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Les proches d’otages promettent de bloquer le pays après la découverte de 6 corps à Gaza

Le forum appelle à des perturbations majeures dimanche pour protester contre l'abandon du gouvernement ; une sœur d'otage a été blessée par la police lors de heurts à Tel Aviv

Des manifestants réclamant un accord de "trêve contre otages" et s'opposant au Premier ministre Benjamin Netanyahu et à son gouvernement, à Tel Aviv, le 31 août 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des manifestants réclamant un accord de "trêve contre otages" et s'opposant au Premier ministre Benjamin Netanyahu et à son gouvernement, à Tel Aviv, le 31 août 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un important groupe de militants représentant de nombreux parents d’otages détenus à Gaza a appelé le public samedi soir à organiser d’importantes manifestations contre le gouvernement dimanche, peu après que l’armée a indiqué avoir trouvé à Gaza six corps d’otages enlevés lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre sur le sol israélien.

Les otages sont Hersh Goldberg-Polin, 23 ans, Eden Yerushalmi, 24 ans, Ori Danino, 25 ans, Almog Sarusi, 25 ans, Alex Lubnov, 32 ans et Carmel Gat, 39 ans.

Cette tragique annonce vient alimenter les accusations selon lesquelles les dirigeants ont laissé les otages mourir en captivité en ne parviennent pas à conclure un accord pour leur retour. Cette accusation se répète à chacune des manifestations hebdomadaires, notamment dans les rassemblements de masse qui ont lieu chaque samedi soir.

Quelques minutes après l’annonce de Tsahal, le Forum des familles des otages et disparus a publié une déclaration qu’il qualifie lui-même de « dramatique ». « Netanyahu a abandonné les otages. C’est désormais un fait. À partir de demain [dimanche], le pays va trembler. Nous appelons la population à se préparer. Le pays s’arrêtera. L’abandon est terminé. »

Le forum a indiqué qu’il fournirait de plus amples informations dimanche matin.

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid a également réagi, accusant Netanyahu de se concentrer sur des questions insignifiantes alors que « nos fils et nos filles sont abandonnés et meurent en captivité ».

Un manifestant portant un masque du Premier ministre Benjamin Netanyahu brandissant une pancarte sur laquelle on peut lire : « J’ai ajouté des clauses [à l’accord sur les otages] et des otages sont morts. Désolé », tout en s’agenouillant devant des simulacres de corps d’otages morts, sur Begin, à Tel Aviv, le 31 août 2024. (Crédit : Neta Dekel/Mouvement de protestation pour la démocratie)

« Ni le corridor Philadelphi ni les vaccins contre la polio [à Gaza] ne l’intéressent – seulement la coalition et la préservation [du partenariat avec Bezalel] Smotrich et [Itamar] Ben Gvir », a-t-il accusé. « Ce faisant, il écrase les familles et la nation d’Israël. »

Ces événements surviennent quelques jours après que le cabinet de sécurité a voté en faveur de la demande du Premier ministre Benjamin Netanyahu de ne pas se retirer du couloir stratégique dit de « Philadelphi », qui sépare l’Égypte de la bande de Gaza, quel que soit l’accord conclu, et alors qu’une campagne de vaccination contre la polio débutait dans la bande de Gaza.

Manifestations et affrontements à Tel Aviv

Des manifestants anti-gouvernement se sont rassemblés dans tout Israël samedi pour réclamer la libération des otages et le remplacement du gouvernement.

Comme c’est le cas depuis des mois, deux rassemblements ont eu lieu l’un en parallèle de l’autre à Tel Aviv, l’un axé sur la tenue d’élections législatives anticipées et l’autre, mené par des membres de familles d’otages, appelant à un accord de « trêve contre libération d’otages ».

La manifestation organisée sur la Place des Otages à Tel Aviv était animée par l’acteur Lior Ashkenazi, qui a déclaré qu’aucun enfant ne devrait commencer une nouvelle année scolaire en ayant appris ou vécu ce qui s’est passé au cours des onze derniers mois.

Yaël Adar, mère de Tamir Adar, tué le 7 octobre alors qu’il défendait le kibboutz Nir Oz et emmené en captivité à Gaza, a déclaré que ses petits-enfants – les filles de Tamir – iront à l’école dimanche pour la première fois sans leur père. Sa petite-fille de quatre ans est dans une classe de maternelle dans laquelle se trouvaient des enfants qui ont été tués le 7 octobre, d’autres qui ont été pris en otage et d’autres encore dont les parents, les grands-parents, les tantes ou les oncles ont été tués ou pris en otage.

« Elle verra la chaise vide d’Ariel Bibas », a déclaré Adar, en référence au petit garçon qui a eu 5 ans en captivité au début du mois. « Comment expliquer cela à des enfants ? »

Des membres de la famille Bibas tenant des pancartes représentant les membres de leur famille retenus en captivité à Gaza, lors d’une manifestation réclamant un accord pour les otages, à Tel Aviv, le 31 août 2024. (Crédit : Paulina Patimer/Forum des familles des otages et disparus)

Le frère de l’otage Idan Shtivi, Omri, a profité de sa prise de parole pour s’adresser à Netanyahu, lui-même frère endeuillé de Yoni Netanyahu qui avait sauvé plus de 100 otages lors du raid de 1976 sur Entebbe, et a demandé comment le frère de quelqu’un « qui a donné sa vie pour sauver des otages – refuse de sauver les otages. Quand Idan sera-t-il libre ? »

Shtivi a parlé de « l’énorme fossé entre le courage des soldats de Tsahal, leurs batailles et leurs succès, et l’absence de réalisations de la part du gouvernement. C’est humiliant ».

L’otage libérée Agam Goldstein-Almog, qui est rentrée chez elle après 51 jours de captivité avec sa mère et ses deux jeunes frères et sœurs, après avoir vu son père et sa sœur aînée tués par des terroristes palestiniens du Hamas, a déclaré qu’elle participait au rassemblement pour montrer « qu’il y a une vie après la mort ».

« Mais je ne peux pas décrire à quel point il est difficile pour moi de commencer une nouvelle vie ici alors que des vies se terminent là-bas », a déclaré Agam. « Il est difficile de regarder vers l’avant lorsque leurs visages défilent sans cesse sous mes yeux. Comment puis-je commencer à digérer l’immense perte que j’ai subie alors que j’ai constamment peur de perdre d’autres personnes ? Comment puis-je commencer sans vous parler de ceux qui sont encore en captivité ? »

Agam Goldstein-Almog prenant la parole lors d’un rassemblement, sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 31 août 2024. (Crédit : Paulina Patimer/Forum des familles des otages et disparus)

Les visages et les noms de chaque otage, ceux qui sont présumés vivants et ceux qui ont été tués en captivité, ont été montrés pendant les manifestations, alors que la foule de milliers de personnes criait : « Tous, ramenez-les à la maison maintenant ! »

La manifestation anti-gouvernement qui s’est tenue sur la Place de la Démocratie a été soulignée par les orateurs Yaïr Golan, chef de l’alliance de gauche Les Démocrates, et Yaniv Roznaï, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Reichman.

Après la fin de la partie officielle des rassemblements, certains manifestants ont brièvement bloqué l’autoroute Ayalon avant d’être repoussés par la police.

Les policiers se tenaient également entre les manifestants et les contre-manifestants d’extrême-droite qui se trouvaient au même endroit, non loin de l’autoroute Ayalon. Certains manifestants anti-gouvernement ont déclaré qu’un militant de droite avait utilisé du gaz lacrymogène contre eux.

Natalie Atedgi (au centre) sœur de l’otage Matan Zangauker, soignée par d’autres manifestants après avoir été poussée sur la route par la garde montée et blessée sur Begin, à Tel Aviv, le 31 août 2024. (Crédit : Zohar Bar-Yehuda/Mouvement de protestation pour la démocratie)

La police a eu des accrochages avec les manifestants anti-gouvernement et Natalie Zangauker, dont le frère Matan est captif à Gaza et dont la mère Einav est l’une des principales voix du mouvement de protestation, a été renversée par un policier à cheval et a dû être hospitalisée.

Les députés Naama Lazimi et Gilad Kariv (Avoda) étaient sur les lieux, tentant de protéger les manifestants et soutenant qu’il est illégal de déployer la garde montée dans des manifestations non violentes.

Lazimi a écrit sur le réseau social X qu’un homme qui a essayé de lui prodiguer des soins et qui a été lui-même arrêté est le chef adjoint de l’unité de transplantation de l’hôpital Beilinson.

La police a déclaré que l’incident serait « vérifié », et Natalie a publié une vidéo de l’hôpital Ichilov, faisant référence aux manifestations appelées pour dimanche en réponse à la découverte des six dépouilles à Gaza.

« Même la garde montée ne m’empêchera pas de manifester pour Matan et les autres otages », a-t-elle déclaré tard dans la nuit de samedi à dimanche. « Demain, tout le monde ira manifester en leur nom. »

Manifestations dans tout Israël

À Ness Ziona, les manifestations ont tourné autour de la rentrée scolaire qui doit commencer dimanche, en exposant des cartables sur lesquels figuraient les visages d’Ariel Bibas et de son petit frère, Kfir Bibas. Un autre manifestant tenait une pancarte imitant un morceau de feuille volante sur laquelle on pouvait lire : « Ce que j’ai fait pendant mes vacances d’été : 1. J’ai vécu dans un hôtel [où les personnes évacuées vivent encore des mois après le 7 octobre] 2. j’ai recommencé à faire pipi au lit 3. un missile a frappé ma maison et l’a détruite. Un missile a frappé ma maison et l’a détruite 4. Mon père a été blessé à Gaza 5. Mes amis m’ont manqué. »

Au carrefour Hemed, les manifestants se sont alignés sur le bord de l’autoroute. Un groupe de femmes étaient assises, les yeux couverts et les poignets attachés, symbolisant les femmes otages détenues à Gaza. À Haïfa, des centaines de personnes ont défilé, réclamant des élections et brandissant des pancartes accusant Netanyahu d’avoir abandonné les otages.

Des manifestants tentant de bloquer l’autoroute Ayalon de Tel Aviv lors d’affrontements avec la police à la suite d’un rassemblement en faveur d’un accord sur les otages et contre le gouvernement, le 31 août 2024. (Crédit : @barakdor/Mouvement de protestation pour la démocratie)

À Tzahala, des affiches représentant les otages ont été exposées et les manifestants ont brandi des pancartes surdimensionnées de couleur rouge vif, bordées de photos miniatures de chaque otage et du message « Netanyahu torpille l’accord » – chaque pancarte portant les dates des précédents accords négociés au cours des derniers mois et prétendument torpillés par le Premier ministre.

À Césarée, où Netanyahu possède une résidence secondaire, des centaines de personnes se sont alignées le long de la rue principale, brandissant des drapeaux, des tambours et des pancartes appelant à l’emprisonnement du Premier ministre. Dans la ville voisine de Karkur, les manifestants ont bloqué l’intersection principale en demandant la dissolution immédiate du gouvernement. Les forces de police ont fini par bloquer les manifestants et ont arrêté une personne.

En outre, un haut fonctionnaire israélien au fait des discussions de l’accord de « trêve contre libération d’otages » a déclaré samedi au Times of Israel que Netanyahu risquait de faire échouer les pourparlers afin que Tsahal puisse rester le long du couloir stratégique dit de « Philadelphi », pendant six semaines supplémentaires.

« La proposition qu’il a soutenue exige toujours que Tsahal se retire du corridor Philadelphi après la première phase », a déclaré le haut fonctionnaire israélien, furieux du vote du cabinet de sécurité de jeudi soir pour soutenir la position de Netanyahu concernant le déploiement militaire le long du tronçon de 15 kilomètres de la frontière entre Gaza et l’Égypte.

Des manifestants lors d’un rassemblement appelant à la libération des otages devant les quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 31 août 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

« Il ne s’agit pas du contrôle permanent du corridor Philadelphi. Il s’agit de six semaines », a ajouté le fonctionnaire, en référence à la durée de la première phase de trêve en trois phases en cours de négociation.

« L’establishment de la sécurité croit toujours que nous pouvons revenir dans le corridor Philadelphi si nécessaire, même après le retrait », a dit le fonctionnaire, ajoutant que la zone sera « stérile » et bordée de capteurs et d’autres mesures de sécurité pour empêcher la contrebande d’armes et le retour des éléments du groupe terroriste palestinien du Hamas.

En outre, la Treizième chaîne a cité des hauts fonctionnaires anonymes de plusieurs organes de sécurité israéliens qui affirment que les pourparlers sont « au bord de l’effondrement », accusant le gouvernement de gérer les négociations sur la base de « considérations politiques ».

On estime que 97 des 251 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre se trouvent toujours à Gaza, y compris les corps de 33 otages dont le décès a été confirmé par l’armée.

Le Hamas avait relâché 105 civils au cours d’une trêve d’une semaine fin novembre. Quatre captives avaient été remises en liberté précédemment. Huit otages vivants ont été secourus par les soldats et les dépouilles de 31 otages ont été récupérées, notamment celles de trois Israéliens qui ont été tués accidentellement par l’armée.

Le Hamas détient également deux civils israéliens entrés dans la bande de Gaza en 2014 et 2015, ainsi que les corps de deux soldats tués en 2014.

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