, à la chaîne Kan.

L’enterrement du sergent Amit Ben-Yigal a eu lieu ce mardi soir, peu après 18 heures, dans le carré militaire du cimetière de Beer Yaakov, dans le centre d’Israël.

Des centaines de personnes ont assisté aux funérailles. « Mon fils est un héros », a affirmé la mère de Ben-Yigal devant sa tombe. « Je serai forte, garde-nous d’en haut. »

« Soldats Golani, vous retournerez au combat et retrouverez le terroriste et la mauvaise [personne] qui ont fait cela et ensemble nous vaincrons nos ennemis », a déclaré le ministre de la Défense, Naftali Bennett, en tant que représentant du gouvernement à l’enterrement.

Le porte-parole de l’armée a déclaré qu’aucun suspect n’avait encore été arrêté mais que l’armée avait lancé une enquête et que des troupes opéraient à l’intérieur de Yabed pour trouver les coupables.

Le ministre de la Défense Naftali Bennett a promis de son côté qu’Israël retrouvera les responsables de la mort du sergent.

« L’armée et les forces de sécurité mettront la main sur les terroristes responsables de ce qui s’est passé, nous lui réglerons son compte », a déclaré Bennett dans un communiqué.

Le président Reuven Rivlin a également adressé ses condoléances à la famille Ben-Yigal. « Nos cœurs sont brisés quand la splendeur de notre jeunesse est coupée, [brisés] par cette perte terrible. J’ai confiance en nos forces et j’ai l’assurance qu’elles attraperont les terroristes et les traduiront en justice », a-t-il dit.

Ronen Lubarsky, un soldat de l’armée israélienne de l’unité de Duvdevan, décédé le 26 mai 2018 après avoir été grièvement blessé par une plaque lancée deux jours plus tôt, tombée sur sa tête (Autorisation)

La mort de Ben-Yigal survient deux ans après celle du soldat Ronen Lubarsky. Il avait été tué par un bloc de marbre, lancé depuis le troisième étage d’un immeuble du camp de réfugiés Al-Amari, qui l’avait frappé de plein fouet

Le 24 mai 2018, Lubarsky, membre de l’unité d’élite Duvdevan, participait à une arrestation quand Islam Yousef Abu Hamid a lancé un bloc de marbre en sa direction. Le sergent, âgé de 20 ans et promu au grade de sergent à titre posthume, avait succombé à ses blessures deux jours plus tard.

Hamid a été inculpé de meurtre en avril dernier.

L’AFP a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...