Israël en guerre - Jour 148

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Les efforts avec l’Arabie saoudite seraient gelés, dû au conflit israélo-palestinien

Le projet de vol direct entre TLV et la Mecque pour le Hajj est mis de côté, Ryad s'opposant aux actions du gouvernement Netanyahu ; les relations avec les EAU en pâtissent aussi

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu promettant aux électeurs musulmans des vols directs entre Israël et l'Arabie saoudite, 23 mars 2021. (Crédit : Capture d'écran)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu promettant aux électeurs musulmans des vols directs entre Israël et l'Arabie saoudite, 23 mars 2021. (Crédit : Capture d'écran)

L’intérêt de l’Arabie saoudite pour l’établissement de relations diplomatiques avec Israël s’est refroidi au cours des derniers mois, en raison de la poursuite des violences en Cisjordanie et des affrontements sur le site du mont du Temple, qui constitue un point d’ignition, ont rapporté cette semaine des médias américains.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a donné la priorité à l’inclusion du royaume saoudien dans les Accords d’Abraham de 2020 lors de son retour au pouvoir en décembre dernier, mais Ryad et d’autres nations musulmanes sont de plus en plus réticents à proposer ouvertement un accord en raison des tensions israélo-palestiniennes croissantes, ont déclaré des responsables israéliens et du Golfe au Wall Street Journal.

Plus précisément, le plan négocié par Washington pour programmer des vols directs de Tel Aviv à La Mecque, permettant aux citoyens musulmans d’Israël de participer plus facilement au pèlerinage sacré du Hajj, a peu de chances d’être finalisé, ont déclaré des responsables israéliens au journal.

« Les circonstances actuelles ont refroidi l’enthousiasme », a déclaré un fonctionnaire israélien. Des liens discrets en matière de sécurité, de renseignement et d’affaires sont néanmoins maintenus, a ajouté le Wall Street Journal.

Les Accords d’Abraham, négociés par les États-Unis, ont permis aux voisins du royaume – les Émirats arabes unis et Bahreïn – d’établir des liens diplomatiques complets avec Israël.

En 2022, les espoirs d’approfondissement des liens avec Ryad ont atteint leur paroxysme lorsque le royaume a autorisé les vols civils israéliens à survoler son espace aérien.

Des policiers arrêtant un Palestinien dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa à la suite des affrontements qui ont éclaté pendant le Ramadan, à Jérusalem, le 5 avril 2023. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Depuis la mise en place du gouvernement de droite radicale de Netanyahu, les Saoudiens ont émis plusieurs condamnations à l’encontre d’Israël concernant l’expansion des implantations en Cisjordanie, les confrontations violentes entre les troupes israéliennes et les Palestiniens, et ont qualifié de « racistes et irresponsables » les propos du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, visant à « anéantir » la ville de Huwara.

Ces propos ont été tenus à la suite d’un attentat terroriste qui a coûté la vie à deux jeunes frères israéliens dans cette ville de Cisjordanie, en février, et qui a été suivi d’un violent déchaînement d’ultra-nationalistes juifs à Huwara, au cours duquel un Palestinien a été tué.

Peu avant sa prestation de serment, Netanyahu a déclaré qu’un accord de normalisation avec les Saoudiens pourrait constituer un « bond en avant » pour les pourparlers de paix avec les Palestiniens, qui sont depuis longtemps dans l’impasse.

Les deux pays souhaitaient également s’aligner sur leur rival régional commun, l’Iran. Toutefois, un récent accord de rapprochement entre Ryad et Téhéran complique davantage les efforts.

« La normalisation saoudienne est actuellement gelée », a déclaré Sanam Vakil, directrice du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord du groupe de réflexion Chatham House, au Wall Street Journal. « Il y avait tellement d’espoir que cela se produise rapidement », a-t-elle ajouté.

Les relations avec les Émirats arabes unis sont également remises en question par des événements récents, a noté le journal.

Le mois dernier, un haut fonctionnaire des Émirats arabes unis, Khaldoon Al Mubarak, a rencontré Netanyahu et l’aurait averti que la conduite du gouvernement mettait à mal les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, à gauche, le président américain de l’époque, Donald Trump, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif al-Zayani, et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Abdullah bin Zayed al-Nahyan, posant pour une photo sur le balcon du salon bleu après avoir signé les Accords d’Abraham lors d’une cérémonie sur la pelouse sud de la Maison Blanche, à Washington, le 15 septembre 2020. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon/Dossier)

Al Mubarak a été envoyé par le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, dont il est l’un des principaux conseillers, afin de transmettre un message au gouvernement israélien concernant le traitement qu’il réserve aux Palestiniens, a rapporté à l’époque la chaîne publique israélienne Kan.

« L’orientation de ce gouvernement va totalement à l’encontre des Accords d’Abraham », aurait déclaré Al Mubarak à Netanyahu.

Par ailleurs, Netanyahu devait effectuer sa première visite officielle à Abou Dhabi en janvier, mais Al-Nahyane a annulé le voyage après que le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, se soit rendu sur le mont du Temple, ce que les Émirats arabes unis ont dénoncé comme une « prise d’assaut de la cour de la mosquée Al-Aqsa » par le ministre. Le mont du Temple, connu des musulmans sous le nom de Haram al-Sharif ou Noble Sanctuaire, est le lieu le plus sacré pour les Juifs car il abrite les deux anciens Temples juifs, et Al-Aqsa est le troisième sanctuaire le plus sacré de l’islam.

Israël a juré à plusieurs reprises de maintenir le statu quo sur le site, selon lequel les Juifs sont autorisés à le visiter – sous de nombreuses restrictions et seulement pendant des heures limitées – mais pas à y prier. Cependant, les Juifs sont de plus en plus souvent autorisés à y prier tranquillement, tandis que les Palestiniens alimentent la violence sur le site et se réservent de plus en plus d’endroits pour prier.

La semaine dernière, des centaines d’émeutiers palestiniens se sont barricadés à l’intérieur de la mosquée avec des engins explosifs, des pierres et des pétards afin de prendre pour cible des officiers et des civils israéliens. La police a déclaré qu’elle n’avait pas eu d’autre choix que d’entrer dans la mosquée dans la nuit de mardi à mercredi, ce qui avait déclenché des affrontements intenses avec les « agitateurs » qui s’y trouvaient.

La police a réussi à maîtriser les émeutiers, mais plusieurs personnes à l’intérieur ont filmé des images montrant des officiers en train de battre et d’appréhender des Palestiniens. Les scènes de violence policière à l’encontre des personnes retranchées dans la mosquée ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux et ont suscité la colère des musulmans et la condamnation de la communauté internationale. Le groupe terroriste palestinien du Hamas a également réagi en tirant plusieurs barrages de roquettes sur Israël depuis le Liban et la Bande de Gaza, ce qui a entraîné des frappes aériennes israéliennes en guise de représailles.

Ash Obel a contribué à cet article.

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