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La Floride va retirer ses fonds de Ben&Jerry’s suite au boycott des implantations

La date limite adoptée en juillet entre en vigueur mardi, trois mois après que la société de crème glacée a modifié sa politique de vente en Cisjordanie

Des manifestants pro-israéliens manifestent à New York contre la marque Ben & Jerry's et son boycott des implantations, le 12 août 2021. (Crédit : Luke Tress/Flash90)
Des manifestants pro-israéliens manifestent à New York contre la marque Ben & Jerry's et son boycott des implantations, le 12 août 2021. (Crédit : Luke Tress/Flash90)

L’État américain de Floride est sur le point de retirer ses actions du conglomérat Unilever en raison du boycott des implantations de Cisjordanie annoncé il y a plusieurs mois par sa filiale, la société de glaces Ben & Jerry’s, selon des journaux locaux.

Cette mesure prendra effet mardi, trois mois après que le gouverneur Ron DeSantis a ordonné au conseil d’administration de l’État d’ajouter Unilever, dont le siège est à Londres, à sa liste des « entreprises sous surveillance » qui boycottent Israël. Cela signifiait qu’à partir de 90 jours après son ordre, si la position sur Israël n’était pas inversée – et elle ne l’a pas été – la Floride n’investira plus dans Unilever ou ses filiales et ne passera plus de contrat avec eux.

« Je n’ai pas vu de réponse significative de la part d’Unilever, point final », a déclaré Ash Williams, directeur exécutif de la SBA de Floride, lors d’une réunion du cabinet en septembre. « C’est une petite partie de notre portefeuille global, comme vous pouvez l’imaginer ».

Selon le site d’information WFLA, les investissements de la SBA dans Unilever totalisent environ 139 millions de dollars, sur un portefeuille d’environ 200 milliards de dollars.

En juillet, Ben & Jerry’s a annoncé qu’elle ne distribuerait plus ses produits dans les « Territoires palestiniens occupés », faisant apparemment référence aux implantations de Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La politique de boycott de Ben & Jerry’s n’entrera en vigueur qu’à l’expiration de son accord avec le titulaire de la licence de fabrication et de distribution locale, fin 2022.

Après l’annonce de la société, l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Gilad Erdan, a envoyé des lettres aux gouverneurs des 35 États américains qui ont promulgué des lois contre le mouvement de boycott, de désinvestissement et de sanctions, leur demandant de sanctionner Ben & Jerry’s pour cette décision.

Pots de crème glacée à l’usine Ben and Jerry’s près de Kiryat Malakhi, le 21 juillet 2021. (Flash90)

Le mois dernier, l’Arizona est devenu le premier État à se désinvestir d’Unilever et de Ben & Jerry’s, en réponse au boycott de l’établissement.

Le Texas a officiellement ajouté Ben & Jerry’s et sa société-mère Unilever à la liste des entreprises qui boycottent Israël en raison de la décision de la marque de cesser la vente de ses produits dans les implantations de Cisjordanie. Pour le Texas, cette décision est une étape supplémentaire dans la voie du désinvestissement par l’État de quelque 100 millions de dollars de ces entreprises.

Le New Jersey a également annoncé qu’il était sur le point d’emboîter le pas au Texas et les Etats de New York, Illinois, Maryland et de Rhode Island ont entamé des procédures judiciaires.

Dans un entretien au sujet de cette décision, les fondateurs de Ben and Jerry’s ont affirmé que la récente décision prise par la compagnie de stopper la vente de ses produits dans les implantations n’était pas un boycott d’Israël.

Mais les deux hommes ont eu du mal à justifier le boycott d’Israël sans prendre de mesures contre les pays et les États américains qui appliquent des politiques qu’ils désapprouvent ouvertement.

« Je ne sais pas. C’est une bonne question », a répondu Cohen, lorsqu’on lui a demandé pourquoi l’entreprise continuerait à vendre en Géorgie et au Texas malgré les lois restrictives sur le droit de vote et l’accès à l’avortement.

« Je ne sais pas ce que cela permettrait de faire ». Il a haussé les épaules et a répété : « Je ne sais pas. Je pense que vous posez une très bonne question et je pense que je devrais m’asseoir et y réfléchir un peu. »

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